Avec les États-Unis et la Chine, la France figure parmi les pays les plus innovants dans le secteur de l’alimentation. Forte de sa culture gastronomique et de la diversité de ses terroirs, elle peut compter aussi sur son agriculture dynamique, ses grands groupes industriels et sa pépinière de startups, pour continuer à briller sur un marché qui n’a jamais suscité autant d’engouement.

Du 16 au 20 octobre 2016, le Salon internationale de l’alimentation (SIAL) accueille à Paris 7 000 exposants de 104 pays, escomptant plus de 155 000 visiteurs. Sans conteste, « le plus grand hypermarché du monde » témoigne du rayonnement de la France sur les assiettes internationales.

Vitrine des derniers produits et tendances alimentaires de la planète, le salon fait en effet la part belle aux innovations françaises. Rien de chauvin là-dedans : le pays aux 1 200 fromages et aux innombrables spécialités culinaires est de fait l’un des plus innovants en matière de FoodTech.

  1. notre « culture gastronomique très forte » ;
  2. l’importance des PME/TPE – 98 % du secteur agroalimentaire – « qui ont pour obligation d’innover pour se différencier face aux grands groupes », parmi lesquels notre pays compte par ailleurs plusieurs leaders mondiaux dont le n°1 mondial des produits laitiers, Danone ;
  3. l’implantation de ces acteurs sur l’ensemble des territoires, « une particularité française » ;
  4. des distributeurs qui, davantage qu’ailleurs, « encouragent l’innovation des TPE » ;
  5. l’aide apportée « à ces petites structures pour innover au niveau local ».

 

Une innovation attentive aux besoins du monde… en particulier à ceux des Français 

Ce contexte favorable a permis l’émergence d’une vraie « innovation à la française » , , qui se distingue sur la planète Food par son caractère haut de gamme, empreint de la culture du goût, par sa capacité aussi à « allier gastronomie et modernité ». La première, l’innovation made in France a par ailleurs joué « la carte "naturalité" plutôt que celle du "médical" » dans son rapport à la santé, et privilégie plus qu’ailleurs le « prêt à "bien" manger », à destination du consommateur qui se mitonne des petits plats à la maison.

Autant d’atouts pour faire face à ce qui s’annonce comme le grand défi mondial du XXIe siècle : nourrir de manière durable les 9 à 10 milliards d’habitants qu’abritera bientôt la planète, alors même que les consommateurs sont de moins en moins confiants dans la qualité des produits alimentaires et de plus en plus persuadés que ceux-ci peuvent engendrer des risques pour leur santé. D’où un intérêt accru, partout dans le monde, pour les produits issus de l’agriculture biologique, s’affichant « sans antibiotiques », « sans gluten » ou « sans huile de palme », et présentant moins d’emballages ou des packagings recyclables. Afin de se rassurer, les Français sont particulièrement enclins à aller au plus près de la source de production en s’approvisionnant en circuits courts, voire en produisant eux-mêmes une partie de leur subsistance : près d’un Français sur deux cultive ainsi déjà ses fruits, ses légumes et ses herbes aromatiques !

 

Tour de France accéléré des ambassadeurs de la gastronomie française

Les innovateurs hexagonaux rivalisent d’idées pour satisfaire ces besoins qui n’ont rien de modes, mais relèvent de tendances de fond.

Le « made in » France en particulier a de nombreux ambassadeurs, tels Le Cabanon ou Saveurs Attitudes, désireux de soutenir la production locale. Autre tendance à inspirer largement les marques, le « zéro gâchis » : utilisation de produits « moches » ou de coproduits habituellement jetés, limitation du suremballage caractérisent les créations de Longoya, Re-belle, La Belle Chaurienne ou La Fontaine à Yaourt.

Plus étonnante, face à une demande encore confidentielle malgré un gros potentiel annoncé, la production d’insectes s’implante dans l’Hexagone. La startup de de biotechnologie Ynsect a ainsi installé début 2016 sa première unité de démonstration industrielle à Dole (Jura), ambitionnant de replacer les insectes au cœur de la chaîne alimentaire et devenir le leader mondial de la spécialité.

L’assiette connectée fait elle aussi sortir de plus en plus d’entrepreneurs français des sentiers battus. Prêt à Pousser commercialise par exemple un potager d’intérieur autonome, grâce à des capsules biodégradables et un système branché au secteur et en lien avec une application mobile. Quant au Biscuit connecté du Groupe Poult, développé à Toulouse avec plusieurs partenaires, son emballage interactif informe les consommateurs sur des programmes de diététique, d’éducation thérapeutique et de protection de l’environnement : une première pour la « data santé » en France.

Dans ce pays d’e-commerce dynamique, les services innovants de distribution et de livraison poussent également à vue d’œil, à l’image de Le Bœuf Français ou La bonne Box. Parmi les modèles collaboratifs, La ruche qui dit Oui reste l’exemple phare de ces nouveaux réseaux de proximité qui se tissent à travers le territoire, proposant de livrer des produits de petits commerçants sur des zones géographiques limitées.

Du plus global  au plus local, une nouvelle révolution française est en marche !

 

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