Equitable et français, c’est possible !
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Equitable et français, c’est possible !

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CommerceEquitable et français, c’est possible !

Le commerce équitable, c’est le café kenyan, le chocolat mexicain… Et c’est aussi la tomate du Var et le lait de chèvre du Pays de Loire ! Chez nous, en France, le commerce équitable alimentaire est bien présent et ce n’est que le début. 

Conférence de presse de la Quinzaine du commerce équitable, 12 mai 2016, au magasin Biocoop La République. En présence de : Martine Pinville, secrétaire d’état chargée du commerce, de l’artisanat, de la consommation et de l’économie sociale et solidaire, Marc Dufermier, Président de la plate-forme pour le commerce équitable, Gérard Godreuil, délégué général d’Artisans du Monde, Claude Gruffat, président de Biocoop, Dominique Royet, délégué générale de Max Haavelar France, Julie Stoll, déléguée générale de la plate-forme pour le commerce équitable. 

La 16e édition de la Quinzaine du commerce équitable l’aura largement souligné. Nous connaissions jusqu’à présent le commerce équitable nord-sud qui instaure une plus grande équité au sein du commerce mondiale et une plus juste rémunération des producteurs des pays du sud. Désormais nous pourrons également compter sur l’émergence d’un commerce équitable nord-nord, c’est-à-dire issu d’un commerce avec des producteurs sur le territoire français ! La loi pour l’économie sociale et solidaire (Hamon - 2014) et la loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances (Macron - 2015) ont ouvert la voie au déploiement d’une coopération plus juste et rémunératrice, entre producteur, transformateur, fabricant et distributeur, en France. « Le commerce structure notre environnement. Si l’on souhaite le préserver, il faut changer les règles d’échange », explique Olivier Drot, gérant du magasin Biocoop La République. 

Ainsi, si en 2015 le marché du commerce équitable confirme sa bonne santé, soutenue par une croissance de 17,5%* entre 2014 et 2015, c’est en partie grâce à la prise en compte, pour la première année, des chiffres du commerce équitable Nord-Nord. L’année dernière, le marché du commerce équitable en France représentait 663,8 millions d’euros* : 84% proviennent du commerce équitable Sud-Nord et 16% du commerce équitable Nord-Nord. 

« A terme, nous souhaitons qu’humanisme et économie réelle se ré harmonisent. » Claude Gruffat, président de Biocoop.  

Filières et circuits courts 

« La loi de l’ESS a en quelque sorte validé la viabilité du modèle de commerce équitable nord-sud, confie Julie Stoll, délégué générale de la PFCE. Si bien qu’il pourrait devenir une solution pour notre agriculture française ». Le déploiement du commerce équitable en France est une opportunité qui pourrait d’une part rétablir les filières en difficulté et d’autre part construire des circuits courts. « L’expérience de Biocoop à sa création l’aura démontré, témoigne le président de Biocoop. Nous voulions fournir un vaste marché en produits bio, mais la matière première bio manquait. Il nous a donc fallu monter entièrement des filières pour garantir notre approvisionnement durable et régulier, dans des périmètres maîtrisés qui sécurisent la chaîne de valeur et favorisent les circuits courts ». 14% des produits commercialisés par Biocoop proviennent du commerce équitable nord-nord, ce qui représente quelque 900 références sous sa marque de distributeur « Ensemble » comme le coulis de tomates du Var, le yaourt à base de lait de chèvre …  

Mon souhait pour la France est de trouver un modèle durable, non dé-localisable, qui renforce le tissu social. Martine Pinville, secrétaire d’état chargée du commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Economie sociale et solidaire

« Pour qu’une telle démarche fonctionne, il faut donner aux acteurs de la visibilité. Biocoop, en s’engageant sur une base de marché solide, un volume d’achat, une rémunération juste et un investissement dans l’équipement, devient un partenaire de confiance. Dans ces conditions, on peut trouver un industriel qui veuille bien nous suivre, des producteurs prêts à laisser tomber leur exploitation en conventionnel pour la qualité du bio. Beaucoup reposent sur l’implication du distributeur». 

Le client, roi et militant ? 

94% des Français souhaitent un prix juste pour les producteurs d’après le dernier sondage Max Haavelard/opinion Way. Les coopératives telles qu’Artisans du monde l’entendent depuis 1974 et les grandes et moyennes surfaces (GMS) s’y mettent depuis plus d’une dizaine d’années, aidées par des labels comme Max Haavelar. « Des enseignes comme Carrefour sont très intéressées et recherchent notre accompagnement ; dès lors que les consommateurs sont demandeurs de ces produits équitables, les distributeurs, en réponse, souhaitent augmenter le nombre de produits référencés et se tournent vers nous », constate Dominique Roquet, déléguée générale du label.
Si tous les intervenants s’accordent sur la nécessité d’associer les consom’acteurs à la démarche, il est aussi important pour eux d’apporter une réponse organisée, réunissant toutes les parties prenantes et créatrice de valeur, avec des moyens à la clé. A Martine Pinville, secrétaire d’état chargée de ces questions, de conclure en rappelant la création de la Commission de Concertation du Commerce  (3C) et l’étude, actuellement en cours, d’un fonds de développement coopératif. 


Croire au modèle coopératif

« Commerce équitable et coopératives sont extrêmement liés. Un producteur isolé n’est pas en capacité de faire face aux défis du marché. C’est assurément le collectif qui fait la force. La France a l’avantage de bénéficier de structures coopératives très développées, avec une part de marché de 40% dans l’agro-alimentaire. Leur ancrage territorial et leur positionnement entre l’amont et l’aval font d’elles des acteurs incontournables de la chaîne alimentaire. Elles sont idéalement placées pour répondre efficacement aux attentes, parfois contradictoires, du consommateur notamment en termes de traçabilité, de transparence, de qualité et de sécurité sanitaire des aliments. »

Baptiste Bannier, expert PwC des coopératives agricoles



 

*Chiffres fournis par la plate-forme du commerce équitable (PFCE).

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