16 septembre 2019 3 minute(s)

Viji : l’œil éthique du prêt-à-porter français

Maintenant que les consommateurs savent ce qu’ils ont dans leurs réfrigérateurs, il était temps de faire aussi la transparence sur leur dressing. C’est possible depuis quelques mois avec ViJi, un système de traçabilité et de valorisation des actions RSE dans l’univers de la mode. À l’occasion de la Fashion Week Paris 2019, rencontre avec Josselin Vogel, co-fondateur de la startup bretonne qui entend bien faire bouger les lignes dans la filière textile française.
p12808031.jpg, par AdminLetsGo

Peut-on considérer ViJi comme le Yuka de la mode ?

Josselin Vogel – Oui et non ! Nous aussi proposons une application facile d’utilisation grâce à laquelle le consommateur peut connaître, par un simple flash du code barre, la véritable histoire du vêtement qu’il envisage d’acheter. Nous sommes d’ailleurs en train de construire un équivalent de l’Open Food Facts de Yuka pour le textile, qui répertorie un grand nombre de données sur les produits en vente en magasin.

Mais la comparaison s’arrête là, car nous avons choisi une approche différente vis-à-vis des marques. Plutôt que les noter – ce qui serait de toute façon impossible car contrairement à l’agro-alimentaire, les normes sont quasiment inexistantes dans le textile –, nous préférons travailler en collaboration avec elles pour faire progresser la filière. Nous sommes convaincus que c’est en prenant à la fois les consommateurs et les marques par la main, en faisant de la pédagogie auprès des premiers pour les inciter à dialoguer avec les secondes plutôt que les boycotter, que nous pourrons construire ensemble une mode plus éco-responsable.

L’autre grande originalité de notre approche, c’est que là où Yuka travaille sur des informations publiques, nous allons à la source en nous faisant ouvrir les portes de la chaîne de production par les fournisseurs : ces derniers nous remontent ainsi eux-mêmes, sans passer par la marque, les informations sur la traçabilité du produit, les conditions sociales de production, l’impact environnemental et la sécurité-santé du consommateur. Nous vérifions ces informations et les mettons à disposition du public comme des marques, ce qui permet à celles-ci de mieux piloter leurs actions RSE.

 

À partir du moment où la France réalise plus d’un quart du chiffre d’affaires mondial de la mode, c’est à elle de donner l’exemple.

 

Votre modèle économique est donc basé essentiellement sur vos partenariats avec les marques ?

J. V. – Oui, nous leur proposons tout un panel de solutions pour les aider à faire la transparence sur leurs chaînes de production et d’approvisionnement. À ce jour nous comptons 2 clients, dont la marque française Muse & Marlowe. D’autres contacts avancés sont en cours.

 

La France est la place mondiale de la mode. Pensez-vous qu’elle puisse aussi devenir celle de la mode éthique ?

J. V. – Forcément ! À partir du moment où la France réalise plus d’un quart du chiffre d’affaires mondial de la mode, c’est à elle de donner l’exemple.

 

Vous êtes basés à Rennes, en Bretagne. Quels sont les avantages (et les inconvénients) d’une telle implantation ?

J. V. – Les inconvénients, pour être tout à fait honnête, je n’en vois pas ! Le TGV nous permet de rayonner facilement entre Paris et le nord de la France, qui est un bassin important pour le textile. L’avantage, c’est que nous disposons localement de systèmes d’accompagnement extrêmement pertinents, ainsi que d’une dynamique entrepreneuriale d’autant plus précieuse que la Bretagne me paraît en avance sur les questions d’éco-responsabilité, avec sa filière agricole très mobilisée. Cet ancrage territorial est un vrai tremplin pour devenir, nous l’espérons, le tiers de confiance de référence pour la transparence et la traçabilité des produits de la filière textile.


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