Finance climatique, la France affûte ses outils
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Finance climatique, la France affûte ses outils

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EnvironnementFinance climatique, la France affûte ses outils

Pour financer la lutte contre le changement climatique, toutes les volontés doivent se conjuguer : celle des investisseurs publics et privés et celle de l’Etat. En France, trois outils, les obligations vertes, le label TEEC et les dispositions de la loi sur la transition énergétique manifestent l’engagement des acteurs financiers et de l’Etat.

Une première place au classement

« La France arrive en tête pour la première fois », dans le classement 2016 du «Climate Change Performance Index » annonçait Germanwatch le 16 novembre dernier. Chaque année, cette ONG allemande note les politiques « bas carbone » et pro-climat de 58 pays pesant pour 90% des émissions de CO2. En 2016, la France a détrôné le Danemark. Cette excellente place est due en partie à la réussite de la diplomatie française lors de la COP21, La dynamique pro-climat touche en particulier le volet des financements, soutenue par le volet législatif, comme l’explique Morgane Nicol, chargée de projet à l’i4CE, l’institut de recherche public sur le climat (ex-CDC Climat, rattaché à la Caisse des Dépôts).

 

Réorienter les flux financiers

« Quand on parle de financement climatique, il s’agit d’abord de financer des investissements pour la transition énergétique en réorientant les financement actuels », souligne Morgane Nicol. C’est ce que de grands investisseurs privés ont commencé à faire, comme l’assureur Axa : en mai 2015, son PDG Henri de Castries a suscité les applaudissements des investisseurs responsables en annonçant la cession de ses investissements liés au charbon. L’assureur va aussi tripler ses placements liés à l’économie verte, tout en publiant l’empreinte carbone de ses actifs financiers. Détailler son empreinte carbone, c’est justement ce que demande l’un des articles novateurs de la loi sur la transition énergétique d’août 2015. « Avec l’article 173 de la loi sur la Transition énergétique, les investisseurs et les gestionnaires d’actifs doivent maintenant rendre des comptes sur l’impact carbone de leurs activités financières » explique Morgane Nicol. C’est une initiative législative assez inédite en Europe, qui stimulera les investissements bas carbone.

 

Label financier pour le climat (TEEC)

75 Mds€

C'est le montant des émissions mondiales d'obligations vertes en 2016, d'après le Climate Bonds initiative.

Paru il y a tout juste un an au journal officiel, le nouveau label "Transition Énergétique et Écologique pour le climat" (TEEC) participe du même mouvement. Quatre sociétés de gestion françaises, Mirova, Demeter Partners, Acofi Gestion et Sycomore ont été les premières à obtenir le label.  Son but ? Permettre aux épargnants et investisseurs d’identifier des produits financiers qui contribuent de façon incontestable à la transition énergétique – le label TEEC étant créé et encadré par l’Etat. Ce label inédit est déjà considéré comme un exemple à dupliquer dans d’autres pays par une étude de la Commission européenne.

 

Obligations vertes

32 Mds €

C'est le montant des financements climat en France, d'après le panorama 2016 d'I4CE (chiffres 2014)

Pour financer des infrastructures d’énergies renouvelables, s’il y a un outil qui a bien le vent en poupe au niveau mondial, ce sont les obligations vertes. Né il y a à peine 10 ans, leur marché global devrait doubler entre 2015 et 2016 pour atteindre 75 milliards d’euros environ. Certaines de ces « green bonds » sont émises par des acteurs publics (Etat, villes, régions), d’autres par des investisseurs privés (EDF, Engie mais aussi des opérateurs chinois et américains). Avec le concours, souvent, de la place financière française. « Les grandes banques françaises ont une grosse part du marché mondial de la structuration des obligations vertes privées », constate Morgane Nicol d’i4CE. Avec 16% des émissions totales en 2016, la France devrait être le premier pays émetteur de « green bonds » cette année, devant l’Allemagne. Une contribution d’avenir.

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