L’ageekulture est dans les prés
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L’ageekulture est dans les prés

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DigitalL’ageekulture est dans les prés

Loin des clichés, le monde agricole français est de plus en plus connecté. A la clé ? L’optimisation de la production et dans son sillon, le développement de nouvelles technologies pensées par les start-ups, au service des agriculteurs.

" Le numérique va impacter la durabilité de notre agriculture, grâce à sa capacité transformative". Véronique Bellon-Maurel, directrice du département Ecotechnologies d’Irstea aux Rencontres Agriculture et Innovation de l’INRA , en est convaincue. L’agriculture française mise sur le numérique pour améliorer la production, réduire l’apport en eau, en engrais et en pesticide, et enfin faciliter le travail des agriculteurs. Autour de ces trois besoins émergent de nouveaux services, portées par les PME et les start up, mais également les acteurs des réseaux de communication sans fil et objets connectés.

C’est ainsi qu’apparaissent dans nos champs des technologies qui relient l’agriculteur à son environnement (parcelle, bétail, matériel, fournisseurs, clients), en temps réel et à 360° : des robots assurant les tâches routinières ou pénibles, des tracteurs équipés de capteurs, des puces implantées sur les vaches, des doseurs d’une grande précision, des drones programmés pour récolter des données ou surveiller les troupeaux, des applications de gestion du risque et d’aide à la décision etc.

La Ferme digitale

Elle s’invente dès maintenant au sein de l’association du même nom. Créée cette année, La Ferme digitale accueille 5 start-ups qui souhaitent offrir de nouvelles perspectives, tant économiques qu’environnementales et sociétales, aux agriculteurs français.

- Ekylibre, développeur de logiciels libres de gestion pour les très petites entreprises agricoles 

- Weenat, fournisseur et gestionnaire d’informations météorologiques et agronomiques grâce à des capteurs connectés

- Agriconomie.com, première place de marché spécialisée dans les approvisionnements agricoles (semences, pièces, équipements, engrais…) – sorte d’« Amazon » des professionnels européens du secteur

- MiiMOSA, première plateforme de financement participatif exclusivement dédiée à l’agriculture et à l’alimentation

- Monpotager.com propose aux citadins français (et bientôt chinois !) de cultiver en ligne une parcelle réelle de potager chez des producteurs locaux

« L’agriculture française se met dans une position offensive : nous avons des arguments et nous avons des atouts», Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture le 22/10/2015, à la remise des conclusions sur le plan Agriculture-Innovation 2025

Ces entrepreneurs entendent non seulement simplifier l’exploitation agricole mais aussi rapprocher consommateurs et producteurs ; Impliquer davantage les premiers, rompre l’isolement des seconds pour bâtir une communauté d’acteurs plus connectés socialement.

Quel enjeu pour la France ?

A la demande du ministère de l’agriculture, Jean-Marc Bournigal, PDG de d’Irstea, François Houllier, PDG de l’Inra, Philippe Lecouvey, directeur de l’Acta et Pierre Pringuet, président d’AgroParisTech ont rendu en octobre dernier les conclusions de leur rapport qui pose la base du plan   « Agriculture – Innovation 2025 ». Tous s’accordent à dire que l’entrée de l’agriculture dans l’ère numérique contribuera au développement de la production agricole et des agroéquipementiers, des petits comme des grands.

L’un des premiers chantiers sera la mise en place d’un portail de données à vocation agricole pour favoriser l’innovation ouverte. Comme l’affirme avec conviction le vice-président de la FDSEA de Vendée et l’auteur d’Agroeconomicus Hervé Pillaud*, dans une interview à Interbev : « L’enjeu n’est pas d’être propriétaire de nos données : on les viderait de leur valeur. Il faut mettre le maximum de nos données ensemble, à disposition, pour la réalisation d’algorithme que nous ferons faire nous-mêmes. […] Nous garderons ainsi la maîtrise. »

C’est la condition sine qua non de l’accompagnement de la transition agro écologique, de la création de nouvelles connaissances et d’outils, la condition de l’émergence de nouvelles entreprises au sein d’un marché prometteur.

 

*Hervé Pillau, Agroeconomicus, aux Editions France Agricole Eds, septembre 2015. 

 

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