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Musique

À l’Ircam, les artistes n’ont pas peur de l’IA

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Musique À l’Ircam, les artistes n’ont pas peur de l’IA

Lieu unique au monde où convergent la prospective artistique et l’innovation scientifique et technologique, l’Institut de recherche et coordination acoustique/musique (Ircam) est à l’avant-garde de la réflexion sur les liens entre l’art et l’intelligence artificielle. Le point avec Hughes Vinet, son directeur de l’innovation.

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hugues_vinet_portrait2017.jpeg, par AdminLetsGo

Comment l'Ircam s’est-il emparé de l’intelligence artificielle ?

Hughes Vinet – D’une certaine façon, tout a commencé avec notre travail sur la composition assistée par ordinateur. Nous avons développé une expertise unique au monde dans la matérialisation informatique de structures musicales – notes, rythmes, harmonies – afin de permettre aux compositeurs de manipuler ces structures algorithmiquement, d’en générer de nouvelles, etc. : en quelques clics, vous pouvez calculer des structures d’une grande complexité. C’est un outil très puissant d’analyse et de création musicale que nous avons inventé.

Depuis quelques années, nous expérimentons l’accompagnement automatique en faisant de l’ordinateur une sorte de partenaire interprète, qui peut jouer et improviser avec l’artiste à partir d’éléments écrits ou de ses propres propositions.

 

« Les progrès de l’IA font partie de l’évolution normale des technologies : aux créateurs de se saisir de ces nouvelles possibilités. » Hugues Vinet

 

Nous développons aussi actuellement un outil d’aide à l’orchestration – soit la façon dont on choisit les instruments qui vont jouer une partition. À partir d’une base de données recensant tous les sons possibles émis par les instruments, l’IA va pouvoir reproduire des stratégies d’orchestration déjà utilisées par les compositeurs ou en générer de nouvelles – c’est ce qu’on appelle la générativité. En fait, nous faisons pour la musique ce que Google a récemment expérimenté sur les tableaux, en analysant les corpus des peintres et leurs éléments constitutifs pour ensuite les hybrider et créer des œuvres « originales ».

 

Que répondez-vous à tous ceux qui s’inquiètent de voir l’art échapper à l’être humain ?

H. V. – Qu’ils viennent participer aux rencontres-débats organisées par l’Ircam dans le cadre notre festival Manifeste1,  et qui s’intéressent notamment à l’utilisation du code informatique dans la création artistique !

Les experts s’accordent à dire aujourd’hui que l’ordinateur ne fait que ce qu’on lui a appris à faire. Il a certes une très grande capacité d’analyse et de combinaison, mais c’est avant tout un outil heuristique. Jamais il ne sera capable d’avoir un point de vue artistique, c’est-à-dire d’assurer une cohérence artistique au projet final : c’est à l’être humain qu’il restera toujours de faire les derniers choix pour faire sens, faire œuvre d’art.

À l’Ircam, nous considérons que les progrès de l’IA font partie de l’évolution normale des technologies : aux créateurs de se saisir de ces nouvelles possibilités. C’est d’ailleurs déjà le cas dans la musique puisque des œuvres ont récemment été développées par nos artistes, que vous retrouverez notamment lors de notre festival Manifeste2.  


1Le Forum Vertigo « Coder-décoder le monde » aura lieu du 13 au 16 juin au Centre Pompidou. Entrée libre.

2Tout le programme du festival disponible ici


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