DS19
Paris, 27 juin 2018 : Une Citroën DS 19 de l'année 1965, utilisée par Georges Pompidou alors qu'il était Premier ministre est exposée dans le parc de l'Hôtel de Soubise. Ce modèle, présenté pour la première fois au Salon de l'Automobile en 1955, avait déchaîné les foules.
Mondial de l'Auto 2018

Salon de l'Automobile : quand le coeur des Français fait vroum

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Mondial de l'Auto 2018 Salon de l'Automobile : quand le coeur des Français fait vroum

Salon le plus important du monde en termes de fréquentation avec plus d’1.2 millions de visiteurs chaque année, le Mondial de l’automobile c’est aussi 120 ans d’histoire, 82 éditions, 270 marques et plus de 12 000 journalistes. Un salon de l’automobile symbole de rêves devenus tangibles et d’innovations rendues accessibles, jusqu’à devenir l’emblème d’une certaine démocratie.

Loin devant les évènements similaires organisés à Tokyo, Francfort ou Détroit, la touche parisienne semble faire son œuvre dans l’imaginaire collectif pour raconter mieux que d’autres l’histoire d’un objet de contemplation élitiste devenu bien de consommation pour tous. L’automobile, ou l’instrument tangible d’une révolution des modes de vie et de l’accès au progrès, conduisant chacun, quelle que soit son origine… aux portes de Versailles.

 

2,7%

C'est le pourcentage de croissance attendu du marché français de l'automobile en 2018. ( Source : PwC)

Tout commence en 1898 : l’automobilisme est une idée neuve en Europe qui cherche à se faire connaître. La première « Exposition internationale de l’automobile, du cycle et des sports » prend place dans le Jardin des Tuileries. Alors qu’elle nécessite encore quelques rodages, elle rassemble 232 modèles et 14.000 visiteurs. Pour être présentées, les voitures doivent effectuer un trajet Paris-Versailles sous l’œil d’un commissaire, chargé donc de vérifier… qu’elles roulent. Tests passés, l’évènement est lancé et prend même ses quartiers chics et mondains au Grand Palais dès 1901. En 1919, l’événement prend le nom de « Salon de l’Automobile », après s’être émancipé de son rival historique : le salon du vélo.

 

Aussi élitiste que soit la possession d’une voiture, l’objet en lui-même fait rêver et attire les foules. Alors même que les exposants y présentent des modèles invendables, faute de matières premières, la réouverture du Salon en 1946 marque une fréquentation record de 810.000 personnes. Dans les années qui suivent, le cœur des Français fait vroum, au gré d’innovations de plus en plus accessibles. Cycles, véhicules utilitaires mais surtout caravanes de camping qui envahissent les sous-sols du Grand Palais comme autant de promesses de pique-niques au bord de la mer. En 1954, un million de visiteurs se presse dans les allées du salon, les femmes font leur entrée comme vendeuses, et en 1955, on frôle le malaise autour de la DS 19, qui nécessite l’organisation parallèle d’une garderie pour les enfants !

 

Après un tel pic, chacun doit reprendre ses esprits, et le Salon déménage pour la Porte de Versailles en octobre 1962. Mais le message est entendu, l’automobile est désormais grand public, familiale et son Salon se veut ludique et thématique - à l’image de ses conducteurs. Il n’y a que le général de Gaulle pour vouloir le visiter tout seul. Chaque année, puis un an sur deux, les Trente Glorieuses ont des airs de croisière. Bientôt, un million de visiteurs répond présent. Avec enthousiasme, mais moins de folie, on considère le salon comme une fête populaire, où le souvenir des véhicules enchantés côtoie la considération pragmatique des « citadines » et autres monospaces. Les crises économiques sont passées par là mais peu d’innovations ont le pouvoir d’incarner l’avènement d’un nouveau siècle et l’appétit du futur comme la nostalgie d’une mystérieuse décapotable. Et rien ne vaut Paris quand il s’agit de parler d’amour.


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