4 juillet 2019 3 minute(s)

Le Parfait, l’Auvergne en bocal

Au XVIIIème siècle, le Français Nicolas Appert met au point une technique de conservation des aliments dans des récipients clos et stériles : la conserve. Fille de cette tradition, la marque Le Parfait voit le jour à Reims en 1930. Désormais basée au cœur du Massif central, elle commercialise près de 20 millions de bocaux par an et les exporte sur les 5 continents. Faut-il être un agité du bocal pour s’accrocher à ce point-là au Made in France ? Loin de là, comme nous l’explique Christian Pradel, Directeur commercial et marketing France de Le Parfait.
ch_pradel.png, par AdminLetsGo

Il y a une dizaine d’années, Le Parfait restructure son activité industrielle et fait un double pari : maintenir sa production en France et la regrouper en Auvergne. Pourquoi ce choix ?

Christian Pradel : Je considère que le bocal Le Parfait fait partie de la culture et du savoir-faire français, au même titre que le béret et la baguette de pain. Il était donc évident que la production devait rester ici. Quant à la relocalisation, notre ancien site de Reims était difficilement extensible. L’Auvergne est une région centrale et nous y produisions déjà des bouteilles et des pots dans notre usine verrière de Puy-Guillaume. Nous avons donc créé un nouveau site d’assemblage à proximité, à Saint-Yorre.

 

En 2017, vous avez réalisé plus de 30 millions d’euros de chiffre d’affaires en France. Comment parvenez-vous à rivaliser avec des concurrents moins chers et à obtenir des marges satisfaisantes en faisant du Made in France ?

C.P : Nous avons modernisé notre appareil productif pour le rendre plus efficace. Aujourd’hui, notre usine verrière est l’une des plus modernes d’Europe ! Sur l’assemblage, nous avons refusé l’automatisation, ce qui nous apporte plus de souplesse. Nous ne sommes pas limités par la capacité des machines et pouvons ponctuellement recruter des intérimaires en renfort des 60 personnes qui assemblent nos produits à la main à Saint-Yorre. L’impact se ressent aussi positivement sur la qualité. Enfin, nous avons décidé de mettre en avant nos choix stratégiques. Le “Made in France” séduit les consommateurs français, mais aussi de l’étranger, notamment du Japon et des Etats-Unis, enchantés d’acheter “un morceau de France”.

 

Vous vendez aujourd’hui près de 20 millions de bocaux par an (+ 20 % en 2017). Comment réussissez-vous à renouveler la demande en commercialisant un produit à usage unique ?

C.P : Notre objectif est d’amener la population à acheter plus de bocaux. Nous publions constamment de nouveaux conseils, tutoriels et recettes sur notre site, qui attire en moyenne 500 000 visiteurs par mois ! Nous sommes aussi portés par l’essor des préoccupations environnementales et sanitaires. Si le plat réchauffé régnait en maître il y a 20 ans, on observe une réelle prise de conscience de l’intérêt de bien manger et de consommer différemment. Or, les bocaux offrent un mode de conservation naturel, favorisent la lutte anti-gaspi, et permettent aux familles de faire des économies.

 

Aujourd’hui, près d’un bocal Le Parfait sur cinq est vendu à l’étranger. L’exportation représente-t-elle votre principal relai de croissance ?

C.P : Nous souhaitons effectivement consolider nos marchés extérieurs clés et davantage nous développer dans les pays limitrophes de la France. Mais ce n’est pas notre seul relai de croissance ! En France par exemple, le rajeunissement de notre cible crée de nouvelles opportunités. S’il y a 20 ans, nos consommateurs étaient encore plutôt âgés et ruraux, ce sont aujourd’hui de plus en plus des couples urbains de 35-45 ans avec enfants, désireux de « consommer mieux et de vivre mieux ».


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