6 septembre 2019 4 minute(s)

Ludovic Huraux : après Attractive World, le succès avec Shapr ?

Si vous lui demandez de se définir, l’entrepreneur Ludovic Huraux se décrira avant tout comme un homme de rencontres. Et il a, il est vrai, de quoi se présenter de la sorte : en 2007, il fondait Attractive World, le célèbre site de rencontres « pour célibataires exigeants » avant de se lancer, en 2016, dans les rencontres professionnelles avec la start-up Shapr. Forcément, il fallait… le rencontrer !
ludovic_huraux_.jpg, par AdminLetsGo

Shapr est une application de networking professionnel. Pourquoi s’être lancé dans ce domaine après une expérience dans les rencontres amoureuses ?

Ludovic Huraux : Les rencontres, ce sont mon principal moteur. J’en suis passionné, en fait ! Dans ma vie personnelle comme professionnelle, j’ai eu tellement d’opportunités grâce au fait de rencontrer de nouvelles personnes… Je fais donc tout pour faciliter les échanges, les rencontres inspirantes, la curiosité de l’un pour l’autre. Je crois aussi que les rencontres sans objectifs précis sont celles qui donnent de plus belles opportunités.

 

Shapr, ce n’est donc pas comme LinkedIn, c’est plutôt l’idée de démocratiser un mode de vie dans lequel il n’est pas anormal de prendre une heure par semaine pour rencontrer un inconnu ! Et notre ambition, c’est de porter cela au niveau mondial.

 

Les bureaux de Shapr sont installés à la fois en France et aux États-Unis. Comment jonglez-vous avec cette organisation ?

LH : Notre effectif est en effet réparti entre New-York (le marketing) et Paris (la tech, la data et le produit), avec le commercial entre les deux. Cela vient du fait que notre ambition a été, dès le départ, de construire un acteur mondial. Il fallait le faire en commençant par le marché américain : aujourd’hui, 60% de nos 2,5 millions d’utilisateurs viennent d’Amérique du Nord, avec New York, Los Angeles et Toronto dans nos cinq plus grosses villes aux côtés de Paris et Londres, ce qui nous donne une position confortable pour la suite.

 

Outre le focus marketing américain à New York, il nous a semblé qu’il était plus pertinent de construire une équipe tech en France : d’une part car nous avions une bonne notoriété après notre expérience à Attractive World, d’autre part car nous disposons en France de très bons ingénieurs tech, data scientists et data analysts. Shapr s’appuie donc sur le meilleur des deux mondes !

 

La France est un pays propice pour entreprendre : certains entrepreneurs peuvent se lancer via les aides au retour à l’emploi et, surtout, le financement à un haut niveau de la R&D offre un gros soutien aux entreprises tech et innovantes, que ce soit via le crédit impôt recherche ou par Bpifrance.

 

Où se situe l’avenir de Shapr ?

LH : Notre plus grand challenge, c’est de réussir la monétisation de notre offre B2B, que nous avons lancé officieusement il y a près d’un mois. Ce « Shapr Talent Connector » est un service de recrutement qui met en relation les entreprises-clientes qui recrutent avec les meilleurs utilisateurs de notre réseau de networking.

 

Nous avons déjà signé une quinzaine de clients, de grosses start-ups qui cherchent à scaler, en France comme États-Unis, citons notamment « le » Français à succès de New York, Meero. Nous démarrons et concentrons nos efforts à Paris et New York, mais nous sommes pragmatiques, et servirons aussi des clients parisiens sur le marché anglais, par exemple. Nous cherchons une croissance frontale : après avoir fait grossir la communauté d’utilisateurs, on veut acquérir un business de taille critique et prouver que notre modèle pourra croître de manière rentable.

 

Nous comptons notamment sur quelque chose dont même LinkedIn ne peut pas affirmer disposer : un grand ensemble d’interactions que nous analysons afin de suggérer en priorité aux recruteurs les candidats avec les « soft skills » (curiosité, ouverture d’esprit, qualités relationnelles,…) les plus élevées. Et nos utilisateurs sont demandeurs de rencontre, ils ont un vrai « état d’esprit Shapr » !

 

Vous dites que la France est un « paradis pour entreprendre ». Expliquez-nous.

LH : La France est un pays propice pour entreprendre : certains entrepreneurs peuvent se lancer via les aides au retour à l’emploi et, surtout, le financement à un haut niveau de la R&D offre un gros soutien aux entreprises tech et innovantes, que ce soit via le crédit impôt recherche ou par Bpifrance. De plus en plus de fonds se positionnent sur des tours importants, on a assisté ces derniers mois à de très importantes levées de fonds pour la tech française, c’est un bon signal.

 

Tout n’est bien sûr pas parfait, et le droit du travail, plus souple aux États-Unis, permet par exemple un réajustement plus rapide des effectifs notamment quand vous cherchez à faire pivoter votre activité… même si en France, on a une fidélité plus importante des équipes. Il n’y a de toute façon pas de modèle parfait !  


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