11 juillet 2018 3 minute(s)

Damien Gromier : « Faire de la France une locomotive européenne de l’IA »

Les experts sont unanimes : l’intelligence artificielle sera LA prochaine révolution industrielle. Le point avec Damien Gromier, président de l’initiative France is AI, sur les atouts d’un écosystème français qui entend attirer le monde entier.

Qu’est-ce qui caractérise l’écosystème français de l’IA ?

 

[[nid:2367]] Damien Gromier : C’est un écosystème incroyable, très riche et dynamique, avec des centaines de start-up et de PME, une centaine de laboratoires de recherche tant publics (comme l’INRIA) que privés (comme ceux de Huawei ou Facebook), des communautés de « Meetups » qui fédèrent plus de 50 000 data scientists, soutenus par une vingtaine de fonds de capital-investissement français et une dizaine de grands groupes français et internationaux – où nos compatriotes ont souvent des postes clés, ce qui en fait une diaspora très puissante. 

Tous ces acteurs s’intéressent à des domaines de recherche et d’application très variés : apprentissage automatique, robotique, fintech, mobilité, santé, sécurité, éducation, éthique, interaction avec l’Humain, droit de l’intelligence artificielle… 

Cette vitalité de l’écosystème français de l’IA, nous la devons beaucoup à nos formations de haut niveau, avec une longue tradition d’excellence en mathématiques, ainsi qu’à la forte présence de notre recherche publique. 

 

La France peut-elle prétendre au rang de n°1 mondial de l’IA ? 

D.G : Oui, si cet écosystème gagne en visibilité. Car aujourd’hui il n’est pas encore aussi attractif pour les investisseurs américains ou chinois que celui du Canada, du Royaume-Uni et de la Suisse. C’est la raison d’être de l’initiative « France is IA », créée en 2016 : faire de notre pays une locomotive européenne de l’IA, qui donne envie à tous les champions mondiaux du secteur d’y installer leurs laboratoires de recherche. 

 

[[nid:2366]] Une des clés, pour cela, est de mieux faire travailler ensemble nos différents acteurs, en créant toujours plus de passerelles et de synergies entre eux. L’un des grands atouts de la France, c’est de disposer d’une masse de données d’entreprise de qualité, dans le public comme le privé, que ce soit à la Sécurité sociale ou sur ses réseaux routier et ferroviaire : ces data sont un minerai pour les startups, grâce auquel pourront s’inventer les usages de demain dans des domaines phares comme la santé et la mobilité. Ce n’est pas un hasard si parmi les jeunes pousses françaises en vue, actuellement, nous comptons deux pionnières de la mobilité autonome : Navya et EasyMile. 

C’est en collaborant toujours plus étroitement les uns avec les autres que chercheurs, start-up, grands groupes et fonds d’investissement actifs sur le sol français pourront développer des innovations à même de devenir des références mondiales. 


L’écosystème de l’IA en France 

  •  + de 250 équipes de recherche en IA pure, mais aussi en sciences humaines et sociales (droit, économie, sociologie…) : environ 5 300 chercheurs au total, dont plus de 4 000 hors région parisienne.  
  • Top 4 des pays pour la production mondiale d’articles sur l’IA (avec la Chine, les États-Unis et le Royaume-Uni). 
  • 18 mastères M1 et M2 spécialisés, pour plus de 1 000 étudiants.  
  • 80 ETI et PME. 
  • 268 startups, avec un rythme de création très soutenu : + de 30 % par an depuis 2010.  
  • Top 10 des levées de fonds en 2016 : Algolia, Navya, Alkemics, Linkfluence, Databerries, Dataiku, Custumer Matrix, Chronocam, Easy Mile, Balyo. 

(Source : France IA et France is IA)


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