Xavier Fontanet : « Les entreprises françaises sont des porte-flambeaux de notre pays »
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Xavier Fontanet : « Les entreprises françaises sont des porte-flambeaux de notre pays »

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Lecture Xavier Fontanet : « Les entreprises françaises sont des porte-flambeaux de notre pays »

Dans son dernier ouvrage, Que chacun s’y mette (éditions Odile Jacob), recueil de ses éditoriaux publiés dans le quotidien Les Echos depuis 2013, Xavier Fontanet nous livre sa vision de la France et de ses entreprises. Un regard concret, engagé et instructif.

Xavier Fontanet, l’ancien patron d’Essilor - fleuron industriel et technologique français qu’il a transformé en leader mondial - professe dans cet ouvrage ses convictions avec tranchant, passion et pédagogie. Il martèle quelques idées simples et de bon sens, tempête contre les blocages de la société française, se lamente d’une fiscalité qui n’encourage pas assez l’investissement productif, déplore les travers d’une sphère publique budgétivore, ultra-interventionniste et lente à se réformer. Bref, un adepte du French Bashing ?

Non, car justement, il ne s’arrête pas à cet exercice facile et trop souvent stérile de la dénonciation de ce qui va mal : s’il enrage, c’est parce qu’il aime la France et les Français, croit au  génie  national, admire ses entrepreneurs et innovateurs, et garde foi dans ce « cher et vieux pays », comme disait le général de Gaulle, dont Joseph Fontanet, son père, fut ministre.

 

Des atouts formidables… insuffisamment exploités

 

Et l’ancien patron du leader mondial des verres correcteurs de développer ses idées maîtresses à grands renforts d’exemples, de témoignages d’entrepreneurs et de comparaisons internationales (avec le Japon, la Suisse, les Pays-Bas, Singapour, le marché allemand du travail et de la formation …). Quelles sont-elles ? Les entreprises françaises contribuent au rayonnement du pays. Ce dernier regorge de talents individuels et d’énergies collectives. Il a tout pour redevenir attractif, à la condition que « chacun s’y mette », et que s’instaure un climat de confiance libérant l’esprit d’entreprise, « ce miracle ». La concurrence est la matrice de l’initiative et même « l’autre nom de la liberté. » Enfin, la France peut parfaitement tirer son épingle du jeu dans l’économie mondialisée, « qui est exigeante mais offre un terrain de jeu exceptionnel à tous les talents et en particulier aux talents français. »

Mais le chemin pour y parvenir est semé de cailloux, au nombre desquels : une fiscalité sur le capital inadaptée, une méconnaissance  du monde de l’entreprise au sein de la classe politique, une représentativité problématique des syndicats, un enseignement de l’économie à l’école biaisé, une culture du risque insuffisante, un goût de la réussite trop rarement encouragé…

 

Donner aux hommes politiques des verres correcteurs pour leur apprendre à mieux voir, et aimer les entreprises

 

Le monde politique légifère, arbitre et taxe, mais reste en retrait de la vie des entreprises. « Il n’y a pas assez d’entrepreneurs au gouvernement. Pourquoi pas la présence au Conseil des ministres de deux entrepreneurs, l’un représentant les petites entreprises locales et l’autre les grandes entreprises mondialisées ? Il est toujours sage d’appliquer à soi-même ce qu’on impose aux autres. »

Des propos en forme de déclaration d’amour envers les entrepreneurs. Que l’on pourra juger frappés au sceau de la pure pensée libérale mais qui se réclament aussi, par exemple, de Jaurès, que l’auteur cite à plusieurs reprises dans ces textes. Sans oublier Sam, son coiffeur !

Le marché et la concurrence, oui, mais avec une régulation publique et une quête inlassable d’équité sociale. Et ce, au service de l’économie française et de la société tout entière. S’y mettre pour faire briller ce « cher et vieux pays » : tel est le credo de Xavier Fontanet. Qui s’attache, à sa manière, à faire rimer capitalisme avec humanisme, dans la passion de la France et de ses entreprises.

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