Le prochain Space-X sera français
Aérospatiale

Le prochain Space-X sera français

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AérospatialeLe prochain Space-X sera français

L’entreprise américaine fondée par Elon Musk n’est pas un rêve inaccessible. Les start-ups françaises d’aerospace et défense ont elles aussi de sérieux atouts, à condition d’être soutenues par les acteurs majeurs du secteur. Airbus, Dassault Systèmes et Starbust Accelerator agissent.  

Destin lié ? « L’open innovation ne cesse de nous montrer combien les groupes de l’aerospace et défense ont besoin des start-ups et vice-versa », constate François Chopard, fondateur et CEO de de Starbust Accelator.
Or les start-ups du secteur ont d’importants besoins en équipements et en trésorerie, qui peuvent mettre en péril le financement de leur R&D et leur capacité à innover. Il y a donc un réel enjeu, pour Airbus ou Dassault Systèmes, de pouvoir faire confiance à ces jeunes entreprises et de se tenir à leur côté, dans la durée. Cela les engage notamment à changer leur manière d’appréhender et de distribuer le risque, donner accès à des structures d’encadrement et accélérer la phase de qualification et l’arrivée sur le marché de ces start-ups.  

Accompagner la croissance des start-ups en A&D sur le long terme

L’incubateur Airbus Bizlabs a accueilli, pour sa première saison, 15 start-ups. Il leur a apporté une aide en matière de coaching, de compétences et de mise à disposition de matériels et de locaux, sur six mois. Les incubés, qui souhaitent poursuivre l’aventure, peuvent rejoindre – Start-up to partner –un nouveau programme pour transformer l’incubé en fournisseur.
De son côté, Starbust Accelerator accompagne 70 à 80 jeunes entreprises, sur 18 à 24 mois : une durée adaptée au long processus décisionnel, qui caractérise le secteur de l’aerospace et défense, avant la signature décisive de la première commande. A Patrick Fardeau, vice-président global sales and market development de Dassault Systèmes, de rappeler qu’ « un contrat avec un groupe de l’aerospace et défense peut donner lieu à un paiement 6 à 12 mois plus tard ». Heureusement, c’est en train de changer !  Airbus et Dassault Systèmes impulsent le mouvement et sensibilisent, de plus en plus, les responsables de la direction des achats aux spécificités des start-ups. Un exemple à suivre !  

Savoir intégrer l’innovation des start-ups aux savoir-faire des groupes A&D

« Avec les start-ups, explique Yann Barbaux, directeur de l’innovation d’Airbus, nous retrouvons l’esprit pionnier de nos débuts et nous nous ouvrons à de nouveaux modèles de business qui, demain,  pourraient nous impacter ». La synergie, que le constructeur a développée avec elles, se veut rationnelle.
« En ce moment, Airbus augmente ses cadences. Ce n’est pas sur l’aspect industriel que nous attendons les start-ups. Nous cherchons plutôt à identifier les collaborations qui conviendraient à tous. Et elles se situent en R&D ». Ainsi Airbus reste mobilisé sur tout ce qui est lié à la structure de l’avion et reste plus ouverte à l’innovation dans les logiciels – software.
Les start-ups de Starbust misent plus sur l’énergie et les bio carburants et n’hésitent pas à réinventer le hardware : nouveaux alliages, capteurs, satellites etc. Pour Dassault, l’open innovation avec les start-ups amène le Groupe à explorer la modélisation du corps humain, le développement de nouveaux équipements et l’additive manufacturing (impression 3D).

 

Propos recueillis lors du Paris Air Forum 2016.

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