6 février 2020 3 minute(s)

Chrystèle Gimaret ou l’audace de dépoussiérer le secteur du nettoyage

Chrystèle Gimaret est à la tête d’Ekoklean, une société de nettoyage pas comme les autres. Elle vient de recevoir le « Bold Woman Award », un prix créé par Veuve Clicquot pour récompenser l’audace entrepreneuriale au féminin. Rencontre avec une dirigeante pas prête de jeter l’éponge !

Ekoklean en quelques mots ?

Une entreprise de propreté créée en 2005 sous le nom d’Artupox (NDLR : rebaptisée Ekoklean en 2019 dans le cadre de son développement international), qui compte 140 collaborateurs en France, en Suède depuis dix ans et au Canada depuis quelques mois, fait bon ménage avec la RSE et met l’humain au cœur du nettoyage.

Votre spécificité ?

Nous faisons de la croissance de façon responsable, éthique et sociétale en jouant sur tous les volets de la RSE. Nous utilisons des produits écolabellisés et biosourcés. Nous mesurons à tous les niveaux l’impact de notre activité : caractéristiques et stockage des produits, politique de nos clients et de nos fournisseurs en matière d’écoresponsabilité, déplacements et mobilité de nos salariés, que nous appelons « kleaners ». Ils travaillent de jour, sont bien visibles dans les entreprises où ils interviennent, nouent des relations avec les clients, ont une vie normale …

Votre plus grande fierté professionnelle ?

Justement, que nos kleaners aient des horaires diurnes et un vrai statut, alors que les personnels de ménage travaillent généralement de nuit, sont isolés, invisibles et pas du tout considérés. Nos kleaners ne se cachent pas, montrent ce qu’ils font, bénéficient d’une reconnaissance sociale, ont des salaires décents et une vie de famille normale. Le turn-over est très faible. En 15 ans d’existence, nous n’avons eu que trois litiges aux prud’hommes.

L’humain, d’abord l’humain, toujours l’humain, c’est notre ADN de base, je dirais même notre raison d’être. Aux clients de s’adapter à nos horaires et à nos exigences et non l’inverse. C’est un cercle vertueux qui va bien au-delà d’une simple prestation de nettoyage. Ils nous considèrent comme des partenaires, des alliés de leur politique de développement durable et de responsabilité sociétale.

Votre conception de l’audace ?

La capacité à traverser les tempêtes avec beaucoup d’endurance et en écoutant son instinct. Mais sans confondre ténacité et acharnement.

Même si le secteur du nettoyage est très concurrentiel, j’ai la chance de pas avoir véritablement de concurrents dans la mesure où personne ne réunit tous les éléments qu’EKoklean propose.

Que dites-vous aux jeunes pour les inciter à s’orienter dans votre métier ?

Déjà, de lire la presse et de voir ce qu’on fait ! Le secteur peut être complètement réinventé. Je leur dis : « Ouvrez vos yeux et vos oreilles, vous verrez qu’il se passe des choses incroyables dans ce secteur. Avec des jobs épanouissants où on peut avoir une vie normale et heureuse. »

Le digital et l’IA, ça compte dans votre secteur ?

Et comment ! Nous avons été les premiers à proposer des robots autonomes. Nos auto-laveuses autonomes nettoient, se vidangent elles-mêmes, se rechargent seules. Mais il y a toujours une intervention humaine derrière. On ne détruit pas de l’emploi, on le fait monter en compétence en réduisant la part des tâches répétitives. On a un petit robot qui donne des indications sur la qualité de l’air des locaux. J’adorerais mettre des capteurs dans les bureaux pour connaître leur degré de propreté, pouvoir savoir s’il faut les laver ou si leur état de propreté ne l’exige pas.

Avez-vous des modèles ?

Mercedes Erra ! Je l’admire beaucoup. La première fois que je l’ai vue, je lui ai dit : « Quand je serai grande, je serai Mercedes Erra ». Cela l’a amusée. C’est elle qui m’a remis l’Ordre du Mérite. J’en suis très fière.

Vous traquez la poussière mais quelle trace voudriez-vous laisser ?

Qu’on dise de moi : « Elle a bougé les lignes, elle a révolutionné le secteur ». Ce serait le meilleur hommage.

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