Les protéines dites du futur représentent l’un des enjeux majeurs de la nutrition humaine pour les prochaines années. Les grands groupes de l’agroalimentaire français, comme les start-ups, se positionnent. Trois questions à Jean-Michel Chardigny, chargé de partenariat et d’innovation pour la direction scientifique alimentation et bio-économie de l’Inra.

Qu’entend-on par protéines du futur ?

On peut distinguer plusieurs catégories : les protéines végétales -légumineuses et légumes secs-, les fractions protéiques des oléagineux - ce qui reste après extraction de l’huile dans le colza par exemple - et ce que j’appellerais les réservoirs d’innovation, les algues et les insectes. Pour chacune de ces catégories, la maturité des projets de recherche et industriel est très différente ainsi que la réglementation européenne.

 

Restent donc les protéines végétales…

Oui et c’est un sujet qui intéresse beaucoup les entreprises françaises de l’agroalimentaire, quelle que soit leur taille. On trouve aussi bien des start-ups comme Ici & Là, qui a créé le steak de lentilles vertes du Puy, Grand prix d’Or de l’innovation au SIAL 2016, que de gros acteurs, à l’instar de Roquette qui développe des gammes pour la restauration collective. Le sujet est d’autant plus important que, d’ici à 2050, nous aurons atteint notre capacité de production de protéines animales ; la nécessité de développer une nouvelle offre, complémentaire de l’existante, redistribue les cartes et intéresse donc les acteurs historiques comme les challengers. Et si les Français ne sont pas encore de grands consommateurs de protéines végétales, l’innovation industrielle reste tout de même  très dynamique, notamment en ce qui concerne les modes de préparation comme les sachets pour micro-ondes de Tipiak et Céréal Bio.

 

Les entreprises françaises sont-elles en pointe ?

Elles s’approprient très largement la thématique, et surtout, elles s’organisent. Je pense notamment aux associations professionnelles comme l’Ania 1 qui mène ainsi une réflexion avec des industriels de toutes tailles sur le sujet. Autre exemple, la mise en place de la plateforme européenne Improve 2 à Amiens qui permet de faciliter la R&D pour les entreprises concernées par le sujet, avec la mise en commun de moyens pour rendre les projets plus compétitifs. La mise sur le marché de nouveaux produits ne sera pas immédiate, mais les opérateurs se posent déjà les bonnes questions.  

 

  1. Association nationale de l’industrie agroalimentaire
  2. Institut mutualisé pour les protéines végétales

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