2 décembre 2020 2 minute(s)

Pour un leadership français, avec moins de doute et plus d’Europe

Bernard Gainnier, Président de PwC France et Maghreb et fondateur du mouvement #LetsgoFrance, publie aux éditions Alisio “Chefs d’entreprise, ce que le monde attend de vous”.
Il y raconte son parcours de Marseille aux chaînes de production des usines de Shanghai, de la Silicon Valley, sonnée par l’éclatement de la bulle Internet, à la présidence de PwC et de ses quelque 6000 collaborateurs.
Son expérience, marquée par les chocs technologiques, éclaire les challenges socio-économiques que la France devra relever dans un dessein européen.

Bernard, vous avez été aux premières loges de l’industrialisation de la Chine en 1997. Qu’est-ce que les Français peuvent humblement apprendre des Chinois et de cette période d’histoire contemporaine ?

C’est vrai, j’ai eu la chance de vivre en Chine au tout début de sa « grande transformation » pour devenir l’usine du monde. J’ai constaté que les Chinois se sont donné les moyens de leurs rêves grâce notamment à un afflux massif de capitaux étrangers et une soif collective de rattraper leurs retards. C’est très impressionnant car ce mouvement reste extrêmement puissant aujourd’hui. Néanmoins, il est difficile de s’en inspirer pour nos démocraties. Nous n’avons ni la même culture, ni la même histoire, ni le même système. N’oublions pas, l’impact décisif que la démographie et les besoins immenses ont joué dans cette mutation. Pour nous occidentaux, s’il y avait des leçons à en tirer, je dirais humblement que face à cette incroyable puissance qui se révèle jour après jour, nous devons avant tout, arrêter de douter de nous-mêmes, partager, admettre et apprendre de nos différences. Tout comme le peuple chinois, nous devons nous donner les moyens concrets de notre respect mutuel sans naïveté.

Les Américains ont les GAFAM, les Chinois les BATX…. Avec qui en France pourrait-on faire une combinaison équivalente ?

La France n’est pas l’unique dimension pertinente pour nous renforcer en matière de puissance technologique. L’Europe est une bonne échelle : elle permet d’envisager les investissements qui sont nécessaires pour trouver sa place dans ce domaine. De plus, il ne sert à rien de construire des géants qui ne seraient qu’une pâle copie des géants américains ou chinois actuels car ils ne sont pas sans faiblesses. Il nous faut inventer en regardant l’avenir, répondre à l’évolution des besoins de nos concitoyens et de nos sociétés démocratiques et imaginer un nouveau leadership européen dans ce domaine. Ces nouvelles orientations seront le green deal, les nouvelles énergies et les technologies innovantes. Investissons massivement, à l’échelle européenne dès aujourd’hui dans tous ces domaines, il n’est que temps. Nous devons prendre des risques pour affirmer nos valeurs communes et donner du sens à l’Europe.

Quel est le style de leadership des Français qui évoluent à des postes importants dans les entreprises internationales ? Quelles qualités leur reconnaît-on ?

J’ai parcouru le monde, et les Français, qui sont à la tête d’entreprises qui sont des acteurs majeurs de leur secteur au niveau mondial, savent produire du sens et de la performance, grâce à l’intelligence collective et à partir d’individualités et des cultures diverses. Notre humanisme, notre créativité, notre curiosité, notre débrouillardise et notre façon de retrousser les manches pour trouver des solutions sont perçus comme de vraies valeurs positives très recherchées à l’étranger. C’est ce qui fait aussi l’attractivité de nos entreprises que nous, Français, ignorons trop souvent.

 

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