Des victoires françaises
Euro 2016

Des victoires françaises

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Euro 2016Des victoires françaises

Ils ont trébuché sur la dernière marche et la défaite a forcément un goût amer, pour l’Equipe de France et ses millions de supporters. Les raisons de se réjouir sont pourtant nombreuses, à commencer par la qualité de l’organisation du tournoi, la sécurité qui l’a entouré et les retombées économiques. Les Bleus ont fait rêver toute une nation et affiché une belle et prometteuse cohésion.

Le jeu de la calculette

Chiffrer les retombées économiques d’un grand événement sportif représente un exercice aussi compliqué qu’un retourné acrobatique, ou un tir millimétré dans la lucarne. A chaque grande rencontre internationale, son lot d’études, ses estimations d’experts. L’Euro 2016 n’a pas dérogé à la règle. « Combien ça va rapporter ? », question lancinante – et légitime.

 

Selon une étude du CDES (Centre de Droit et d’Economie du Sport) de février 2016, l’Euro devrait rapporter 1,26 milliard d’euros à la France, hors coût de la construction et de la rénovation des stades. Soit 0,1 de PIB. « Ce montant regroupe le surcroît de consommation liée d'une part aux dépenses touristiques, dont les fan-zones - 195 millions d'euros - et les dépenses des spectateurs dans les stades - 593 millions -, d'autre part l'organisation de la compétition par l'UEFA - transport des équipes, hôtellerie, traiteurs, événements... », expliquaient les auteurs de l'étude.

 

De quoi se consoler (en partie) de la défaite contre le Portugal ? Sans doute, d’autant plus que l'impact financier de cette compétition devrait finalement être meilleur que prévu. Surtout dans les grandes villes en région, davantage qu’à Paris : Lille, Lens, Marseille, Nice, Bordeaux, Saint-Etienne et Toulouse.

 

Les régions françaises ont marqué des points

Le secteur de l’hôtellerie avait anticipé la présence de 40 % de supporters étrangers dans les stades. Or, selon le CDES, ceux-ci ont représenté lors des premiers matches 60% du public. D’après l’Union des Métiers de l’Industrie de l’Hôtellerie et de la Restauration (UMIH), à Nice, l’Euro 2016 a provoqué « un surcroît d’activité d’au moins 20 %. »

 

A Saint-Etienne et à Lens, le taux d’occupation des hôtels a été … de 100 %. Le Maire de la métropole stéphanoise, Gaël Perdriau, s’en est réjoui sur une radio local : « Tous les commerçants ont la banane. ». Ils ont en effet profité de la venue de 130 000 visiteurs étrangers dans la ville. Même satisfaction à Bordeaux qui accueillait la deuxième plus grande fan-zone de France. Son Maire Alain Juppé a souligné lors d'une séance du conseil municipal les effets bénéfiques de la compétition. « Dans certains bars,  les soirs de matches les commandes de bière ont représenté une somme de 4 500 euros par heure », a-t-il expliqué, tout sourire. Les élus marseillais tablent sur 180 millions d'euros de retombées pour la cité phocéenne !

 

Par ailleurs, le secteur de la location entre particuliers semble avoir connu une augmentation très soutenue, de l'ordre de 30%. Airbnb affirme que 250 000 personnes ont pu se loger via ses services.

 

Vive la France quand même !

Ne perdons pas de vue que l’impact d’un événement tel que l’Euro est multiple. Les enjeux sont économiques mais portent aussi sur l’image et la réputation. Et l’incidence est grande aussi pour le développement territorial. C’est ainsi que les stades de Nice et de Lyon, construits pour l’événement, se sont imposés comme de véritables catalyseurs pour des projets de grande envergure, au profit de l’arrière-pays niçois ou de la région lyonnaise.

 

Honneur au Portugal ! Mais, même battue, la France reste une grande nation de football, qui a prouvé sa capacité à organiser des manifestations de première importance même dans un contexte social agité et malgré le spectre des attentats terroristes.

 

Pour se consoler (un peu), songeons au Brésil, pays organisateur de la coupe du monde 2014, éliminé 7 buts à 1 en demi-finale par l’Allemagne. Cette redoutable Allemagne a été sortie au même stade de la compétition par nos Bleus  le 7 juillet dernier ! « Quand je me regarde, je me désole ; quand je me compare, je me console » : dans les jours de tristesse sportive, ce dicton peut être apaisant comme un spray sur la jambe meurtrie d’un joueur de football.

 

Enfin, il ne fait aucun doute que le parcours exemplaire d’une équipe nationale qui joue à domicile suscite chez ses compatriotes fierté, joie, enthousiasme collectif. « On a conscience que les Français ont vibré », s’est exclamé Didier Deschamps après la finale. Et cela n’a pas de prix.

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