Les engagements en recherche et développement du groupe Muller prouvent, plus que jamais, que l’industrie française vit avec son époque. Le point de vue de Pascal Teurquetil, son directeur général. (2e partie de l’entretien)

Quels sont vos engagements en matière de développement durable ?

Nous nous sentons concernés depuis très longtemps par le réchauffement climatique et la réduction des émissions de gaz à effet de serre. C’est même devenu l’un des piliers de notre stratégie.

A titre d’exemple, vous savez que le grand problème des énergies renouvelables est leur intermittence. Celle-ci oblige à utiliser une autre source énergétique la nuit - pour le photovoltaïque - ou en période froide - lors des anticyclones d’hiver pour l’éolien. Nous avons donc tout un axe de recherche orienté vers des systèmes de stockage d’énergie et d’effacement qui permettront une meilleure gestion des aléas des énergies renouvelables.

Nous avons d’ailleurs été lauréat au concours mondial d’innovation 2030 dans le domaine du stockage d’énergie.

 

En quoi considérez-vous que votre groupe est un acteur de la révolution digitale ?

La digitalisation, d'ailleurs rendue possible par l’électricité, est un phénomène mondial qui affectera l’ensemble des activités humaines, y compris les plus traditionnelles.

Soucieux d’épouser cette transformation capitale et d’y prendre toute notre part, nous avons essayé de nous projeter dans l’avenir et de créer des  appareils capables de muter. Ils étaient fonctionnels, immobiles et oubliés dans le décor, ils recevaient des ordres pour mieux s’adapter aux besoins du consommateur ; aujourd’hui nous les rendons intelligents : ils comprennent leur environnement, s’y adaptent et dialoguent avec leurs utilisateurs à distance. Ils deviennent l’âme de la maison connectée.

 

De quoi êtes-vous le plus fier professionnellement ?

De cet esprit d’innovation qui anime le Groupe, de sa volonté d’aller de l’avant et de participer à l’émergence d’un monde respectueux de l’homme et de l’environnement.

Les prix et les distinctions qui nous ont été accordés, comme le prix Chaptal ou le prix de l’innovation 2030, nous encouragent à persévérer dans la voie difficile mais exaltante que nous avons choisie.

Mon père a insufflé cet état d’esprit dès la création du Groupe et son amour des produits et de la nouveauté a bercé mon enfance. Je souhaite continuer dans cette voie et renforcer encore nos études et recherches pour conquérir des domaines où le confort thermique sert le développement de nouveaux services. Nous sommes fiers de nos investissements, très conséquents, dans la recherche & développement et de nos programmes d’études.

 

Qu'est-ce qui caractérise à vos yeux les entreprises familiales, en France ?

Leur rapport à l’humain, au profit et au temps. C’est un rapport très différent de celui qu’on trouve dans une société « anonyme » où les managers ne sont pas les actionnaires et inversement. L’entreprise familiale, c’est d’abord le rêve et les tripes de son fondateur, une excroissance de lui-même. Ses qualités et son éthique s’y retrouvent, même après plusieurs générations. Les entreprises familiales ne sont pas animées par la froide logique du profit immédiat. Elles conservent une philosophie, un comportement qui perpétue les idées et les vertus du « grand ancêtre ».

Cet esprit soude les salariés au sein d’une communauté de pensées et de valeurs qui est, en quelque sorte, un second cercle de la famille fondatrice. Les rapports humains sont alors fondamentaux. Le dirigeant d’une entreprise familiale n’est pas un mercenaire. L’entreprise est sa vie. Elle incarne son style, ses croyances et vise à lui survivre au travers de ses héritiers. Il a et il fait partager une « certaine idée de l’entreprise », où le profit n’est pas recherché pour lui-même mais comme condition de la pérennité.

 

Qu'aimeriez-vous que l'on dise du groupe Muller ?

Un groupe qui a su s’adapter aux contraintes d’un monde en pleine mutation. Je souhaiterais surtout que l’on en parle encore de nous au présent dans plusieurs siècles !

 

Votre devise préférée ?

« Un pessimiste fait de ses occasions des difficultés, un optimiste fait de ses difficultés des occasions » (Antoine de Saint-Exupéry)

 

Quel est l’entrepreneur français que vous admirez le plus ?

François Michelin, c’est un véritable parangon de l’entrepreneur familial, qui a fait de sa société un leader mondial, sans jamais perdre de vue ses racines auvergnates, tout en oeuvrant à la prospérité de sa région d’origine.

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