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L’entreprise, ce projet collectif pour faire réussir la France

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EmploiL’entreprise, ce projet collectif pour faire réussir la France

PDG de CNI, un groupe de Loire-Atlantique spécialisé dans la métallurgie sur-mesure, Richard Thiriet est le président national sortant du Centre des jeunes dirigeants (CJD), association de chefs d’entreprise français défendant un « libéralisme responsable ». Entretien avec un Nantais engagé, entrepreneur de père en fils depuis quatre générations, pour qui l’entreprise est LA solution à l’emploi en France.

 

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letsgofrance_richardthiriet.jpg, par AdminLetsGo

Qu’est-ce qui fait, à vos yeux, l’attractivité de notre pays ?

 

Richard Thiriet – Avant toute chose, notre qualité de vie : notre climat tempéré, notre environnement de travail, la diversité des paysages et des territoires où habiter… C’est une grande chance que nous avons là.

Cela dit, la France pourrait être plus attractive encore si elle ne faisait pas peser autant de contraintes sur ses entrepreneurs. Notre code du travail est devenu obsolète : il encadre une relation employeur-employé qui avait été imaginée sur le long terme et pour une situation économique florissante, et a créé un mur infranchissable entre les salariés en CDI et les autres, qui protège les uns mais empêche les seconds de renouer avec l’espoir et l’emploi. Pour l’entrepreneur que je suis, cette situation est insupportable.

 

Sommes-nous dans l’impasse ?

R. Th. – Non, car depuis quelques années, je vois les lignes bouger. Les nouvelles générations de Français qui arrivent sur le marché du travail ne ne sont pas construites dans l’opposition entre « patronat » et salariés, qui a justifié certains combats à une époque, mais occulte la priorité du moment qui est de recréer la confiance dans l’entreprise. Cette jeunesse est prête à changer de métier régulièrement. Elle a compris surtout que l’entreprise était un vecteur de réussite du collectif et un lieu où pouvait se changer la société, au même titre que l’associatif.

Après, il faut rester vigilant sur la question de l’ubérisation : qu’offrons-nous aux travailleurs sachant que la facilité à trouver du boulot peut être synonyme de précarité ? À cet égard, je crois indispensable de revoir le financement du modèle social français, tout en se battant pour le maintenir.

 

Pensez-vous que la France puisse proposer à l’ubérisation mondiale un modèle apaisé, qui puisse servir d’exemple ? En a-t-elle la capacité ?

R. Th. –Je n’en ai aucun doute. Elle a la culture pour ça, héritée du siècle des Lumières : nous savons inventer et concrétiser de belles idées. Le modèle de la sécurité sociale, qui est la grande construction d’après-guerre, a très bien fonctionné. À nous d’imaginer le modèle à venir, sur lequel je n'ai pas d'idées arrêtées. Mais j’ai la certitude que notre nouveau mode de fonctionnement, qui est celui du réseau, de la primauté du collectif sur l’élite, va permettre l’émergence d’une solution. Et cette solution ne sera que provisoire, car dans notre monde numérique, chaque nouveau repère ne s’ancre que pour quelques années…

 

De quoi êtes-vous le plus fier, en tant qu’entrepreneur français ?

R. Th. – D’être parvenu à maintenir de l’emploi dans l’industrie métallurgique, alors que la France se tourne largement vers les services. De faire vivre un territoire comme un village d’irréductibles Gaulois. À Montoir-de-Bretagne, les entreprises que j’ai créées pour injecter du sang neuf à la dynamique locale du travail du métal a permis de conserver 23 personnes en CDI et de créer 22 emplois durables supplémentaires.

C’est une grande fierté pour moi d’imaginer que mes gars et leur famille voient régulièrement des avions ou des paquebots quitter Saint-Nazaire pour partir au bout du monde, en se disant qu’ils sont encore fabriqués ici.

 

La France de demain, vous l’imaginez comment en trois mots ?

R. Th. – Ouverte sur le monde, fière, socialement apaisée.

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