Créée en 2011, OpenDataSoft ambitionne de devenir la plateforme de référence de la smart city dans le monde. Alors que s’achève aujourd’hui à Paris la 2e édition de Cities for Life, le sommet mondial pour des villes inclusives, innovantes et résiliantes, rencontre avec Jean-Marc Lazard, co-fondateur et CEO de la startup.

Qu’est-ce qui fait dOpenDataSoft un leader européen et vous permet de vous projeter, à moyen terme, comme le n°1 mondial sur le marché de la gestion des données pour les smart cities ?

Jean-Marc Lazard – Nous sommes les premiers en Europe à avoir conçu une plateforme entièrement dédiée au partage et à la gouvernance des données. Avant nous, l’open data restait un sujet très technique, affaire de spécialistes, qui donnait lieu à des projets longs, coûteux et peu évolutifs, correspondant peu aux problématiques des villes et des territoires en termes de budget, de calendrier ou de service public.

2e

La France est le 2e pays le plus avancée en Europe en matière d’ouverture des données publiques. 

En créant OpenDataSoft, conçue comme une plateforme territoriale simple d’utilisation, permettant à tous de mettre en ligne, rassembler et réutiliser des données en quelques clics, nous avons fait passer la data du domaine des développeurs et des intégrateurs à celui des utilisateurs, d’une matière brute de base de données à un produit à valeur ajoutée. Ce faisant, nous nous sommes positionnés sur un marché stratégique : celui de la data territoriale, qui est le cœur du réacteur de la smart city, la ville intelligente et efficace.

Socrata, notre concurrent américain, a pris un temps de retard en se concentrant sur les données internes de l’administration au service de l’administration. De notre côté, nous nous sommes d’emblée pensés comme un tiers de confiance au service des villes. Dès le début, nous avons été amenés à travailler sur toutes les dimensions des données urbaines, celles des municipalités comme celles des opérateurs industriels qui gèrent par délégation les services publics, devenant un hub par où circulent leur open data et leur big data. Cette approche de pointe nous donne aujourd’hui un coup d’avance : en cinq ans de développement, nous avons acquis une expérience à la fois dans la collecte, la standardisation et le croisement de données, qui nous permet de répondre rapidement aux besoins actuels et d’espérer, pourquoi pas, développer de nouveaux services à l’avenir.

Ces atouts sont reconnus par de nombreux grands acteurs territoriaux, en France où nous sommes leaders, mais aussi en Amérique du Nord où nous accélérons actuellement notre développement, et même en Asie où nous multiplions les contacts, par exemple avec Ho-Chi-Minh-Ville, au Vietnam.

 

« La smart city est un terrain de la compétition mondiale où la France a les atouts pour s’affirmer. » Jean-Marc Lazard

 

OpenDataSoft pouvait-elle naître ailleurs qu’en France ?

J.-M. L. – Techniquement oui. Cela dit, l’écosystème français a cette particularité d’offrir un haut niveau d’intégration à l’échelle des territoires. Aux États-Unis où le marché est très segmenté, un transporteur  par exemple ne gèrera pas tout la chaîne de valeur du transport roulant à la billetterie, contrairement à la France où les villes confient volontiers l’intégralité de la gestion de leurs transports en commun à un opérateur comme Keolis, Transdev ou RATP Dev. Notre pays a la chance de compter des leaders mondiaux dans l’ensemble des services urbains, que ce soit la construction, le transport, l’énergie ou l’eau. Il a aussi des villes pionnières en matière d’open data, telles Paris, Rennes ou Toulouse, qui ont fait beaucoup pour entretenir la dynamique française actuelle sur le sujet. Pour nous, ce sont autant de partenaires de choix avec lesquels travailler en interaction, agréger les données et leur conférer toujours plus de sens, constituer une expertise collective en matière de smart city.

Si OpenDataSoft est ce qu’elle est aujourd’hui, c’est parce que nous avons eu la chance d’avoir comme premiers clients des acteurs de poids comme la Ville de Paris ou SNCF : nous nous sommes questionnés, nous avons co-designé, nous avons beaucoup appris et progressé ensemble. Cela nous permet aujourd’hui d’offrir de précieux retours d’expérience, ainsi qu’un modèle de partage et de gouvernance des données adapté et facilement exportable.

Clairement, la smart city est un terrain de la compétition mondiale où la France a les atouts pour s’affirmer. Elle y parviendra si davantage d’acteurs publics acceptent de faire confiance aux jeunes entreprises en achetant leurs solutions, et pas seulement en les soutenant par des subventions. À supposer que la commande publique soit plus largement orientée vers les acteurs innovants qui se développent en France, et ils sont nombreux, nous pourrons prétendre à une position de leader mondial.

« Notre pays a la chance de compter des leaders mondiaux dans l’ensemble des services urbains, que ce soit la construction, le transport, l’énergie ou l’eau. » Jean-Marc Lazard

 

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