3 mars 2021 4 minute(s)

Sport et export : la France veut rester dans la course

La 8e édition des Rencontres Internationales des Grands Evénements Sportifs (RIGES) organisée par Business France l’a souligné : les entreprises françaises du sport vont devoir faire preuve d’endurance pour réussir à l’export. Les marchés gagnés le seront en équipe. Le coup d’envoi du plan de relance permet aux entreprises de continuer à jouer un rôle déterminant sur la scène internationale. Bénédicte Raynaud, directrice du département Art de Vivre et Santé chez Business France, décrypte les enjeux pour la filière.

Bénédicte Raynaud, quel bilan pour cette édition digitale des RIGES ?

Bénédicte Raynaud - Business France
Bénédicte Raynaud – Business France

Cette 8e édition était résolument tournée vers l’avenir, dans un esprit de reconquête export. La coordination se renforce. Il était important de maintenir ce rendez-vous de début d’année et d’envoyer un signal de remobilisation aux entreprises françaises exportatrices de la filière.

En effet, malgré la pandémie, le secteur n’est pas à l’arrêt. Les RIGES ont été l’occasion d’expliquer et de rendre lisibles les mesures d’aide du Plan de Relance Export pour la filière : visibilité et informations sur la nouvelle donne des marchés étrangers, réduction des coûts de prospection à travers le Chèque Relance Export, accès aux financements d’innovation à travers le fonds pour financer des études de faisabilité (FASEP)… La jeunesse est également soutenue à travers le dispositif de volontariat international en entreprise (V.I.E.) et les Chèques Relance V.I.E.

Justement, comment apporter un peu de perspective aux acteurs de la filière sport ?

Les opportunités sont nombreuses et la mise en relation de ces entreprises françaises avec les décideurs étrangers se poursuit. Cette édition a par exemple été marquée par la coopération dans la durée avec la Côte d’Ivoire, et plus largement l’Afrique. Le Sénégal notamment se prépare pour les prochains Jeux Olympiques de la Jeunesse, qui se tiendront à Dakar en 2026. Les marchés se gagnent très en amont. Dans notre viseur, nous avons les pays du Moyen-Orient, l’Inde qui organisera certainement les JO dans un avenir proche.

"Lors des appels d’offres, sur une même proposition, nous pouvons aligner plusieurs entreprises complémentaires. Savoir jouer en équipe est un atout de taille." Bénédicte Raynaud, Business France

Le marché mondial des grands événements sportifs pèse en moyenne 50 milliards d’euros par an. Les entreprises françaises ont une solide expérience dans ce domaine, tant sur notre territoire qu’à l’étranger. Nous avons une carte à jouer ensemble ! La compétition est forte, mais il existe des opportunités à saisir, notamment en Amérique. Les clubs sport français à l’international, pilotés par la Team France Export avec les services diplomatiques, permettent de renforcer la structuration de la filière.

Qu’est-ce qui fait l’attrait de la filière sport française ?

La filière est structurée à la fois verticalement, parce qu’elle couvre tous les champs de l’ingénierie d’infrastructures aux services, et horizontalement, puisqu’elle englobe aussi des activités connexes comme l’événementiel. C’est réellement une offre diversifiée qui nous permet d’aborder le marché international de deux manières. D’une part sous l’angle des grands événements sportifs à l’étranger tels que les Jeux olympiques, les Coupes du monde, les Jeux de la Francophonie. D’autre part sous l’angle marché du sport. Interviennent alors les bureaux d’ingénierie, les équipementiers, les services, les gestionnaires de billetterie, les fédérations ayant des académies, etc.

Une nouvelle approche émerge, liée à la promotion de la pratique sportive par des gouvernements développant des programmes de lutte contre l’obésité ou d’insertion par le sport, par exemple.

La filière sport comprend toutes les tailles d’entreprises, de la start-up comme Vogo, à l’entreprise de taille intermédiaire (ETI) comme GL Events ou au grand groupe comme Sodexo. La France est en mesure d’exporter des produits et des savoir-faire. Lors des appels d’offres, sur une même proposition, nous pouvons aligner plusieurs entreprises complémentaires. Savoir jouer en équipe est un atout de taille.

A l’export, quels sont les succès récents les plus marquants ?

Une quarantaine d’entreprises françaises se sont illustrées sur les Jeux olympiques et paralympiques (JOP) de Rio. La PME montpelliéraine Vogo, partenaire de Panasonic, s’est faite remarquer lors des JO d’hiver de 2018. Gerflor, qui excelle dans les sols sportifs, est largement présent dans les événements internationaux. Dans un futur proche, nous pourrons aussi apprécier le travail des lyonnais de GL Events, retenus pour les JO de Tokyo prévus cet été. Je citerai également le programme Agora de l’entreprise WinWin. Elle vient de décrocher de nouveaux financements pour développer une filière sport en Côte d’Ivoire, avec notamment la mise en place de complexes socio-sportifs.

Depuis 2016, sur l’impulsion du ministère des Sports, le sport français s’est structuré autour d’une réelle stratégie d’export, avec Business France en qualité d’opérateur. Nos entreprises ont répondu présentes sur les plus grands événements sportifs. Nous exportons notre savoir-faire aux JO et faisons venir en France de prestigieuses compétitions, comme la Ryder Cup en 2018 et la Coupe féminine de football en 2019. Business France accompagne en moyenne chaque année 100 projets à l’étranger.

Quel rôle la filière sport joue-t-elle dans le rayonnement de la marque France ?

Les Français ressortent de la crise sanitaire avec plus d’audace, d’agilité, de créativité. Nous avons toutes nos chances de faire la différence. C’est le message de Franck Riester, Ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, et de Laurence Fischer, Ambassadrice pour le sport auprès du Ministre des Affaires étrangères.

L’ambition est de faire de notre industrie du sport un outil diplomatique de soft power. Nos ambassadeurs sportifs rayonnent dans le monde entier et vont nous aider à faire connaître la marque France dans ce secteur. Cela va de la Coupe du monde de football 2022 au Qatar à la Coupe du monde de rugby en 2023 chez nous, avec bien entendu les JOP Paris 2024 en ligne de mire !

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