18 septembre 2019 5 minute(s)

Entreprises et territoires, tout est une question de rencontre !

France Attractive, le Forum de l’Économie et de l’Attractivité des Territoires, rouvre ses portes les 1 et 2 octobre prochains au Palais Brongniart à Paris. Pour son directeur Antoine Colson, cette 12e édition réaffirme le côté business friendly de nos régions.
colson.png, par AdminLetsGo

Quelle articulation entre les trois thèmes conducteurs de cette année : explorer les ressources d'un territoire, accompagner la croissance des territoires et participer à la construction des territoires de demain ?

Antoine Colson : ils partagent déjà un point commun ; ils portent tous les trois un regard positif sur les territoires. Explorer les ressources, c’est montrer qu’il n’est pas nécessaire de se réinventer. Il y a déjà un terroir fertile : des ressources naturelles et des savoir-faire ancestraux qu’il faut savoir apprécier. Le deuxième thème apporte la preuve que les territoires sont des laboratoires où s’expérimentent de nouveaux modèles de croissance à forte orientation ESS et à impact local. Je pense à l’opération Territoire Zéro Chômeur d’ATD Quart monde, testée à Loos par exemple. Enfin, la construction des territoires de demain soulève la question de la capacité des territoires à se doter d’infrastructures porteuses d’avenir et donc incontournables, comme la fibre optique, les structures d’entreposage etc.

 

Que vous inspire cette déclaration de l'économiste Olivier Bouba-Olga sur le monde.fr :
« Les critères pour définir les territoires qui se portent bien sont à réinterroger » 
? 
A.C : Le mouvement des gilets jaunes a révélé des fractures au sein de la France et de ses territoires. Il y a une France qui gagne et une autre qui souffre. Une évidence qui nous invite à questionner notre modèle actuel de développement et notre modèle d’évaluation de ce qu’est une économie gagnante. Il n’y a pas que la France des start-up qui réussit : il y a des alternatives et elles se trouvent justement dans les territoires.  
Avec Le Point, nous avons créé le palmarès des villes les plus attractives en 2019. Nous avons certes pris des critères économiques traditionnels bêtes et méchants – tels que la croissance de l’emploi, le nombre d’implantation d’entreprises, les imparables qui viennent renforcer des inerties positives ou négatives et qui, d’un semestre sur l’autre, ne varient pas beaucoup. La nouveauté, c’est l’intérêt porté par d’autres critères comme l’ouverture au monde, la connectivité. C’est un point important qui peut changer profondément la donne pour un territoire : l’accueil d’étudiants, la fréquentation touristique, le haut débit télécom, les gares etc. Le plan très haut débit dans la région Grand Est a fait sortir du lot, dans notre palmarès, des villes comme Metz ou Strasbourg. La qualité de vie et l’environnement entrent également en ligne de compte. C’est un aspect qui aujourd’hui motive les millenials et guide le choix d’implantation d’une entreprise et même l’aménagement territorial. On a comptabilisé les statistiques de la délinquance comme la surface d’espaces verts. L’exercice est périlleux : il faut tant regarder la dynamique économique, une tendance à l’instant T, que l’équipement de la ville et sa capacité à brasser de nouvelles populations – étudiants, nouveaux installés, entreprises étrangères.

 

Future is local : cela veut-il dire que les territoires français prennent le contrepied de la mondialisation ?  
A.C : A un niveau plus macro, on assiste à un retour des polarisations, à une démondialisation je dirais, parce qu’il y a ce besoin de se recentrer sur des dimensions de vie qui ne couvrent pas des dizaines de fuseaux horaires. On a eu des rappels à l’ordre écologiques et sociétaux avec le mouvement des gilets jaunes. Ils montrent une aspiration plus large à une notion d’espace et de temps à échelle humaine. Et les territoires sont probablement les mieux placés aujourd’hui à ce niveau-là. Le mouvement touche aussi à la consommation locale, le fait de vouloir vivre et travailler au même endroit sans faire des heures de transport.
Mais pour autant, cela ne peut se faire en autarcie, en marge de ce qu’est le monde. La mondialisation a des acquis positifs dont jouissent les territoires : attraction et mobilité des talents – même à l’autre bout du monde –, l’export, la possibilité de créer de la valeur ajoutée dans d’autres parties du monde. Il ne s’agit pas de faire de la France des villages gaulois en puissance !

 

On constate surtout une volonté partagée d’avoir un impact : territoires, petites villes comme grandes métropoles, et entreprises de toute tailles, s’en soucient clairement.

 

Vous lancez la 1re édition des Trophées France Attractive 2019 pour récompenser les territoires business-friendly. Comment se porte le binôme entreprise-territoire ?

A.C : Ils évoluent en symbiose. On constate surtout une volonté partagée d’avoir un impact : territoires, petites villes comme grandes métropoles, et entreprises de toute tailles, s’en soucient clairement. La cinquantaine de dossiers reçus indiquent à quel point tout est une question de rencontres entre un entrepreneur, des élus et l’envie d’accomplir pour l’intérêt général. L’échelon local est un interlocuteur pragmatique, apporteur de solution, pour les entreprises. Ce n’est pas la bureaucratie d’un grand ministère qui briderait les projets, c’est un interlocuteur agile et de proximité qui travaille de plus en plus à se positionner en facilitateur.

 

Plus d'informations sur le site de France Attractive 

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