Reporting intégré en France : la révolution est-elle en marche ?
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Reporting intégré en France : la révolution est-elle en marche ?

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Reporting intégréReporting intégré en France : la révolution est-elle en marche ?

L’adoption naissante du rapport intégré, nouveau document de présentation des performances, permet aux entreprises françaises de mieux expliquer comment elles créent de la valeur pour l’ensemble de la société.

Reporting intégré : de quoi parle-t-on ?

80 % des investisseurs s’accordent à dire qu’un reporting de qualité influence leur perception de l’entreprise. Le rapport intégré, nouveau type de documentation développé par l’IIRC (International Integrated Reporting Council), est conçu pour améliorer la qualité des informations mises à disposition des investisseurs. Il permet ainsi de renforcer leur confiance dans la pertinence des nouveaux business models.

 

Le rapport intégré présente de manière globale le processus de création de valeur à court, moyen et long terme. Il est « intégré » car il synthétise comment l’entreprise met à profit les différents capitaux mis à sa disposition, c’est-à-dire financier mais aussi manufacturier, intellectuel, humain, social et sociétal, et environnemental. Il permet également de mieux comprendre les interconnexions entre ces différentes facettes de l’environnement de l’entreprise.

Engie, Eurazeo PME, Danone… des pionniers ouvrent la voie

Si en France, les premières initiatives restent timides, entreprises et investisseurs gardent désormais une oreille attentive aux dernières pratiques dans le domaine du reporting intégré. Ainsi, lors de l’enquête de Paris Europlace publiée en janvier 2015, la totalité des répondants ont indiqué connaître l’initiative de l’IIRC.

"En interne, la démarche du reporting intégré est aussi un outil superpuissant de mobilisation, car il permet de comprendre de façon très structurée le business model de l'entreprise (...)" Danone

Quelques émetteurs et investisseurs ont d’ores et déjà franchis le pas. En février 2015, après plusieurs mois de consultation auprès de ses parties prenantes, le géant de l’électricité et du gaz naturel Engie a publié son premier rapport, inspiré du cadre de référence proposé par l’IIRC. Côté investisseur, Eurazeo PME, filiale du groupe Eurazeo dédiée aux investissements dans les PME françaises, est le premier fonds français ayant publié un premier rapport intégré. Mais d’autre groupes tels que Vivendi ont également lancé un processus de réflexion.

Selon Danone, qui a récemment publié un rapport intégré sur son site internet exclusivement, « La qualité de démonstration devrait être bien meilleure que celle du rapport développement durable que nous publiions jusqu’à présent, et qui sera du coup inutile. En interne, la démarche du RI est aussi un outil superpuissant de mobilisation, car il permet de comprendre de façon très structurée le business model de l’entreprise et là où elle veut aller. »

Comment connecter performances financières et extra-financières ? : le cas Kering

Jugé complexe et coûteux tant en temps qu’en moyens, le mouvement du rapport intégré est à l’état embryonnaire en France. En effet, une des difficultés pour les entreprises réside en la possibilité de connecter leurs performances financières à leurs performances extra-financières. Cela nécessite une mesure précise de l’évolution des différentes formes de capitaux de la société tout le long de la chaîne de valeur.

Mais poussées par les marchés, qui voient en la mesure des performances extra-financières un moyen de réduire les risques de leur investissement, plusieurs entreprises n’ont pas hésité à mettre en place des systèmes hautement performant de suivi et de reporting. En 2015, le leader de l’habillement et de l’accessoire Kering a annoncé la mise en place d’un compte de résultat environnemental, dénommé EP&L (Environmental Profit and Loss Account). Celui-ci lui permet de mesurer ses rejets atmosphériques, sa consommation et pollution de l’eau et des sols ainsi que la production de déchet sur l’ensemble de sa chaîne d’approvisionnement.

 

A noter également, les initiatives de Legrand et Valeo, qui ont fait figurer au sein de leurs derniers documents de référence 2015 des introductions « intégrées », synthétisant ces documentations obligatoires comportant en moyenne plus de 200 pages. Un moyen positif de faire la différence, dans une économie française en pleine mutation.

 

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