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Financement

Le capital investissement d’entreprise en plein essor en France

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FinancementLe capital investissement d’entreprise en plein essor en France

De plus en plus de grands groupes français créent leurs propres fonds pour investir en capital-innovation au sein de start-up et de PME, complétant ainsi l’écosystème entrepreneurial de l’Hexagone. 

L’année 2015 a vu naître en France une dizaine de fonds de corporate venture capital (CVC), des instruments de capital-investissement lancés par de grands groupes français, à la faveur d'une réglementation plus favorable. En effet, la seconde loi rectificative de finances 2014 inclut un amortissement sur cinq ans pour les entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés qui investissent en minoritaire au capital d’une PME innovante.

800 millions d'euros

C’est le montant que les corporate ventures capitalist pourraient investir dans les start-up en 2017, sous l’impulsion de la mesure Corporate Venture datée de septembre 2016. (Source : Bercy)

Depuis, la tendance au CVC s'est accentuée, si bien qu’aujourd'hui la France compte près de 40 fonds de ce type. Ils ont pour nom Engie New Ventures, Safran Corporate Ventures ou Seb Alliance, entre autres... Au classement international CB Insights 2016 des CVC les plus actifs en 2016, le Français Axa Strategic Ventures figure à la 17e place, suivi de Maif Avenir à la 31e place - belle performance pour ces acteurs.

 

Grands groupes/start-up : un win-win 

Pourquoi cette nouvelle tendance ? Si les grands groupes français à la manœuvre dans ce nouveau secteur veulent favoriser le développement de technologies, ils considèrent également cette activité comme une veille stratégique, qui leur permettra de profiter d’innovations dès leur avènement, sans oublier les synergies découlant de cette proximité, sous forme de partenariat et de relations commerciales avec des PME, et qui pourraient bénéficier à leur activité principale ou à de nouvelles. Et évidemment, les grands groupes ne se limitent ni aux entreprises françaises, ni à l’Hexagone. Ils prospectent partout dans le monde, et notamment dans la Silicon Valley, à la recherche d’opportunités d’investissements.

5%

C’est la part du Corporate Venture dans les investissements en capital-innovation en France en 2013 (contre 6% aux  Etats-Unis). Source : AFIC.

Quant aux bénéficiaires, PME et start-up, au-delà d’un apport financier souvent indispensable, elles profitent d’avantages moins tangibles mais tout aussi critiques, tels la validation de leur modèle par un acteur reconnu et l’appui de l’investisseur corporate, sous forme d’un partenariat commercial, notamment pour une expansion à l’étranger, ou d’un soutien dans la réflexion stratégique. De quoi, dans certains cas, les transformer en ETI.

 

« Investir en capital-innovation est certainement le meilleur observatoire du monde de l’innovation. » AFIC

 

Pour Anabelle Oliveira, investment partner au sein d'Airbus Group Ventures, le fonds de capital investissement d’entreprise, doté de 150 millions de dollars, créé par Airbus en mai 2015, « il s'agit de rapprocher Airbus des start-up qui innovent dans l'intelligence artificielle, le big data ou la 3D ».  Bien entendu, les grandes entreprises continuent d'investir directement dans la R&D en interne, mais « les disruptions émergent grâce à des technologies extérieures », explique-t-elle.

79

C’est le nombre d’opérations auxquelles ont participé des corporate venture capitalist français en 2016, contre 55 l’année précédente. Source : Hub BPI France. 

Quant à Seb Alliance, le fonds créé par le groupe Seb en 2011, avec une dotation de 30 millions d'euros, il a investi dans Alkemics, une entreprise parisienne qui développe des technologies de traitement et de compréhension des données de la grande consommation, et dans Ethera, une société grenobloise spécialisée dans la mesure et le traitement de l'air intérieur, entre autres.

Suite logique de la multiplication de nouveaux fonds de capital-investissement émanant de grands groupes français, les prises de participation minoritaires n’ont cessé de croître ces derniers temps. Et les autorités françaises espèrent que ce développement dans le financement des entreprises innovatrices apportera environ 800 millions d’euros à leur capital cette année.

 

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