Hobbypreneuriat, ou comment les Français font de leur passion un travail
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Hobbypreneuriat, ou comment les Français font de leur passion un travail

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Version professionnelle du mouvement « Do It Yourself », le hobbypreneuriat a le vent en poupe à travers le monde. Quand on sait que 3 Français sur 4* s’adonnent à des loisirs créatifs, rien d’étonnant à ce qu’ils soient nombreux à se tourner vers cette nouvelle façon de vivre le travail, entre profit et passion. Retour sur ce mouvement dopé par les nouvelles technologies.

Fabrication de bijoux, customisation vestimentaire, déco en origamis, cuisine créative, recyclage d’objets… Plus de 500 ateliers créatifs étaient présentés en novembre à Paris au salon Créations & savoir-faire, plus grand workshop d’Europe et rendez-vous incontournable du DIY, le « Do It Yourself ».

Ce mouvement d’originaire libertaire, devenu un «  mode de résistance économique à la crise qui allie plaisir, accomplissement de soi et système D  », inspire aujourd’hui en France plus de 553 000 blogs et 30 % de la blogosphère féminine, comptabilisant 36 millions de pages vues par mois. Et si 61 % des « Do It Makers » offrent leurs créations, plus de 30 % se sont mis à les vendre, certains ponctuellement au gré des coups de cœur, certains plus régulièrement jusqu’à finir, de fil en aiguille, à monter leur petit business.

 

La meilleure version de la « gig economy » ?

Parmi ces entrepreneurs d’un nouveau genre, baptisés « hobbypreneurs » – et qui comptent un large bataillon de « girl-preneuses » –, une majorité a gardé une activité parallèle : dans le hobbypreneuriat comme le DIY, la passion reste le maître-mot de cette aventure qui se pratique volontiers en extra.

Ainsi, les adeptes du business créatif sont largement des «  casual earners  », ces travailleurs qui ont recours au statut d’indépendant pour compléter leurs revenus de salarié, d’étudiant ou de retraité et pèsent en France plus du tiers de cette catégorie d’actifs – soit 5 millions de Français. Loin de se réduire aux « petits boulots » consacrés par la « gig economy », de plus en plus controversée au regard des risques présumés de précarisation du travail, le hobbypreneuriat, en conciliant fierté, créativité, liberté, profitabilité et sens, n’ouvrirait-il pas cette « voie médiane de rapport à l’emploi qui ne s’inscrive ni dans l’indépendance, ni dans le salariat exclusif » évoquée par l’universitaire Christophe Benavent ?

Quoi qu’il en soit, ce phénomène de société a de l’avenir. « De plus en plus nous faisons commerce de nos talents DIY, confirme Pascale Brousse, du Bureau de tendances Trend Sourcing. Ubérisation et crowdfunding incitent chacun à devenir multi-entrepreneur », de même que les plateformes de paiement telles PayPal. C’est sans compter l’impression 3D et les objets intelligents qui, « en se généralisant (5,6 millions d'imprimantes 3D dans le monde d’ici 2019), vont [redéfinir les] contours du DIY […] puisque chacune des étapes d’un process de fabrication sera à notre portée ». Un boulevard est ouvert pour les hobbypreneurs français.

 

*Etude Ipsos

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