Les Français sont-ils en train de réinventer la confiance ?
Tech for good

Les Français sont-ils en train de réinventer la confiance ?

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Tech for goodLes Français sont-ils en train de réinventer la confiance ?

Quels sont les points communs entre Blablacar, Smiile, ou Ruecup ? Ces applications, françaises, sont au service de l’intérêt général et créent du lien social, entre voisins ou parfaits inconnus, faisant émerger une nouvelle forme de confiance.

Si l'on a un temps soupçonné le web d'isoler les utilisateurs, chacun tapotant dans son coin, une nouvelle génération de plateformes est en train de voir le jour, dans le but de créer du lien social, au sein d’une société de plus en plus collaborative. Aujourd'hui, elles rendent des services, qui vont du co-voiturage aux achats groupés en passant par la récupération d'objets. 

 

Voyager avec des inconnus 

La mobilité est l'un des secteurs précurseurs de cette tendance. Tout le monde, désormais, connaît la plateforme Blablacar, lancée en 2006, qui permet aux uns de voyager à moindre coût, et aux autres, de faire profiter d'un trajet partagé. De son côté, Rezo Pouce, lancé en 2010 par huit collectivités de Tarn-et-Garonne et une collectivité de Haute-Garonne, est le premier réseau d'autostop en France. Comme l'indique son fondateur, Alain Jean, il s'agit de répondre à la précarité en matière de mobilité, en particulier dans les zones rurales, en organisant et en sécurisant la pratique de l'autostop. Avec Rezo Pouce, conducteurs et auto-stoppeurs s’enregistrent en mairie ou sur Internet et reçoivent une carte avec leur photo et leur identifiant. La commune identifie des arrêts possibles (choisis en fonction de leur pertinence) et les matérialise par de petits panneaux. Il suffit de s'y rendre, et si un conducteur inscrit passe par là, il vous emmène, en général au bout de quelques minutes d'attente seulement ! Plusieurs communes, dont les habitants pâtissent du manque de transport public, ont rejoint le réseau. 

 

Rendre utile la proximité

La volonté de marier l'offre et la demande, et de rationaliser les activités (comme le fait de ne plus être seul dans sa voiture ou de trouver rapidement une place de stationnement) n'est pas la seule ambition de ces plateformes. Certaines veulent favoriser une consommation plus raisonnée. C'est le cas de Smiile, une plateforme à tout faire. On peut aussi bien y organiser des achats groupés et trouver des petits producteurs locaux qu’échanger des objets et des services... La plateforme, imaginée par une start-up de Saint Malo, a déjà été déployée dans 30 communes à travers la France, en deux ans d’existence. Et selon Pauline Hamon, happy city manager pour Smiile, la société a été approchée par quelque 200 collectivités, dont le but est avant tout de créer du lien social.
Enfin, Quentin Abrioux, un infirmier toulousain et l’un des quatre fondateurs de Ruecup, a lancé une appli qui permet de localiser et récupérer des chaises, des tables, bref, tout ce qui est jeté dans la rue et peut encore servir. Ruecup compte aujourd’hui plus de 1000 téléchargements en France et a même reçu cet été les félicitations de la mairie de Toulouse, ravie de la réduction des encombrants.

 


Comment Blablacar a installé la confiance

« Le souci premier de Frédéric Mazzella, le président-fondateur de BlaBlaCar, a été de développer la confiance », raconte Laure Wagner, porte-parole et première salariée de l'entreprise. « De fait, il fallait, pour que des inconnus acceptent d'effectuer ensemble un co-voiturage, que le niveau de confiance soit élevé. » L'équipe a donc mis au point un système d'avis d'utilisateurs, de photos et de textes de présentation individuelle pour « formaliser » la confiance, puis de paiement en ligne et enfin, d'assurance. Pari gagné. Selon les études de la société, les adeptes de Blablacar font plus confiance aux covoitureurs qu’à leurs propres collègues de travail !


 

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