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Festivals, la culture française en or

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LoisirsFestivals, la culture française en or

Avec près de 3 000 festivals d’importance organisés chaque année sur l’ensemble du territoire, la France fait vivre son exception culturelle tout au long des saisons, au plus près des publics et des trésors de notre patrimoine. Un moyen incomparable, pour nombre de collectivités, de doper leur attractivité et leur économie !

En 2014, la France a tremblé : le Festival d’Avignon a failli être annulé ! L’incontournable événement culturel de l’été fut le théâtre de moult péripéties sociales – et climatiques ! –, avant de laisser la scène aux 3 500 artistes et techniciens qui, chaque année, investissent le Palais des Papes et autres lieux emblématiques de la capitale vauclusienne. « Une bombe économique aux mains des intermittents », titrait à l’époque Le Nouvel Observateur… 

Et pour cause : les retombées sur la ville du festival fondé en 1947 par Jean Vilar sont estimées autour de 25 millions d’euros (sans compter celles des autres manifestations comme le Off), pour quelque 12 millions d’euros de budget. Quand on sait que jusqu’à 140 000 billets sont vendus, chaque été, à des amoureux du théâtre de tous horizons, et de toutes les générations, dont certains y consacrent l’intégralité de leur budget vacances, on mesure l’enjeu de la tenue, envers et contre tout, d’un tel événement – l’un des plus importants au monde par le nombre de créations et de spectateurs réunis...

 

Un festival de retombées

Dans son ensemble, le spectacle vivant représente 8,8 milliards d’euros de valeur ajoutée pour notre pays. Un apport considérable, auquel les festivals contribuent largement. Démultipliés après la dernière guerre mondiale pour faire entrer la France dans une nouvelle ère culturelle, ces événements festifs concernent tout l’Hexagone – « il n’existe pas de France vide de festivals », observait en 2015 France Festivals à l’endroit des 551 manifestations musicales annuelles qui animent nos régions (5 régions concentrant 61 % des événements*). Autant d’occasions de diffuser les œuvres et de renouveler la scène française, en révélant de nouveaux talents et en valorisant la création contemporaine.

Surtout, les Hellfest (Clisson), Chaise-Dieu, Rock en Seine (Saint-Cloud), Chorégies (Orange), Rencontres photographiques (Arles) et autres Tombées de la Nuit (Rennes), sont pour les collectivités un moyen efficace de créer des emplois, développer le tourisme et stimuler leur tissu économique. Par les créations de postes et dépenses des organisateurs (communication et diffusion, technique et billetterie, transport des artistes et du matériel), qui privilégient le recours aux fournisseurs locaux, ou par les achats et dépenses des festivaliers (hébergement, restauration, commerce de produits régionaux, loisirs, transports…), les retombées des festivals sont variées, diffuses et souvent structurantes pour le dynamisme et la réputation des territoires.

 

Un levier précieux de revitalisation territoriale

À côté du poids lourd du Festival de Cannes, qui engendre près de 200 millions d’euros de retombées diverses sur le territoire national (dont 72 d’impact économique primaire localement) et crée 3 160 emplois, nombreux sont les festivals qui constituent pour les villes et leur région un pilier de leur développement. 
À Aix-en-Provence, l’impact du Festival d’Art lyrique a été chiffré à 30 millions d’euros, bénéficiant à plein de la tenue au même moment des Rencontres économiques d’Aix, rendez-vous majeur des décideurs français et internationaux au pouvoir d’achat confortable.
Avec Les Vieilles Charrues, Carhaix multiplie en juillet sa population par trente (de 8 000 à 250 000 !), crée plus d’un millier d’emplois temporairement et une centaine de façon pérenne, sollicite près de 300 entreprises dont la majorité en Bretagne et engrange 5 millions d’euros de recettes, réinvesties pour une part dans des projets locaux tel le musée des Vieilles Charrues. Sans compter la couverture médiatique offerte durant le festival, qui équivaut à plusieurs dizaines de millions d’euros en opérations de communication. Le tout sans un euro de subventions publiques ! 
Le cas de Jazz in Marciac est également intéressant. Si le festival accueille chaque été plus de 200 000 visiteurs sur trois semaines, rapportant 9 millions d’euros à la commune de 1 300 habitants, il enregistre aussi la plus longue durée de présence des festivaliers : 4 jours sur place en moyenne, pour 6 jours au total dans le département du Gers. Ainsi, l’événement créé en 1978 a permis une revitalisation inespérée de ce territoire en voie de désertification. Jean-Louis Guilhaumon, son directeur artistique qui est devenu maire de Marciac – tout un symbole ! – considère son festival comme « le vaisseau amiral d’un projet régional global », qui a métamorphosé la vie des habitants. Réhabilitation de sa bastide du XIIIe siècle, aménagement du lac, pérennisation de restaurants et clubs autrefois éphémères, ainsi que d’une salle de concert proposant une programmation tout au long de l’année…

La France des territoires vibre durablement des échos de ses festivals.

*Auvergne et Rhône-Alpes, Paca, Aquitaine et Limousin, Languedoc-Roussillon, et Ile-de-France.
 

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