Les acteurs français de l’eau, bâtisseurs de solutions à l’échelle mondiale
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Les acteurs français de l’eau, bâtisseurs de solutions à l’échelle mondiale

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EnvironnementLes acteurs français de l’eau, bâtisseurs de solutions à l’échelle mondiale

Depuis la COP21 à Paris, les défis mondiaux liés à l'eau (accès à l'eau potable, inondations, sécheresses) ont une place significative et justifiée dans les Conférences climat, notamment grâce à la mobilisation des acteurs français de l'eau.

Le climat ? C’est l’eau !

« Jusqu'à Paris en 2015, l'eau était quasiment invisible dans les conférences COP de l'ONU sur le climat. Elle est pourtant la première victime du changement climatique », constate Philippe Guettier. Il est directeur général du Partenariat Français pour l'Eau (PFE), qui regroupe la plupart des acteurs français du secteur : Agences de l'eau, organismes de recherche, bureaux d'étude, multinationales, ONG... Grâce notamment aux efforts du PFE, les enjeux de l'eau ont eu une présence notable lors de la COP21. C'était une première. Cette présence a été maintenue et même renforcée lors de la COP22. A Marrakech, une journée officielle a ainsi été consacrée à l’eau. Une journée pendant laquelle l’expertise et les solutions des acteurs français de l’eau ont retenu l’attention.
 

L’OIEAU, exemplaire dans la gestion intégrée par bassin

«L'office international de l'eau (OIEAU) créé en France il y a 25 ans, a été précurseur pour promouvoir une gestion intégrée par bassin », explique Philippe Guettier. Depuis la COP21, L’OIEAU et le Réseau international des organismes de bassin animent  le « Pacte de Paris sur l’Eau et l’Adaptation au Changement Climatique dans les bassins des fleuves, des lacs et des aquifères ». Il s’agit d’une des trois grandes alliances Eau et climat créées lors de l’Accord de Paris, dans le but de diffuser des méthodes de « Gestion intégrée par bassin ». Le terme est technique, mais crucial : pour éviter le « stress hydrique » et les conflits d’usage, pour bien gérer l’eau douce des rivières, des fleuves et des lacs, des méthodes de gestion intégrée et concertée au niveau des « bassins versants », sont nécessaires. Des méthodes pour lesquelles l’esprit cartésien est un atout !

 

Les compétences françaises en acquisition de données et en prévisions

Bien gérer l’or bleu n’est pas qu’une affaire de méthode, c’est aussi une question de données numériques (data) fiables, qu’il faut savoir acquérir et traiter. Là-aussi, l’écosystème français regorge de solutions. « Des institutions de recherche comme IRSTEA, le BRGM, l’IRD – tous présents à la COP 22 sous la bannière du PFE NDLR –, mais aussi Météo France ont une vraie compétence en matière de modélisation de données sur l’eau », continue Philippe Guettier. Ils exploitent par exemple des données satellitaires fournies par Airbus et Météo France. Autre acteur présent à la COP22, le groupe occitan BRL a co-créé il y a quelques années la start-up Predict Services avec Airbus et Météo France . « Predict Services a été lancé pour fournir aux collectivités locales un système d'alerte sur les crues cévenoles. Lors des JO de Rio, nous avons piloté un système d'alerte au Brésil. Et en 2017 nous allons nous étendre à l'international », explique le directeur de BRL, Jean-François Blanchet. Son entreprise travaille aussi sur des alertes pour les submersions marines, avec le CNRS et l'IRD (projet Litto CMS).

 

Suez engage les grandes entreprises

Les grandes entreprises du CAC40 ne sont pas en reste. Parmi les trois alliances Eau et Climat qui ont été lancées lors de la COP21 (et qui ont  présenté leur avancement lors de la COP22), l'une d'elles est l’Alliance des Entreprises pour l’Eau et le Climat, lancée par Suez, le World Business Council for Sustainable Development et le CDP*. Son but ? Encourager les entreprises, tous secteurs confondus, à analyser leurs risques liés à l'eau et à « réduire les impacts sur la disponibilité et la qualité de l’eau dans leur chaîne de valeur ». Parmi les 30 premiers signataires figurent Danone, Saint-Gobain, Pernod-Ricard, Veolia. De quoi booster des nouveaux outils avec des approches collaboratives. S'adapter, mais ensemble.

 

D’autres exemples français dans la préservation de l’eau:

  • La Région Aquitaine et l'Agence de l'Eau Adour Garonne ont confié à des chercheurs un rapport scientifique sur le changement climatique en Aquitaine. Il a servi à construire 3 scénarios prospectifs : c'est le projet Garonne 2050
  • Le syndicat intercommunal SIAAP, qui alimente en eau 9 millions de Franciliens, développe depuis 2007 des programmes de réduction d'émissions de CO2 et d'efficacité énergétique dans ses stations d'assainissement. Le SIAAP est aussi très engagé dans l’une des trois alliances pour l’eau créées lors de la COP21, l'alliance des Mégalopoles pour l’Eau et le changement climatique.

 

 

 

*CDP : ex Carbon Disclosure Project, le CDP est l'ONG internationale de référence pour encadrer le reporting annuel, par les entreprises, de leurs émissions CO2.

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