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Manger avec sa tête et avec son cœur : l’agroalimentaire français veut trouver des solutions

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De la fourche à la fourchette, consommateurs et acteurs de l’agroalimentaire français creusent un sillon vers plus de sens et de valeurs. Comment se nourrir avec justesse et rendre justice à nos producteurs agriculteurs ? Les intervenants de la conférence Les Echos-PwC « L’alimentation de demain entre valeur sociétale et innovation » souhaitent créer l’émulation.

En 1976, L’aile ou la Cuisse, ce grand classique du cinéma français, en riait : une terrible bataille s’annonçait dans l’assiette des consommateurs. Cette fable humoristique construite autour de l’industriel Jacques Tricatel et du fin gourmet Charles Duchemin ne nous donne pas le fin mot de l’histoire… car elle s’écrit maintenant.

 

 

Autour de la table : coopératives, industriels, transformateurs, fabricants, consommateurs, distributeurs mais également élus régionaux et monde associatif.  Chacun cherche à redonner de la valeur au travail agricole, à la rémunération de chaque acteur de la chaîne de valeurs, et protéger la terre nourricière, faisant d’un enjeu de société, un impératif écologique.

 

Le défi de la pédagogie, entre crise de confiance et prise de conscience
 

« La guerre du prix bas au nom du pouvoir d’achat a fait oublier la valeur de ce qu’on mange et du travail agricole. » Le constat de Michel Prugue, président de Coop de France, est sans appel. Toutefois, pour ajouter une note positive, « 10 centimes par jour et par Français, au regard des augmentations du coût de la vie, ce serait 500 euros de plus par mois pour les quelques 400 000 agriculteurs de France qui ne s’en sortent plus », complète-t-il. L’effort doit-il être porté par le consommateur français ? Les avis sont partagés. Si tout le monde s’accorde à reconnaître un pouvoir au consommateur, son usage reste à définir. Dans l’immédiat, les acteurs de l’agroalimentaire de tous bords, publics, privés ou citoyens, s’attèlent à relever le défi de la pédagogie. L’étude de PwC France révèle que se jouent, à la fois, une crise de confiance et une prise de conscience. Dans un ambiant green washing, information et désinformation pourraient mettre en péril le consommateur et des pans d’industrie. Ainsi, Jean-François Loiseau, président d’Axéréal, déplore qu’au nom de la bio, certains secteurs d’excellence française comme l’hygiène et la sécurité alimentaire soient négligées, alors qu’ils gagneraient à ne pas être opposés, comme essaie de le faire l’association Bleu-blanc-cœur

 

Se nourrir d’exemples


Si on peut regretter la faible représentation du monde associatif et de la société civile à cette conférence, celle-ci aura néanmoins fait la part belle aux solutions. On ne peut que saluer l’engagement d’Andros à faire travailler, côte à côte, personnes valides et autistes sur ses chaînes de production, en milieu ordinaire (versus milieu adapté). Comme le dit Jean-François Dufrêsne, président d’Andros, « ça ne change pas le goût de nos produits, mais ça apporte de la fierté en interne » et un exemple concret d’inclusion.


Impossible également de ne pas soutenir le Green Friday du groupe Danone qui, le vendredi 21 septembre dernier, a offert l’intégralité de son chiffre d’affaires du jour, quelque 5 millions d’euros, aux organismes de recherche dans l’agriculture régénératrice. Une opération qui, pour dépasser l’effet de com’, a mobilisé sur le terrain distributeurs et collaborateurs de Danone pour une pédagogie de proximité auprès des consommateurs.


L’initiative la plus complète, et la plus collective, est venue de SOS, représenté par Hélène le Teno, sa directrice de la transition écologique. Le groupe, acteur majeur de l’ESS, collabore avec Cœur d’Essonne, Fermes d’avenir, In Vivo, Akuo Energy et d’autres partenaires associatifs pour transformer la base aérienne BA 217 en terrain agricole – 75 sur 300ha –  pour d’une part réintégrer le maraîchage de proximité aux franges de l’Ile-de-France et préserver le capital sociétal du territoire. Le projet, qui a obtenu le label Investissement d’avenir, bénéficie d’un montage innovant : des fonds public-privé, et même citoyen, suite à la levée de fonds sur la plateforme de financement participatif Bluebees et une comptabilité en triple capital (capital financier, capital naturel, capital humain).
Au bout d’un an et demi, deux des douze agriculteurs se sont déjà installés. 10 % de la production sera destinée à la consommation de l’agglomération. Les 225 ha restant seront consacrés à l’agrivoltaïque et accueilleront un incubateur et un centre de formation agricoles.
Les initiatives et la créativité française sont là. Mais à quand un changement d’échelle ?

 


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