13 mars 2019 3 minute(s)

Rob Spiro, de la « west coast » à la « côte ouest »

Cofondateur en 2007 d'Aardvark, un moteur de recherche social vendu à Google en 2010, et de Good Eggs, une société de livraison de produits bio en circuit court à San Francisco, Rob Spiro est un entrepreneur engagé. Attiré par le potentiel de Nantes, ce Californien diplômé de Yale décide d'y poser ses valises en 2016. Contribuera-t-il à faire de la cité de Jules Verne un hub de référence pour des start up désireuses de façonner un monde plus juste et plus écologique ? C'est la question que nous lui avons posée.

On évoque souvent les 8 000 à 10 000 Français qui ont traversé l'Atlantique pour rejoindre la Silicon Valley, mais moins les Américains qui ont fait le chemin inverse. Qu'est-ce qui vous a attiré à Nantes ?

Rob Spiro : J'ai découvert Nantes grâce à ma femme qui en est originaire et j'y suis régulièrement venu avant de m'y installer. Cette ville correspondait à ce que je recherchais sur le plan professionnel : elle dispose d'un écosystème numérique puissant qui en fait un lieu idéal pour créer des start up internationales et à croissance rapide. Elle offre également une qualité de vie exceptionnelle grâce à ses nombreux espaces verts, son atmosphère détendue et son bouillonnement culturel.

 

Dès 2017, vous décidez de soutenir cet écosystème numérique et créez Imagination Machine, un accélérateur de start-up transformé l'an dernier en studio de start up. Pourquoi une telle évolution ?

R.S : Nous avons simultanément testé les deux modèles avant de nous focaliser sur le côté studio à partir de 2018. Nous accueillons désormais des entrepreneurs qui possèdent un certain goût du risque, et leur apportons les idées, les premiers financements, la méthodologie, et le réseau. Objectif : cofonder avec eux de nouvelles entreprises. Nous avons actuellement une dizaine de projets en cours portés par une trentaine d'entrepreneurs français et étrangers. Nous avons déjà cofondé plusieurs sociétés prometteuses à l'image de Jho, une start up qui commercialise des serviettes hygiéniques en coton bio, ou de Beem qui propose une solution de production et d'autoconsommation d'électricité verte.

 

Nantes a obtenu le label “French Tech” en 2014 et a attiré près de 2 000 entreprises du numérique depuis 2009. Comment la ville peut-elle faire valoir ses atouts et comment comptez-vous contribuer à son rayonnement ?

R.S : A mon sens Nantes doit capitaliser sur ce qui fait sa singularité : les valeurs écologiques, humaines, et sociales extrêmement fortes de ses habitants. Tous les gens que je rencontre ont envie de travailler ensemble et de mutualiser leurs ressources et leurs idées pour créer une société meilleure. Chez Imagination Machine, nous travaillons par exemple uniquement sur des projets qui ont une dimension « idéaliste » et centrés sur l'écologie, la santé, ou encore l'accès à l'éducation. En ce sens, je travaille tous les jours pour faire de Nantes une référence numérique sur ces questions.

 

En France, 50 % des start up disparaissent avant leur 5ème année d'existence. Comment peut-on améliorer la pérennité des jeunes entreprises ?

R.S : Je pense que la culture française de l'investissement est encore un peu conservatrice. Les investisseurs attendent souvent que les résultats et la rentabilité soient déjà au rendez-vous avant de soutenir une jeune pousse. En Californie, l'appétence au risque est plus grande et les investisseurs misent plus tôt sur des projets. Malgré tout, je constate que les choses bougent beaucoup en France depuis 5 ans.


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