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Les célèbres Colonnes Morris parisiennes pourraient bientôt dépolluer l'air de la capitale.
Innovation

A Paris, des algues pour capturer le CO2

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InnovationA Paris, des algues pour capturer le CO2

Une expérimentation est en cours dans le XIVe arrondissement de Paris pour dépolluer l’air grâce à des micro-algues intégrées dans une colonne Morris. Ce projet, mené par Suez en partenariat avec la startup girondine Fermentalg, pourrait être développé à plus grande échelle dans la capitale.

Aussi efficace que 100 arbres

Jusqu’à présent, on connaissait les colonnes Morris parisiennes comme des présentoirs des dernières sorties cinématographiques ou théâtrales. Grâce au groupe Suez et à l’entreprise girondine Fermentalg, elles pourraient bientôt devenir une solution de dépollution de l’air en milieu urbain.

Depuis le mois de mai, une colonne d’un nouveau type a été installée place Victor et Hélène Basch (plus connue comme la place d’Alésia), dans le XIVe arrondissement de Paris. Transparente et remplie d’eau, elle permet à des millions de micro-algues de capter le CO2 grâce à la photosynthèse et à rejeter de l’oxygène. Aussi efficace que cent arbres !

 

Transparente et remplie d’eau, la colonne expérimentale permet à des millions de micro-algues de capter le CO2 grâce à la photosynthèse et à rejeter de l’oxygène.

Un projet phare de la COP21

Présenté lors de la COP21 en 2015, ce dispositif doit être connecté au réseau urbain de traitement des eaux usées pour être totalement vertueux. Une fois la colonne saturée, une partie de son contenu doit être remplacée par de l’eau fraîche pour permettre aux algues de se multiplier à nouveau. L’eau évacuée part alors vers une station d’épuration où elle contribuera à la création de biométhane qui pourra être réinjecté dans le réseau de gaz.

Selon ses concepteurs, ce dispositif permettrait de fixer une tonne de CO2 par an, soit l’équivalent d’un vol pour une personne aller-retour entre Paris et New-York. Mais les micro-algues seraient aussi capables d’absorber le dioxyde d’azote rejeté par les pots d’échappement des voitures. Place d’Alésia, ce taux dépasse les normes réglementaires, selon les données Airparif. « On sait que ces micro-algues ont la capacité d’absorber ces polluants et, globalement, tous les oxydes de soufre, mais on ignore dans quelle proportion », souligne la chef de projet de Fermentalg, Marina Leterrier.

 

Ce dispositif permettrait de fixer une tonne de CO2 par an, soit l’équivalent d’un vol pour une personne aller-retour entre Paris et New-York.

 

Vers une prochaine industrialisation

Egalement testé dans un univers industriel, à la station d’épuration de Colombes dans les Hauts-de-Seine, ce produit reste encore au stade expérimental. « Nous savons que le puits de carbone fonctionne, explique Jean-Louis Chaussade, directeur général de Suez. Maintenant, si la quantité traitée est trop faible ou le coût trop important, nous optimiserons le procédé. » Si le test se révèle positif, ces grands tubes verts pourraient être industrialisés dès la fin de l’année pour s’implanter dans les grandes villes et en secteur industriel.

 

 

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