22 janvier 2019 3 minute(s)

La Nef, 1ère banque française et d’utilité sociale, est à Vaulx-en-Velin

Créée en 1978 sous forme d'association, La Nef est une coopérative de finances solidaires agréée depuis 1988 pour collecter de l'argent. Elle propose des solutions d'épargne et de crédit orientées vers le financement de projets écologiques, sociaux ou culturels. Comment réussir à accoler les termes “banque” et “éthique” ? C’est ce que nous explique, Bernard Horenbeek, Président du Directoire de La Nef.

Financement coopératif, possibilité pour les épargnants de reverser leurs intérêts à des associations… Qu'est-ce qui fait de La Nef une banque éthique ?

bernard-horenbeek_010.jpg, par AdminLetsGo

Bernard Horenbeek : Nous sommes à ma connaissance la seule banque agréée d'utilité sociale ! Nous travaillons au financement de l'économie réelle et réservons nos investissements et l'octroi de crédits à des professionnels et des initiatives qui ont un impact positif sur la société. Nous finançons quelques 350 projets par an dans des domaines d'activité très différents. Nous avons par exemple été pionniers sur le soutien à l'agriculture biologique à une époque où personne n'y croyait et où les agriculteurs rencontraient des difficultés pour obtenir des prêts. Enfin, nous refusons la titrisation et sommes autonomes par rapport au financement interbancaire. C'est ce qui explique notre solidité et le fait que nous ayons été très peu affectés par la crise financière de 2008.

 

Depuis 2016, les Livrets de développement durable et solidaire sont chargés de collecter des fonds pour des projets de développement durable et financer différents acteurs de l'action sociale et de l'insertion. Ils sont aujourd'hui vivement critiqués pour leur manque de transparence. Comment La Nef garantit-elle la transparence de ses investissements ?

B. H : Tout d'abord, je souhaiterais rappeler que nous n'avons pas attendu les LDDS pour investir dans des projets de développement durable puisque nous le faisons depuis 1978 ! Ensuite, nous avons fait de la transparence totale sur les crédits que nous émettons, une de nos valeurs fondamentales. Chaque année, nous publions un récapitulatif des projets que nous finançons afin que les épargnants sachent précisément où va leur argent.

 

L'épargne solidaire ne représente encore que 11 milliards des 5 000 milliards d'épargne des Français. Comment augmenter sa part ?

B. H : Je pense que la clé repose surtout sur l’octroi d’un statut spécifique et d’une régulation différente pour la finance éthique. Malheureusement avec le système actuel, les établissements de finance solidaire paient pour les errements des grandes banques et sont soumis à des exigences de fonds propres de plus en plus importantes, alors qu'elles sont exposées à des risques plus légers.

 

En 2014, La Nef a déposé une demande d’extension de ses activités auprès de l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR). Quel est l’objectif ?

B. H : Autrefois, nous étions une société financière adossée au Crédit coopératif et tous nos livrets étaient des livrets crédits coopératifs. En 2014, nous nous sommes engagés “dans un chemin bancaire”, sans toutefois renoncer à nos valeurs. Depuis 2015, nous sommes autorisés à offrir nos propres livrets à nos sociétaires, ainsi que des comptes courants aux professionnels de l’économie sociale et solidaire, et non plus seulement des prêts à long terme. Dans le futur, notre objectif est d’en proposer aussi aux particuliers. Nous voudrions avancer le plus rapidement possible sur cette question, mais malheureusement le système régulatoire se raidit d'année en année et ralentit ce processus de transformation.


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