Le numérique, un enseignement incontournable pour tous les diplômes français ? L’avis de Gilles Babinet
Université Pierre et Marie Curie - Campus de Jussieu - dans le 5e arrondissement de Paris.
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Le numérique, un enseignement incontournable pour tous les diplômes français ? L’avis de Gilles Babinet

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DigitalLe numérique, un enseignement incontournable pour tous les diplômes français ? L’avis de Gilles Babinet

Entretien avec le digital champion de la France auprès de la Commission européenne et co-auteur, avec 12 autres personnalités, de l'ouvrage Le Vrai Débat*.

La France est-elle bien engagée dans la révolution numérique ?

Gilles Babinet : Ce qui permet probablement à la France de tirer son épingle du jeu, c’est une caractéristique souvent ignorée : la France est le pays européen diplômant le plus d’étudiants dans les filières techniques, avec le Royaume Uni. Mais à la différence du Royaume Uni, trop peu de formations universitaires comprennent un volet numérique. Rendre obligatoire une UV numérique pour tous nos diplômes serait une mesure de salut public ! Les nations qui vont le mieux réussir seront celles qui auront massifié des systèmes de formation de qualité.

 

 

 

La clé de succès pour la France est donc l’enseignement ?

G.B : La France a sensiblement accru les moyens consacrés à l'enseignement – de 6,1% à 6,8% du PIB en cinq ans. Dans l'enseignement supérieur, elle a engagé un certain nombre de réformes et d'investissements de long terme, même si les résultats se font attendre... La France devrait considérablement accroître le nombre de ses ingénieurs diplômés par an –35 000 actuellement – tout comme elle devrait favoriser des modèles de pédagogie alternatifs, plus collaboratifs, plus orientés sur le « faire ».

 

Qu'en est-il de la formation professionnelle ?

G.B : Pourtant dotée d'un budget de 32 milliards d'euros, sa piètre performance est d'autant plus préoccupante que dans un monde où les cycles d'innovation se resserrent de plus en plus, la formation professionnelle va prendre une importance plus forte par rapport à la formation initiale.

La France devrait considérablement accroître le nombre de ses ingénieurs diplômés par an.

 

Comment soutenir la prise de risque pour accélérer la création d'entreprises en France ?

G.B : La flexibilité à la française doit certainement évoluer et être plus encadrée et responsabilisée. Il faut également affecter plus de moyens pour sécuriser les parcours d’entrepreneuriat. Cette évolution devrait logiquement accompagner l’évolution du marché du travail.

 

 

Comment faire évoluer les techniques de management pour libérer le potentiel créatif des salariés ?
G.B : Par l’enseignement avant tout. Certaines écoles comme EM Lyon, Kedge, l’Essec, semblent comprendre ces dynamiques. Il faut amplifier le phénomène. Peter Drucker doit être revisité au XXIème siècle !


Un dernier mot ?

G.B : De grands capitaines du numérique, comme Jeff Immelt PDG de de General Electric et John Chambers PDG de Cisco, ont vanté la plateforme France pour la qualité de son capital humain. Cela a eu un impact très important sur les Américains.

 

* Le Vrai Débat, aux éditions Cithéa communication, mars 2017, Gilles Babinet, Nicolas Bouzou, Christiane Féral-Schuhl, Luc Ferry, Pierre Gattaz, Claudie Haigneré, Christophe Lambert, Jean-Pierre Letartre, Thierry Marx, Augustin Paluel-Marmont, Pascal Picq, Frère Samuel Rouvillois, Cédric Villani.

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