28 février 2019 4 minute(s)

Face à la révolution du partage, le rêve d’un Français

Dans « #Partage ta bagnole ! », publié en 2018 chez Exils, Jean-Claude Puerto-Salavert, fondateur d’Ada puis d’Ucar, livre sa vision d’une société qui a su faire de l’autopartage à la fois le moteur d’un renouveau économique, un facteur de cohésion sociale et la solution à l’un des problèmes écologiques majeurs de notre temps.

Dès les premières lignes de son ouvrage, Jean-Claude Puerto-Salavert donne le ton : « Attachez vos ceintures ! Votre vie d’automobiliste va changer radicalement dans les dix prochaines années. »

Pour l’entrepreneur français qui s’est consacré d’abord, avec la location à prix bas, à démocratiser l’accès à la voiture, avant d’en faire un pilier de l’économie collaborative, « l’alternative est simple. Soit la voiture s’adapte à la nouvelle donne écologique, soit elle disparaît. »

Pour autant, l’auteur se refuse « de choisir entre justice sociale et respect de l’environnement ». Mieux que la prohibition qui voudrait interdire les centres-villes aux voitures les plus anciennes, et donc aux propriétaires les plus modestes, Jean-Claude Puerto-Salavert milite pour « un nouveau mode de consommation qui mette des véhicules neufs et très peu polluants à la portée de tous ». Partant du constat qu’une voiture est utilisée seulement 20 % du temps, « en acceptant de louer leur véhicule quelques jours par mois, une majorité de Français [pourrait] s’acheter une voiture neuve non polluante ». Ainsi, « en quelques années, le rajeunissement d’un parc automobile reconverti dans la voiture propre permettrait de diviser par deux la pollution automobile. »

Mieux : cela permettrait à la France de diviser « par deux [sa] facture énergétique » et de gagner « 100 milliards d’euros en dix ans », de créer aussi des centaines de milliers d’emplois de « car manager » – « gestionnaire, animateur et référence morale » des communautés de proximité qui se constitueraient à travers le territoire –, boostant l’économie « encore plus que l’apparition du crédit à la consommation quelques dizaines d’années plus tôt. […] Avec une différence de taille. Avec le partage, pas de remboursements. »

Cette projection n’a rien d’une utopie. La révolution est déjà en marche, assure Jean-Claude Puerto-Salavert : malgré l’attachement irrationnel qui, depuis un siècle, la lie à cet objet mythique, « une large part de la population est prête à franchir le pas du partage de la voiture. Ces nouveaux comportements sont facilités par les outils numériques », à commencer par le GPS, qui a réussi en quelques années à détrôner les sacro-saintes cartes Michelin, et le smartphone qui permet aujourd’hui « d’ouvrir une voiture sans clé, en toute sécurité et sans aucun médiation ». 

Reste que « cette révolution de la bagnole ne sera pas sans risques. Les enjeux financiers du partage vont attirer la convoitise des méga-plateformes mondiales. Fortes de leurs capacités d’investissement illimitées, elles vont tenter de s’emparer du butin. Rivées à une gestion anonyme, centralisée et arbitraire des besoins, sans souci des harmonies communes, elles renforceraient immanquablement les frustrations dans la population. Ce serait une impardonnable erreur de laisser faire les géants du numérique. Encore plus grave qu’avoir laissé filer nos emplois industriels dans des pays à bas coûts de main-d’œuvre. »

Face à cette menace d’une « ubérisation sans foi ni loi », l’entrepreneur enjoint « chacun d’entre nous » à faire les bons choix pour faire advenir en France le versant harmonieux de la révolution de l’autopartage, découvert pour sa part « dans les montagnes suisses » : celui d’une société où les citoyens vivent « en confiance, dans des communautés à taille humaine, à l’échelle de leur quartier ou de leur commune, soudés par un projet écologique commun. » Et où « la bagnole », comme l’homme de Goethe, soit « immortel[le] à sa juste place. »

 


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