Alors que la 5e édition de MIF Expo, le Salon des Produits & Innovations Made in France, vient de refermer ses portes à Paris, retour sur un mouvement qui prend de plus en plus d’ampleur dans l’Hexagone… pour le plus grand bien, assurent ses représentants, de notre économie !

x 3 : c’est l’effet démultiplicateur moyen, sur l’emploi, de nos choix de consommer local, selon l’étude réalisée par la Fédération Indépendante du Made in France et Le Bottin du Made in France en 2015. Si les Français optaient pour le « MIF » une fois sur deux pour leurs chaussures, 55 000 emplois seraient créés sur notre territoire.

160 000

C’est le nombre d’emplois qui pourraient être créés si les Français optaient 1 fois sur 3 pour des vêtements Made in France – au lieu d’1 fois sur 10, comme ils le faisaient en 2014. 

 Consommer français coûte plus cher à l’achat, objecte-t-on souvent à ses ambassadeurs. C’est vrai parfois. Mais, assure l’étude, « le consommateur s’y retrouve financièrement dans la durée. Quant à l’économie du pays dans son ensemble, à pouvoir d’achat constant des consommateurs, les bénéfices sont immédiats. »

 
 

Quand les déçus de la délocalisation font machine arrière

Depuis le début du XXIe siècle, les entreprises françaises sont chaque année plus nombreuses à choisir de relocaliser tout ou partie de leurs chaînes de production. Bioseptyl, fabricant de brosses à dents, Alfapac, marque d’emballages ménagers ou encore ENO, connu pour ses planchas, figurent parmi ces « déçues de la délocalisation » qui ont redécouvert les avantages du Made in France. 

Produire en France, c’est lutter contre la désindustrialisation et ses effets tant économiques que sociaux et écologiques

Et ces avantages sont multiples, soutiennent les organisateurs de MIF Expo : « optimisation de la capacité de production, [parce que] plus grande proximité entre la production et les centres de recherche, élimination ou au moins forte réduction du risque de malfaçon, maîtrise de la propriété intellectuelle et des savoir-faire, plus grande réactivité industrielle et commerciale, et réduction des coûts et des délais de transport... ».

Produire en France, c’est lutter contre la désindustrialisation et ses effets tant économiques que sociaux et écologiques, contre la déstructuration de l’équilibre des territoires en favorisant les PME qui sont « des "fixateurs locaux" d’activité, de dynamisme et de création de richesses », selon Fabienne Delahaye, fondatrice de MIF Expo. 

Les chiffres militent en ce sens : selon une étude Ifop réalisée en octobre 2016, les Français estiment à 89 % que « la réindustrialisation de la France doit être l’une des principales priorités dans les prochaines années », et ne sont plus que 8 % à penser qu’il faut « laisser les entreprises choisir librement le pays de production de leurs produits ».

 

« Nos emplettes sont nos emplois »

L’enjeu dépasse les seuls industriels. Choisir en effet le Made in France, « c’est aussi pour une entreprise se mettre en position de développer une image beaucoup plus positive, tant en interne que vis-à-vis des partenaires et bien sûr des consommateurs. La proximité, l’éthique sociale et environnementale sont des valeurs en croissance », explique l’équipe du salon de référence du mouvement.

70%

C’est le chiffre d’affaires que réalise aujourd’hui la Camif avec plus de 6 000 produits fabriqués dans l’Hexagone. 

La Camif, célèbre entreprise de vente aux particuliers spécialisée dans l’équipement de la maison, rachetée en 2009 par Matelsom, a réussi sa mue en s’engageant résolument dans le Made in France. 70 % de son chiffre d’affaires est aujourd’hui réalisé avec plus de 6 000 produits fabriqués dans l’Hexagone, représentant près de 15 000 salariés en usine. 

« Nos emplettes sont nos emplois », rappelle Emery Jacquillat, son président, citant un slogan des années 1990 redevenu d’actualité. « Nous avons encore la chance d’avoir une industrie française du meuble ! Si dans bon nombre de grandes surfaces, on ne sait pas d’où viennent les produits, quels emplois il crée ou non en France, que l’étiquetage sur l’origine est souvent inexistant, c’est notre devoir de citoyen d’exiger la transparence sur le lieu de fabrication. »

En complément des labels tels qu’Origine France Garantie ou Entreprise du Patrimoine Vivant, le distributeur français a lancé en 2013 sur son site Internet une innovation primée par l’Ademe : Conso’localisation. « La mission de la Camif est de favoriser la consommation responsable et la production locale, justifie Emery Jacquillat : pour cela, nous redonnons le pouvoir aux "Consom’acteurs", engagés, qui veulent donner du sens à leur achat, savoir comment, par qui et où sont fabriqués les produits, d’où proviennent leurs principaux composants ». Une façon d’aiguiller chaque Français désireux de contribuer, à son échelle, au maintien de l’emploi local, tout en limitant l’impact de ses achats sur l’environnement.

 

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