Du « Robot-bashing » à la révolution des objets connectés
Industrie 4.0

Du « Robot-bashing » à la révolution des objets connectés

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Industrie 4.0Du « Robot-bashing » à la révolution des objets connectés

L’industrie française mute. De la vague de robotisation manquée dans les années 90 à la révolution de la numérisation en 2016, les Français ont fait un pas de géant.

Numériser les usines françaises : c’était l’objectif du Ministre de l’Economie Emmanuel Macron en lançant son programme Nouvelle France Industrielle, doté d’une enveloppe de 3,4 milliards d’investissements publics. Pour cause, l’écosystème industriel national était en grande difficulté face aux fortes contraintes concurrentielles imposées par d’autres pays aux économies industrialisées.

 

Les inquiétudes face à l’automatisation s’estompent

Emmanuel Macron faisait à l’occasion du lancement l’année dernière de son plan de sauvetage à Nantes  ce constat sans appel : « La France a raté dans les années 90 la vague d’investissements qui a été celle de la robotisation ».  Parmi les nombreux facteurs de ce retard, un véritable « Robot-bashing », face à l’automatisation. Résultat, notre pays compte cinq fois moins de  robots que l’Allemagne.

Un an plus tard, on assiste à une inflexion encore timide mais réelle . Robin Rivaton, économiste auteur d’Aux Actes dirigeants ! (Ed. Fayard 2013), témoignait déjà en 2014 de ce début d’évolution lors des Grands Débats de l’Observatoire Fives de l’usine du Futur : « Aujourd’hui, le débat est enfin revenu sur la place publique et une prise de conscience, jusqu’ici étrangement différée est en cours ». 

 

L’usine de 2016 sera intelligente, autonome, économe, robotisée, mais surtout digitale.

Ainsi, conscients de la nécessité de se moderniser pour gagner en compétitivité, nombreux acteurs du tissu industriel français placent leurs espoirs dans la numérisation de leurs usines. ETI, PME et grands groupes œuvrent ensemble à la naissance de nouveaux projets d’usines digitalisées. A Toulouse, encouragée par un carnet de commandes particulièrement garni, l’industrie aéronautique a pris les devants. Figure emblématique, Airbus a lancé en 2016 un programme ambitieux de numérisation et robotisation de ses chaînes d’assemblage : installation de robots collaboratifs dits « cobots », lunettes à réalité augmentée, outils connectés, etc. Un projet-vitrine dont la mise en place s’effectuera progressivement jusqu’en 2025. De même, après avoir implémenté avec succès robots et impression 3D sur sa chaîne de production, l’équipementier aéronautique Daher envisage d’équiper ses usines nantaises de nouveaux robots et machines automatisées dès 2017. L’industrie 4.0 s’est également dotée récemment de son incubateur : Total qui a lancé en décembre dernier un incubateur sur le thème de l’« Usine 4.0 », a annoncé en janvier 2016 que plusieurs projets bénéficieront de l’expertise de son partenaire l’accélérateur Impulse Labs et de financements dédiés du géant du pétrole. 

 

L’internet des objets, une révolution porteuse de nouvelles perspectives

L’ancrage des objets connectés (tablettes, etc.) au sein des industries sera selon les observateurs du secteur le nouvel effet disruptif des années à venir. En effet, si le développement de l’internet des objets industriels suit la même courbe que celle des appareils destinés à la grande consommation, plus de 100 milliards d’objets connectés seront utilisés par nos usines à l’échelle mondiale d’ici à cinq ans (contre quelques milliards seulement pour les particuliers)[The Industrial Internet of Things, PwC, 2016]. Cette future révolution est porteuse de nouvelles perspectives de développement pour l’ensemble de l’industrie française. Elle l’est aussi pour les entreprises spécialisées dans la cybersécurité parmi lesquelles la France compte de nombreux champions mondiaux .

 

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