L’industrie automobile française repasse la troisième vitesse
Concessionnaire automobile Renault à Rognac
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L’industrie automobile française repasse la troisième vitesse

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Filière L’industrie automobile française repasse la troisième vitesse

Après plusieurs années particulièrement moroses, constructeurs et des équipementiers hexagonaux affichent des niveaux de rentabilité record. Produits pertinents, créativité et innovation figurent parmi les moteurs d’une croissance retrouvée. Explications avec Nabil Bourassi, du quotidien La Tribune.

Nouveaux segments, nouveaux marchés : le positionnement français se renouvelle

Les acteurs français occupent désormais une place inattendue, comme en témoigne Nabil Bourassi, spécialiste des sujets automobile du quotidien La Tribune.   « Renault comme PSA ont lancé des plans produits dynamiques et renouvelés, avec des gammes revisitées et élargies. Les SUV 3008, le 5008, ou encore Capture, le premier de segment B* et le plus vendu en Europe, ont été des succès. Ils illustrent bien l’ADN français d’aujourd’hui, caractérisé par une approche généraliste et une montée en gamme, combinant qualité et prix abordables. »

Cette approche fonctionne également à l’étranger : la Renault Kwid, lancée exclusivement en Inde, s’y est vendue à plus de 150 000 exemplaires la première année. D’ailleurs, les chiffres de l’industrie automobile française s’en ressentent. La rentabilité est au beau fixe : en 2016, côté constructeurs, PSA a fait passer sa marge de 5 % à 6,8 %. 

 

L’innovation et l’usine 4.0, des moteurs bien huilés

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c’est le nombre d’ETI accompagnées par la société de capital investissement de Raise, depuis 2014. 

 Les équipementiers ont eux aussi largement contribué à renforcer le blason de l’industrie automobile française. Valeo affiche à titre d’exemple un taux de marge de 7,4%. Sa recette, partagée par tous les constructeurs ? L’usine du futur.

Pour Nabil Bourassi, « il s’agit, grâce à la digitalisation, de gagner en flexibilité et donc en compétitivité… Avoir en France des sites de production aussi rentables que ceux  situés dans des pays où le coût de la main d’œuvre est moindre . L’objectif pour la France n’est plus de produire uniquement des volumes mais de faire de la qualité. » Chez PSA, chaque commande déclenche en temps réel l’ordre de fabrication du véhicule. L’acheminement et le stockage des pièces sont entièrement automatisés. Le papier a été entièrement supprimé : toutes les informations sont stockées et échangées en direct pour pouvoir réagir vite. Les méthodes de formation des opérateurs à ces nouveaux process se sont également modernisées ; elles font notamment appel à la réalité augmentée (casques et cabines de simulation).  

 

Un secteur tout entier mobilisé pour renouer avec la croissance

Si des mesures comme le dispositif de prime à la casse ou la baisse des taux d’intérêt ont aidé la consommation à repartir, l’embellie du secteur est aussi très largement due aux efforts du patronat et des syndicats sur les coûts de production.  « Quand Carlos Tavares a pris la tête de PSA , il a déployé un plan qui a permis d’abaisser le point mort, c’est à dire le niveau de production à partir duquel l’entreprise est rentable. Ce plan sur deux ans a rempli ses objectifs en un an. On est passé d’une entreprise totalement déficitaire à un groupe florissant avec un cash flow très important. Cela a rétabli la confiance avec les syndicats et abouti, cet été, à un accord de compétitivité qui devrait permettre de prolonger les performances opérationnelles de PSA », explique Nabil Bourassi.

 

Constructeurs et équipementiers français sont d’autant plus aptes à se réinventer qu’ils anticipent les mutations engendrées par  les disrupteurs. « L’enjeu pour les challengers des constructeurs – comme Uber, Blablacar et autres – est de sortir du modèle de la propriété de la voiture et d’imaginer de nouveaux concepts alternatifs et des services de mobilité innovants. Les constructeurs savent ce mouvement inéluctable et irréversible et tentent d’écrire leur propre partition de peur d’être exclus de cette nouvelle économie ». A l’image de PSA, qui a créé se marque de mobilité connectée, FreetoMove, pour bâtir une offre allant de l’autopartage aux services connectés.

 

* citadines polyvalente

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