18 octobre 2019 3 minute(s)

La France, une certaine idée de la liberté

Et si la France était avant tout le pays de la liberté ? C’est la conviction de Laurent Joffrin, auteur du Roman de la France. De Vercingétorix à Mirabeau (éditions Tallandier, septembre 2019), premier tome d’un récit national qui retrace l’histoire de cette notion phare de notre modèle républicain.
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Il avait déjà pris la plume en 2015 pour combattre « la bruyante armée des défaitistes », ces « prophètes de l’abaissement » qui « se font une idée fausse de la France », la voyant « décadente, désunie, décrochée, dépassée, déclassée. Rien n’est plus mensonger ! » À cette France supposée moribonde, il opposait une France vivante qui agit et avance, une France qui « possède les armes de la victoire », le tout étant de savoir les mobiliser.
Avec Le Roman de la France, Laurent Joffrin, directeur de la rédaction du quotidien Libération, s’intéresse cette fois au récit national, dont les héros le firent tant vibrer sur les bancs de l’école avant que ne s’en emparent les déclinistes et les adeptes du repli sur soi. Avec une conviction : « La France n’est pas seulement un pays de la terre et des morts. La France est une idée. Elle vit de ses racines, comme toute nation. Mais elle vit surtout d’une foi, qu’elle a inscrite au fronton de ses mairies. Et, parmi ces principes, il en est un qui fonde la vraie identité nationale : c’est la liberté. »
Rien de moins abstrait pourtant que cette idée de la France selon Laurent Joffrin. La liberté n’est rien sans les personnages qui l’incarnent, et qui de siècles en siècles ont su lui donner chair en osant s’opposer à l’ordre établi. D’où cette tentative du journaliste, appuyé sur le travail des historiens, de « faire revivre l’événement pour aller, ensuite, aux structures. Je veux transcrire le roman vrai de la France en cherchant la vérité derrière les mythes. »

Or cette vérité a un nom : liberté.

« De Vercingétorix, héros de l’indépendance, à de Gaulle, qui restaura la république, de Montaigne à Jaurès, d’Étienne Marcel à Danton, de Molière à Malraux, de Michel de L’Hospital à Jean Moulin, c’est le même idéal d’émancipation qui est à l’œuvre, contre l’injustice et les tyrans. »
L’histoire de France, c’est ainsi avant tout une « marche difficile vers une société plus libre et plus égale », qui commence dès l’époque des Gaulois et « le refus de la servitude que Rome veut leur imposer » : ils ont beau ne pas être « nos ancêtres, ou si peu », ils nous ont pourtant « légué un héritage décisif : la volonté d’être libres. » À travers le martyre de sainte Blandine, il y eut ensuite « la dissidence des premiers chrétiens, ces rebelles qui réclament une forme de tolérance religieuse au nom d’une foi réprimée par Rome ».
Puis ce fut une longue lutte, deux fois millénaire, pour contrer l’absolutisme. « Trois acteurs ont disputé au roi sa légitimité, rappelle Laurent Joffrin : les grands, la bourgeoisie et le peuple. Le premier voulait la liberté nobiliaire, le deuxième la liberté bourgeoise, le troisième la liberté égalitaire. Mais tous, sous des modalités différentes, communiaient au même culte, celui de l’individu autonome : limitation de l’arbitraire, impôt consenti, garanties pour les justiciables, libertés publiques, libertés intellectuelles. Les étapes de cette lutte contre la monarchie et l’Église, avec ses avancées et ses reculs, ont donné lieu à des alliances changeantes : les grands et le peuple se réunissent pendant la Ligue et la Fronde ; nobles et bourgeois concourent aux Lumières et à la révolte des parlements ; le peuple et la bourgeoisie soutiennent Étienne Marcel ou l’Assemblée nationale de 1789. »
Ces « péripéties multiples autour d’une seule idée » forment-elles la vraie histoire de France ? Elles vont continuer en tous cas à la traverser jusqu’à notre époque moderne, selon Laurent Joffrin.

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