27 août 2019 4 minute(s)

Un parfum d’aventure pour les trois mousquetaires de la Maison Violet !

Réveiller une belle endormie, lui redonner tout son éclat et une vigueur juvénile alors que cette somptueuse « abeille » ne bougeait plus une aile depuis les années 1950, bref, réinventer une marque mythique de cosmétique créée il y a près de deux siècles : tel est le défi fou de trois jeunes entrepreneurs qui ont du nez …

Au commencement était un certain Monsieur Violet, apothicaire de son état, qui se lança en 1827 dans les parfums (pas à la violette malgré un patronyme prédestiné !) et les savons de toilette. Reprise par sa veuve, puis par des entrepreneurs inspirés, l’affaire prospéra au point de s’attirer les faveurs de Napoléon III et surtout de son impériale épouse.

 

La maison Violet devint l’un des fournisseurs officiels d’Eugénie et gagna le droit d’apposer une abeille sur ses créations, dotées d’un beau slogan : « A la reine des abeilles / Maison Violet ». Les flacons d’époque sont rares et très prisés des collectionneurs.

 

Mais après la splendeur, le déclin et la disparition. Cotée en bourse, très présente sur le marché américain jusque dans les années 1920, Violet a périclité après la Seconde Guerre mondiale et fait faillite en 1955. Rideau.

 

Renaissance en mode fragrances

 

Tombée dans l’oubli et dans le domaine public, la marque fut reprise en 2011 par un fonds d’investissement. Sans sortir de sa torpeur. Or, en 2016 trois étudiants de l’Ecole Supérieure du Parfum (ESP) décident de la ressusciter, dans le respect de son histoire séculaire.

 

« Nous nous sommes connus en première année à l’ESP, et nous étions déjà animés par l’ambition de créer notre propre marque de parfum avant le terme de nos études », explique Anthony Toulemonde, l’un des trois têtes chercheuses avec Paul Richardot et Victorien Sirot.

 

« A la fin de notre troisième d’année, l’idée s’est concrétisée. Nous avons entendu parler de la parfumerie Violet, une maison totalement oubliée, alors qu’elle avait été cotée en bourse et disposait d’une usine à Saint-Denis qui comptait 250 salariés. »

 

Séduits par le côté mystérieux de cette histoire mais aussi par le potentiel de marque, les trois jeunes hommes reprennent le flambeau sans coup férir, aussitôt parvenus à réunir les fonds avec le concours d’un quatrième larron.

 

« Un des avantages de notre projet, c’est que nous savions que nous n’aurions pas besoin d’avoir une grosse structure en interne. Il existe beaucoup de sous-traitants dans cette industrie. Et puis avec Paul et Victorien, nous sommes très complémentaires, nous nous partageons les rôles. »

 

Ils reprennent les noms des parfums, retrouvent les flacons d’époque, les sentent, adaptent les fragrances aux goûts contemporains et inventent ainsi de nouvelles créations avec l’aide précieuse de la parfumeuse Nathalie Lorson.

 

Ils ont déjà relancé trois parfums après avoir fouillé dans les archives de la BNF et du Musée de la Contrefaçon, où ils ont découvert un catalogue Violet. Comme ses créations étaient copieusement imitées et contrefaites, la maison avait coutume de déposer tous ses parfums. Bingo ! Une mine d’informations et d’idées pour le trio renifleur…

 

Tous disent leur enthousiasme d’avoir créé « une maison jeune avec un patrimoine historique, et comme si elle était toujours restée dans l’air du temps ».

 

Autre motif de fierté : âgés de 25 et 26 ans, ils sont les petits jeunes du secteur. Comme est jeune est leur clientèle, avec un gros cœur de cible chez les millenials. 

 

Fragrances rime avec France

 

« Nous rencontrons un gros succès au Japon, même si nous n’y avons pas de point de vente physique. Plus près de nous, la Belgique et la Suisse marchent très bien », se félicite Anthony.

 

Ils ont conscience d’évoluer dans un milieu très mystérieux et quelque peu intrigant. L’univers de la parfumerie constitue un petit monde confidentiel avec ses codes. Et ses modes. « Aujourd’hui, on met en avant les parfumeurs, ce qui n’était pas le cas avant. On parle de plus en plus des matières premières. Et puis c’est un art. Avec une grande créativité. »

 

Une créativité qui, très souvent, fleure bon la France. « Les plus connues des écoles de parfums sont toutes situées en France. Dès qu’on parle de parfums, on pense à la France. »

 

Français et ouverts sur le monde, ils savent que leur développement passe en partie par une présence internationale accrue. Les projets qui leur tiennent à cœur ? « Continuer nos gammes de parfum, mais aussi développer d’autres produits comme des savons et des cosmétiques tels que les rouges à lèvres, ou encore avoir un jour notre boutique en propre. » La Maison Violet peut voir la vie en rose.   


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