16 janvier 2020 3 minute(s)

Lion : l’esprit start-up dans la jungle des grands groupes

Dans cette école « un peu rebelle » née dans le giron de The Family mais qui trace sa route, Annabelle Bignon, la co-fondatrice de Lion, défend une culture de l'intrapreunariat à part entière.

Lion, est-ce l’une des pépites de The Family, l’incubateur parisien hyperactif ?

Annabelle Bignon : Oui Lion est né en 2016 de la vision de The Family qui, pour aider les entreprises de demain à se développer, voulait pouvoir tabler sur les compétences, non pas du seul fondateur, mais de toute une équipe. Il s’agissait donc au départ d’une formation d’un jour par semaine pendant deux mois pour les futurs salariés de startups. Mais on s’est rendu compte qu’au sein de ces premières promotions, certains venaient de grands groupes et nous remerciaient de leur avoir montré à quel point ils n’étaient pas faits pour se lancer dans une startup ! Par contre, ils nous montraient qu’il y avait un immense besoin, de l’intérieur de ces entreprises dites « classiques », de s’approprier des outils et des approches venus du numérique pour réaliser leurs propres objectifs. C’est pourquoi j’ai proposé la création de Lion Executive en 2017 comme une structure indépendante d’accompagnement de l’intrapreneuriat à destination des grands groupes.

L’intrapreneuriat existe depuis les années 1970 comme une manière pour les salariés de conduire un projet innovant de leur propre initiative et sans quitter leur entreprise. En quoi Lion renouvelle-t-il cette pratique ?

Annabelle Bignon : Si l’intrapreneuriat des années 1970 était le fait de quelques-uns au sein des entreprises, Lion permet de faire en sorte que l’innovation devienne l’affaire de tous. Pour cela, nous offrons un espace de questionnement à part qui permet à des salariés de s’approprier de nouvelles manières de faire, en faisant appel aux ressources du numérique, du marketing, de la communication ou du management inspiré par l’approche horizontale connue en startup. Beaucoup d’intrapreneurs, notamment dans le management opérationnel, sont motivés par le besoin de répondre à l’injonction souvent paradoxale de trouver des solutions à de problèmes nouveaux sans disposer de plus de moyens pour le faire dans leur organisation.

L’intrapreneuriat chez nous est donc pensé comme un apprentissage continu et collaboratif, entre pairs, pour flairer les bonnes pratiques car nous sommes tous plongés dans cette culture de l’agilité et de l’adaptation. On apprend ensemble à faire avec ce qu’on a sous la main et dans l’air du temps. Quitte à se tromper parfois, car ça fait partie du jeu. Nous défendons le droit à un certain lâcher-prise. On s’organise concrètement autour des rencontres dans nos locaux ou des programmes d’activités montés au sein des entreprises dont nous sommes partenaires. Et ça ne s’arrête pas au temps officiellement passé en formation, car Lion représente avant tout une communauté vivante et solidaire. Nous comptons déjà quelques 2000 alumnis tous programmes confondus depuis 2016.

La France est-elle ouverte à cette nouvelle vision de l’intrapreneuriat ?

Annabelle Bignon : En France, il y a encore ceux pour qui changer c’est perdre, et notre mission est de convertir les collaborateurs d’entreprises à l’idée que c’est au contraire faire partie du mouvement, et donc synonyme de gagner ! La France est un pays où la remise en question n’est pas une menace, et fait même partie de notre manière usuelle de penser. Nous nous appuyons sur cette tendance. Dans l’intrapreneuriat selon Lion, l’idée est de semer autour de soi ce qu’on a trouvé grâce à notre réseau, pour inventer de nouvelles pratiques en fonction des contextes et des enjeux propres à chaque entreprise et quelle que soit sa taille.

Nos partenaires prouvent l’ouverture de presque tous les secteurs, que ce soit Novartis en pharmacie, GRTgaz dans l’énergie, Danone dans l’agro-alimentaire ou encore le Crédit Agricole. De la TPE au CAC40, on observe que beaucoup « se décomplexent » et réalisent les possibles de la culture startup, l’autonomie qu’elle permet, et s’en servent comme d’un outil au quotidien… Sans se prendre pour des licornes.

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