C’est l’histoire d’une entreprise familiale qui, depuis la Vendée, a hissé la France au premier rang mondial de la construction de voiliers, et parmi les leaders de la plaisance. Alors que la mythique course du Vendée Globe a débuté le 6 novembre, plein feu sur un des plus anciens chantiers de construction au monde, et la seule marque du nautisme à avoir soufflé ses 132 bougies.

Partenaire officiel du Vendée Globe pour la quatrième édition consécutive, Bénéteau fait toujours la course en tête sur les mers agitées de la plaisance* mondiale. N°1 des constructeurs de voiliers et parmi les tout premiers acteurs européens sur le marché des bateaux à moteur, l’entreprise vendéenne fondée en 1884, devenue une multinationale – le groupe vient de franchir la barre symbolique du milliard d’euros –, témoigne d’une réussite française moins connue que celle de l’aéronautique ou de l’agroalimentaire.

60%

C'est la part de la production nationale de bateaux de plaisance consacrée à l'export.

Grâce à ce marché de niche tiré par le haut de gamme, l’Hexagone brille en effet par-delà les crises à l’exportation : près de 60 % de la production nationale de bateaux de plaisance est consacrée à l'export, pour un excédent annuel de 300 millions d’euros en moyenne depuis plus de dix ans. En 2016, notre pays est allé jusqu’à exporter 77% de sa production – un nouveau record. Bénéteau, qui concentre à lui seul plus de la moitié des effectifs et du chiffre d’affaires du secteur en France et plus de 5 300 entreprises, majoritairement des PME et TPE actives dans l'industrie, assure un maillage territorial précieux pour cette activité historique dont les chantiers de Vendée, de Gironde et de Charente-Maritime sont le cœur battant.

 

L’innovation continue sur quatre générations

300 millions d'euros

C'est l'excédent annuel des exportations de bateaux de plaisance depuis plus de dix ans.

Plus de deux cents modèles à voile ou à moteur, de 15 à 105 pieds, sont aujourd’hui proposés par le groupe Bénéteau et ses prestigieuses marques (Jeanneau, Lagoon, Prestige, CNB, Monte Carlo Yachts, Four Winns…), que viendront bientôt enrichir 32 nouveautés grâce à des investissements record consentis en 2016, à hauteur de 90 millions d’euros. Cette gamme complète de bateaux innovants, est le fruit d’un intarissable esprit de disruption qui, depuis la création de l’entreprise au XIXe siècle par Benjamin Bénéteau, architecte naval à Croix-de-Vie, habite ses bâtisseurs successifs.

77%

C'est la part des bateaux à voile et à moteur exportés par la France en 2016.

Née à une époque où il s’agissait de construire des bateaux de pêche, et de permettre aux marins « d’arriver le premier au port, car le premier arrivé vendait son poisson au meilleur prix » . « La « recherche de performance restera de tous temps au centre des préoccupations des architectes et constructeurs, les entraînant à se surpasser et à innover en permanence », raconte Annette Roux, petite-fille du fondateur. C’est d’ailleurs sous l’impulsion de celle-ci et de son frère André que Bénéteau, s'ouvrant en 1964 à la plaisance pour faire face au déclin de la pêche, donne naissance à un nouveau segment de marché, la « pêche-promenade », et introduit le polyester dans la construction des bateaux, avant d’entrer dans le saint des saints : la régate.

 

D’innovations en innovations, la série légendaire des First, qui ouvre dès 1976 les portes de l’export à Bénéteau et lui permet de devenir leader mondial des constructeurs de voiliers en 1982, est l’occasion pour l’entreprise française de travailler avec les meilleurs architectes et designers du monde. La collaboration avec Philippe Starck est emblématique de l’audace et la créativité qui ont fait le succès planétaire de la série, comme en témoigne avec humour Annette Roux : « Je rencontre [le designer français] à Paris. Il ne nous cache pas que le bateau n’est pas sa spécialité. Il nous propose de mettre un 35 pieds dans son jardin à Montfort-l’Amaury, disant qu’il accepte de passer quelques nuits à bord et, qu’après cette expérience seulement, il sera en mesure de nous répondre […]. C’est dans cette ambiance joyeuse, affectueuse, mais ô combien professionnelle que naîtra le First 35 S5 […], le plus grand moment ayant été la présentation au public lors du Salon Nautique de Paris en 1987. Quel choc ! Un client sur deux adorait, un client sur deux détestait. Qu’à cela ne tienne, la série a été une réussite et Starck, non seulement nous a fait avancer, ainsi que toute la profession, mais il a aussi découvert un monde dans lequel aujourd’hui il est le signataire des plus grands yachts de la planète ! »

 

Habiter la mer, habiter sur terre

Visionnaire, l’entreprise vendéenne a tôt fait le choix de la diversification, parvenant à traverser les crises sans couler. « Inspirés par le vieux sud américain, nous allons créer [dès 1994] une maisonnette qui va révolutionner le monde du camping » : les mobil’homes O’Hara. Avec l’acquisition en 2007 de son concurrent vendéen IRM (Idéale Résidence Mobile), Bénéteau devenu Groupe renforce son pôle Habitat de Loisirs et devient un acteur de premier plan sur le marché européen – « nous fabriquerons jusqu’à 14 000 maisons par an. » C’est désormais à la conquête de l’habitat résidentiel que le Français fait voile, pariant sur le nouveau marché des logements à ossature bois, économiquement accessibles et à haute qualité environnementale. La branche réalise aujourd’hui un chiffre d’affaires de 172,8 millions d’euros.

Un développement en continuité avec l’expertise sans égale acquise dans le travail du bois ainsi que l’aménagement des espaces de vie et l’optimisation des volumes. L’Ébénisterie Bénéteau, aujourd’hui le plus important centre d’ébénisterie marine d’Europe, nourrit particulièrement cet amour du métier qui, de longue date, habite les équipes du Groupe : « Réputé pour son savoir-faire séculaire dans le façonnage des contreplaqués et des bois massifs mais aussi dans la mise en œuvre des bois moulés, l’atelier situé en Vendée alimente l’ensemble des sites de production y compris aux États-Unis », peut-on lire sur le site de Bénéteau. « Avec modernité et exigence », ses hommes et ses femmes « ont su faire évoluer l’organisation artisanale en organisation industrielle » pour proposer des produits à forte valeur ajoutée.

Des qualités indispensables pour suivre aux Sables d’Olonne le départ de « l’Everest des mers », dont le palmarès est à cette heure dominé par un… Français : le navigateur Michel Desjoyeaux qui, le premier et à ce jour l’unique, a réussi l'exploit de remporter la course à deux reprises, en 2001 et 2009. Let’s go France !

 

 

* Activité qui regroupe les bateaux à voile, à moteur et les pneumatiques.

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