Cœur battant du tourisme en France, le musée le plus visité de la planète rayonne bien au-delà des murs de l’ancien palais des rois. En faisant circuler ses œuvres, en mettant à disposition des institutions internationales son image et son savoir-faire, le Louvre continue de diffuser à travers le monde une certaine idée, prestigieuse et universaliste, de la France.

Depuis 1798, Mona Lisa attire la planète entière, avide de percer le mystère de son sourire. La Joconde est sans doute le tableau le plus célèbre au monde, et l’un des mieux protégés : placée derrière une châsse de verre pare-balles, elle-même cuirassée par une console en noyer, elle se laisse aujourd’hui photographier par – et avec ! – quelque 20 000 visiteurs quotidiens.

À l’instar de ce chef-d’œuvre signé Léonard de Vinci – le plus français des peintres italiens –, nombreuses sont les pièces universellement admirées qui font du Louvre le musée le plus visité du monde, avec près de 9 millions d’entrées en 2015 dont deux tiers d’étrangers, et le plus grand en superficie : 200 000 m² de surface palatiale et 68 000 m² de surface d’exposition y rassemblent des collections qui figurent « parmi les plus belles au monde », assure son président-directeur Jean-Luc Martinez, qui « couvrent plusieurs millénaires et un territoire qui s’étend de l’Amérique aux frontières de l’Asie », faisant du musée « un lieu de dialogue permanent entre les civilisations ».

 

Un musée universel en « révolution permanente »

S’il accueille la planète à l’intérieur de ses murs, le « musée des musées » a à cœur de rayonner le plus largement possible en France et à l’étranger. « Dès sa création en 1793, le Louvre a été conçu comme un musée universel. Dans un esprit d’ouverture hérité du Siècle des lumières et de la Révolution française, sa mission a toujours été de faire connaître au plus grand nombre possible de visiteurs les plus beaux témoignages du génie humain à travers les siècles », rappelle Jean-Luc Martinez.

Élargissement de ses espaces pour valoriser au mieux ses collections et accueillir toujours plus de visiteurs, multiplication des partenariats innovants pour se développer hors de ses murs, de manière à augmenter ses ressources propres et aller au-devant des publics qui ne se déplacent pas forcément à Paris : depuis les travaux du « Grand Louvre » engagés par François Mitterrand et le passage au statut d’Établissement public autonome, la vénérable institution a su rester fidèle aux missions qui sont les siennes, « favoriser la rencontre entre des collections et le public », tout en s’adaptant à la mondialisation culturelle.

L’ouverture en 2012 du Louvre-Lens, dans un objectif de démocratisation mais aussi de « changement d’image d’un territoire en quête d’une nouvelle identité après la désindustrialisation et de redynamisation touristique », le projet du Louvre Atlanta aux États-Unis, le développement du Louvre-DNP Museum Lab au Japon ou encore le projet Louvre Abu Dhabi, sont emblématiques de cette vision d’un « Louvre sans frontière, un Louvre "hors le Palais" qui s’identifie à la France, à son patrimoine, à son histoire, mais aussi à son éclat, à ses missions de diffusion du savoir », ainsi que la décrivait Jack Lang en 2007 au journal Le Monde.

 

Une carte maîtresse de la diplomatie culturelle française

Développement de chantiers de fouilles (Égypte, Soudan, Iran, Syrie) ; coopérations scientifiques couplées à des actions de formation (Yémen, Azerbaïdjan, Oman, Arabie saoudite...) ; prêt d’œuvres de longue durée à des institutions naissantes et organisation d’expositions sur tous les continents, afin de faire circuler les 300 000 pièces détenues par le musée français dont à peine 10 % sont exposées…  L’action internationale du Louvre s’est intensifiée et diversifiée ces dernières années, permettant de tisser des liens bien au-delà des frontières définies par le périmètre de ses collections et contribuant largement au rayonnement culturel de la France à travers le monde.

À travers ces projets, qui sont autant de partenariats « gagnants-gagnants » puisque le produit de l’exportation du Louvre à l’étranger a vocation à être réinvesti dans les musées nationaux, l’institution séculaire est devenue une marque internationale, dont le prestige permet de travailler avec les plus grands musées et de trouver des ressources auprès de mécènes du monde entier, à l’image des American Friends of the Louvre ou du Cercle International des amis du Louvre.

Rappelons à cet égard que ce sont les autorités émiriennes qui se sont tournées spontanément vers la France, lorsque l’idée du premier musée universel du monde arabe est née : le choix du Louvre « constitue une formidable reconnaissance de son savoir-faire muséographique et de son expertise scientifique. En acceptant de relever ce défi, le [musée] accroit son influence dans une zone en pleine expansion, au carrefour de l’Afrique et de l’Asie », souligne Jean-Luc Martinez. Conçu par Jean Nouvel, le projet du Louvre-Abu Dhabi est aussi une opportunité de promouvoir l’architecture française à l’international, prolongeant l’aura du palais des rois de France que, de 1200 à 2011, les architectes les plus novateurs se sont succédé pour bâtir et amplifier.

« Tout cela constitue une présence française culturelle en continu, une certaine idée de la culture française ». Les mots de Jack Lang en 2007 ont gardé toute leur actualité.

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