14 janvier 2019 6 minute(s)

Engie se positionne au-delà de l’énergie

Là où il y a de l’énergie, il y a probablement un service intégré par ENGIE France B2B*. Flottes de véhicules propres, usine frugale, feux de signalisation intelligents… Le fleuron français de l’énergie a fait sa révolution digitale pour être utile à la ville comme au monde industriel. L’analyse de Catherine Cousinard, chief Digital Officer d’ENGIE France B2B.
catherine_cousinard.jpg, par AdminLetsGo

Réaliser des économies d’énergie, c’est du passé. Provocation ou réel constat ?

Catherine Cousinard : C’était la posture il y a 10 ans ! Mais elle a évolué depuis. On ne peut plus se contenter de petites économies : d’une part parce qu’elles ont été faites et d’autre part parce qu’elles n’étaient pas une fin en soi. La prise de conscience environnementale et notre compréhension des enjeux climatiques et l’explosion technologique font que nous devons plutôt bâtir un système nouveau et profondément vertueux. France BtoB – la business unit d’ENGIE dédiée aux industriels, aux entreprises et aux collectivités – n’a pas la seule vocation de réduire la facture énergétique de ses clients, mais également d’optimiser entièrement leur mode de fonctionnement. Nos services à l’énergie ne sont plus tournés vers la réalisation d’économie et la quête du moins. Ils aspirent à créer plus et notamment plus de valeur.


Comment êtes-vous passés de la fourniture d’énergie, de chaleur et de froid à la fourniture de solutions ?
C.C : Nous nous sommes dirigés vers cette approche car c’est ce qui réconcilie la production, la consommation, les citoyens, la ville, le bâtiment, l’usine avec une transition énergétique durable. Lorsqu’on travaille sur les données et leur utilisation pour gagner en performance afin d’obtenir un bâtiment sobre en énergie, on s’intéresse à toute la chaîne de production. On touche alors à des aspects structurels, comportementaux voire même culturels ! Idem quand il s’agit d’optimiser les milieux urbains ou le fonctionnement d’une usine. Nous nous positionnons comme partenaire de la ville et du monde industriel.
On devient co-créateur de solutions pour le confort d’un occupant d’un bâtiment, la mobilité d’un citoyen dans une ville – je pense au flotte au GNV (gaz naturel véhicule), aux véhicules électriques et à l’hydrogène renouvelable – et la modularité d’une usine qui recherche la performance énergétique etc. Certains de nos clients dans l’industrie nous associent même en contrat de résultat tant nous sommes parties prenantes de leur réussite. C’est fini la vision ancestrale où l’on apportait les utilities et l’industriel optimisait seul son asset industriel. On a besoin aujourd’hui de faire converser les paramètres d’adaptabilité du cœur de l’usine et les paramètres de sobriété liés à l’utilisation des ressources pour tendre vers la réconciliation sociétale. Ce raisonnement s’applique aussi à la ville quand nous travaillons sur les feux de signalisation, l’optimisation de leur fonctionnement et la régulation du trafic.

 

« Smart building et smart people : l’illustration d’une démarche inclusive pour un bâtiment intelligent »   

 

Ce sont des domaines dans lesquels on ne vous attend pas ?
C.C : Et pourtant, nous y sommes. Et ce parce que l’énergie est partout ! Le digital nous a révélé que nous disposions d’une mine d’informations qui nous permet aujourd’hui de décloisonner les solutions de gestion des infrastructures techniques et énergétiques et d’ouvrir ces systèmes aux collaborations. Nous n’envisageons pas le développement d’ENGIE France B2B sans partenariat, et sans faire partie intégrante de l’écosystème d’innovation français. Pour continuer d’apporter le progrès au plus profond des territoires français, il est essentiel pour nous d’être partenaire de start-up qui apportent leur agilité et de nouvelles briques technologiques, des start-up que nous détectons au sein de  France Digitale, la BPI, Inno Energie et d’autres.

 

« Le monde du digital français veut réconcilier les divergences qui ont émergé pendant la deuxième révolution industrielle » Catherine Cousinard

 

Quel message souhaitez-vous adresser aux start-up qui souhaiteraient collaborer avec ENGIE France BtoB ?  

C.C : Je leur recommanderais d’être très concrètes dans leurs engagements et leurs réalisations. Qu’elles aient l’ambition d’un progrès technologique, mais également sociétal, inclusif, harmonieux, dans le respect du collaborateur, du client, du citoyen et des partenaires financiers qui croient en eux. S’engager pour un monde pérenne ça ne se décrète pas, il faut le démontrer par sa propre exemplarité !
Et je retrouve un peu cela dans Qwant. Je suis très sensible à leur valeur sur la non-monétisation des données. Une super belle référence française qui contrecarre l’hégémonie chinoise ou américaine.
 

Vous gravitez dans de nombreuses instances digitales. Y'a-t-il une transformation digitale à la française ? Des spécificités culturelles ? 

C.C : On ne vit pas les mêmes choses partout. L’adhésion est différente. Dans les pays asiatiques, il y a une capacité à faire vivre l’ancien et le nouveau, sans conciliation, côte à côte. Ce n’est pas un modèle applicable chez nous. En France, j’ai le sentiment qu’on a cœur d’embarquer tout le monde et de faire évoluer tout le système. C’est plus lent, mais totalement représentatif de l’héritage culturel français. Il y a le poids de notre histoire, et notre désir d’aller vite vers le futur. Nous sommes dans le déchirement permanent entre faire vivre l’héritage et être dans un monde digitalisé.
Probablement un héritage des Lumières et d’une forme d’humanisme ! Nous sommes très fiers de notre système éducatif, fiers de faire avancer nos territoires ensemble et nous essayons constamment de faire progresser toute la société dans un souci d’égalité. Valeur fondatrice de notre pays !

Et c’est un peu la différence avec les pays asiatiques. On y voit des fractures énormes qui coexistent tout en s’ignorant. En France, j’ai le sentiment que nous ne cherchons pas ça. Nous voulons du progrès pour tous ! Le monde du digital français veut réconcilier les divergences qui ont émergé pendant la deuxième révolution industrielle, celle de la production de masse où produire toujours plus était le signe de la réussite, quels que soient les impacts. Maintenant, nous avons pris conscience qu’avoir des activités vertueuses est le socle du bien commun ! La transformation digitale en est le porte étendard à la française, en se distinguant par son caractère inclusif. Ma conviction en tant que Chief Digital Officer en France, c’est qu’il est nécessaire de faire du digital l’outil qui réconciliera les intérêts individuels et les attentes de la société.  


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