En sept ans d’existence, la start-up française a su imposer à la planète mode le luxe d’occasion. Elle confirme que l’Hexagone est un leader incontesté du luxe, avec près d'un quart du marché mondial.

Le luxe ne connaît peut-être pas les soldes, mais il se vend de plus en plus d’occasion – pour le plus grand plaisir des passionnés de mode. Cette petite révolution, comme bien d’autres avant elle, est l’œuvre d’un Frenchy : Vestiaire collective. Le site propose à ses membres de vider et remplir leurs placards en vendant et en achetant leurs plus belles pièces, vêtements et accessoires. Ce qui au tout début était un simple « Vestiaire de copines » – nom de la plateforme communautaire à sa création en 2009 – est devenu en quelques années une des plus belles réussites de l’e-commerce français.

Et pour cause : en 2015, portée par une hyper-croissance de 85 % au premier semestre et l’une des plus importantes levées de fonds de l’année – 33 millions d’euros –, la place de marché a généré un volume d’affaires de 78 millions d’euros, dont plus de la moitié hors de France. Son catalogue permanent de 400 000 produits, renouvelé chaque semaine par plus de 20 000 nouveautés où cohabitent désormais l’occasion et les collections neuves, est « le plus beau au monde » selon la start-up, qui dispose désormais de bureaux à Paris, New York, Londres, Berlin… et bientôt Milan et Barcelone. Plus de 4 millions de « fashionistas », rejoints chaque mois par quelque 100 000 pairs, peuvent ainsi valoriser et refaire leur garde-robe à l’infini, depuis les quatre coins du monde.

 

Casser les codes, mais rester 100 % authentique

Ce succès vertigineux, le lauréat 2013 du prix de l’entrepreneur aux European E-commerce Awards le doit à l’exhaustivité de son offre, à l’animation de sa communauté – le meilleur ambassadeur de sa marque –, mais aussi à son contrôle interne des articles proposés à la vente : une à une, toutes les pièces reçues sont authentifiées par des experts maison pour éviter les contrefaçons et asseoir la confiance. Cette marque de fabrique s’est révélée un vrai pilier de fidélisation.

« Nous sommes à la croisée de plusieurs phénomènes, analysait il y un an Olivier Marcheteau, directeur général de Vestiaire Collective : l’évolution de la consommation de la mode avec la montée en puissance de la fast fashion, la volonté de créer son propre style en mixant luxe et produits accessibles, et l’agilité qu’offre le Net. »

Le monde change, les modes passent mais une chose est sûre : le luxe reste bien français.

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