Les étudiants français à l’assaut de l’entrepreneuriat
Anton Khrupin/Shutterstock
Enseignement supérieur

Les étudiants français à l’assaut de l’entrepreneuriat

par

Enseignement supérieurLes étudiants français à l’assaut de l’entrepreneuriat

Qui a dit que l’université et l’entreprise en France étaient deux mondes étrangers ? Depuis 2014, un vaste plan national en faveur de l’entrepreneuriat étudiant balaie les idées reçues – et suscite un intérêt croissant au-delà de nos frontières. Entretien avec Philippine Vidal, chef de projet Entrepreneuriat Etudiant pour l’université Paris Sciences et Lettres (PSL).

En quoi les 29 « Pépites » (Pôles Étudiants pour l’Innovation, le Transfert et l’Entrepreneuriat) labellisés en 2014 par l’État contribuent-ils au dynamisme entrepreneurial français ?

Philippine Vidal – Ce dispositif est venu renforcer un écosystème déjà favorable à la création d’entreprise chez les jeunes en France. Les incubateurs et la culture projet se sont imposés un peu partout à l’université. L’École Normale Supérieure, formant depuis plus de deux siècles aux fonctions publiques nationales et internationales, a créé en 2015 un Prix des start-up normaliennes : c’est très révélateur et en soi une révolution !

Le lancement en 2014 d’un réseau de Pépites, ainsi que la création d’un diplôme et d’un statut national pour les étudiants-entrepreneurs, sont venus donner de la cohérence à l’ensemble. Au sein de chaque pôle, à l’image de PSL-Pépite, ont été créés des synergies entre les programmes existants, des formations transversales et des espaces de coworking. C’est essentiel pour voir éclore des projets de rupture et faire de l’entrepreneuriat étudiant un levier de création de richesse nationale.

En France, nous avons une grande bienveillance envers les jeunes porteurs de projets, hommes comme femmes, et une vraie tolérance à l’échec. C’est un atout précieux car la mise en confiance des étudiants est cruciale. Tout l’enjeu est de les aider à monter en compétences et leur démontrer qu’ils sont capables d’aller au bout.

Et nous y travaillons : chez PSL, notre taux d’insertion professionnelle est de 92 % – que l’étudiant-entrepreneur choisisse ou pas de poursuivre ses études, de créer sa société ou de monter son projet au sein d’une entreprise.

 

Le statut national Étudiant-Entrepreneur est une première mondiale. En quoi est-ce un atout pour le rayonnement de la France ?

Ph. V. – Ce statut a été créé pour offrir une reconnaissance nationale aux étudiants porteurs de projets, et une légitimité indispensable auprès du corps enseignant. Mais nous constatons aussi qu’il incite les jeunes diplômés étrangers à rester plus longtemps en France.

Nos collègues d’Israël – considérée comme LA nation des startups – se sont dits très impressionnés par notre innovation et la Malaisie, le Québec, la Belgique et le Sénégal pourraient bientôt la dupliquer chez eux. Ces signes ne trompent pas !

 

Chargement …