13 février 2019 3 minute(s)

À Orléans, le transport du futur bientôt sur les rails

« Spacetrain » ? Derrière ce nom galactique se cache un projet orléanais de navettes aériennes sur monorail, circulant en croisière à environ 500 km/h et transportant 250 passagers. Loin d'être un mirage futuriste, Spacetrain se veut motivé par la recherche innovante d'un mode de transport au coût raisonnable, propre et pensé à l’échelle des territoires. Emeuric Gleizes, qui dirige la start-up Jacques Vaucanson, société-mère de Spacetrain, nous le présente.

Spacetrain s'inspire du projet d’Aérotrain, précurseur du TGV des années 1960. Le Spacetrain que vous proposez en est-il une « simple » mise à jour ?

a7300218_3argb.jpg, par AdminLetsGo

Emeuric Gleizes : Fin 2016, lorsqu’avec des ingénieurs nous nous sommes penchés sur les problématiques techniques et économiques liées aux transports, nous avons fait le constat que la majorité des projets en émergence ne sont pas satisfaisants, notamment car ils coûtent très cher. Le projet de l’Aérotrain a été avorté subitement par choix politique mais il avait une grande crédibilité, avec des atouts économiques et énergétiques.

 

Notre projet vise à repenser la conception des territoires autour d’un triptyque vitesse/coût/impact environnemental. Sur un principe technologique similaire [circulation dite en « sustentation », via des coussins d’air sur un monorail, ndlr], nous avons travaillé autour de l’idée nouvelle d’un moteur à induction linéaire, alimenté par une pile à combustible à hydrogène. Nous discutons avec divers partenaires, dont Air Liquide, pour avancer et breveter ces technologies.

 

Spacetrain, qui privilégie les lignes courtes, pourrait relier Paris à Orléans en un quart d’heure. Quels moyens engagez-vous pour parvenir à cet objectif ? 

E.G :  Avec Jacques Vaucanson, des premiers fonds propres ont permis de monter une équipe support à Paris et un bureau d’études à Orléans. Une vingtaine d’ingénieurs y développe un laboratoire afin de pouvoir tester les navettes que nous avons conçues – notamment grâce à un accord avec Dassaults Systèmes pour l’utilisation de leurs logiciels d’ingénierie. Un prototype à échelle ½ sera d’ailleurs exposé au Salon du Bourget en juin 2019 – ce sera le seul train au Bourget cette année !

 

Nous travaillons également sur une levée de fonds de 30 M€ qui nous permettrait d’embaucher une trentaine de personnes et de fabriquer deux navettes à échelle 1. Elles seront testées dès que l’État aura donné son aval pour l’exploitation des anciennes lignes d’Aérotrain, qui existent encore mais doivent être réhabilitées. Nous espérons pouvoir concrétiser tous ces tests R&D entre 2020 et 2025.

 

Comment vous positionnez-vous par rapport à Hyperloop ?

E.G : Hyperloop, c’est un principe a priori très intéressant d’un point de vue technologique, mais d’un point de vue financier, c’est un rêve total ! De notre côté, avant de nous lancer, nous avons mené des études de viabilité économique en calculant le coût réel d’une structure Aérotrain. On ne dépasse pas les 10 M€ du kilomètre, contre 25 M€/km pour le TGV Paris-Bordeaux ou 140 M€/km pour le nouveau Shinkansen japonais ! C’est pour cela qu’on s’est lancé : je ne veux pas vendre du rêve, ni être pris pour un doux rêveur. En revanche, il faut être fou pour inventer, et pour entreprendre : alors oui, nous sommes des fous… dans le pragmatisme. 

 

nozzles_2.jpg, par AdminLetsGo

Des élus (maire d’Orléans, élus régionaux) vous soutiennent. En quoi sont-ils intéressés par votre projet ?

E.G : C’est vrai aussi pour d’autres collectivités comme en Île-de-France, Hauts-de-France, Normandie… Le Spacetrain représente surtout un atout majeur pour des régions qui souhaitent se montrer innovantes, notamment dans le secteur de la mobilité durable. Notre projet représente une alternative, économe et « verte », pour des trajets qui n'ont pas de rentabilité suffisante pour la SNCF, comme le cas d’Orléans qui n’est pas relié à Paris par TGV.

 


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