tc1.png
Textiles
par

Tassinari & Chatel ou la perfection dans l’art d’être soie

Soyeuse et majestueuse histoire ! Fondées sous Louis XIV, les soieries Tassinari & Chatel continuent à rouler carrosse sur les routes françaises de la soie d’ameublement. Une saga artisanale trois fois centenaire qui perpétue les plus grands savoir-faire à l’ère numérique et fait rayonner ses fils d’or et de soie dans le monde entier.

La vie de château depuis plus de trois siècles

tc2.png

tc2.png, par AdminLetsGo

Depuis 1680 et la création à Lyon d’une manufacture par un certain Louis Pernon, « tisseur de drap d’or et d’argent », la société Tassinari & Chatel - ainsi nommée après avoir été reprise par ces deux familles à la fin du XIXe siècle – tisse sa légende dorée dont la modernité mécanisée a perpétué l’éclat.

Après le Grand Siècle et l’époque des Lumières, la manufacture connut un destin impérial en signant les réalisations des Palais napoléoniens : Tuileries, Fontainebleau, La Malmaison, Compiègne. Tassinari & Chatel devint le principal fournisseur de soieries d’ameublement de Napoléon.

Tout au long du XIXème siècle, les commandes affluent, les créations s’exportent jusqu’en Inde ou en Egypte, et la nouvelle bourgeoisie d’affaire jette son dévolu sur la marque avant que la haute couture ne l’adopte à son tour.  

Reprise en 1998 par l’éditeur de tissus Lelièvre, l’entreprise continue à tisser sa toile inégalable. Labellisée EPV (Entreprise du patrimoine vivant),  Tassinari & Chatel, est la référence ultime pour la restauration des plus belles demeures historiques mais aussi pour sublimer des intérieurs contemporains. La griffe s’impose dans les plus grands palais d’hier et d’aujourd’hui - à commencer par l’Elysée ou la Maison-Blanche -, les grands hôtels et les résidences privées de particuliers privilégiés.

 

Modernité et technologie au service des gestes les plus délicats

On pourrait croire obsolètes les métiers à bras qui ont fait la réputation de Tassinari & Chatel. Il n’en est rien. Ils servent encore à la réalisation de certaines pièces telles que brocarts ou velours de Gênes.

« Dans notre atelier lyonnais, situé dans le quartier de la Croix-Rousse, deux canuses travaillent toute l’année à la main, en tissant des velours ou des brochés. Nous y avons installé un showroom de présentation et une petite partie de nos archives. Chez Tassinari & Chatel, nous travaillons par exemple pour les châteaux de Chantilly, Compiègne, Fontainebleau, mais aussi pour des chantiers modernes. Des décorateurs talentueux font appel à nous. Nous comptons de gros clients dans l’hôtellerie », explique la responsable de la communication de la maison Lelièvre, Elodie Jolivet.

« 70 % de notre chiffre d’affaires se fait à l’étranger. Des télévisions chinoises s’intéressent à nous. Nous vendons aussi beaucoup dans les émirats ou au Liban. Nous avons un important showroom à Dubaï qui centralise toutes les demandes pour le Moyen-Orient », souligne-t-elle.

tc3.png

tc3.png, par AdminLetsGo

Le marché est mondial et les volumes à tisser dépassent de loin les capacités de l’atelier de Lyon. Le plus clair de la production est donc réalisé sur des métiers mécaniques modernes dans l’usine de Panissières (Loire), qui compte une trentaine de salariés. « Mais certains tissages ne peuvent être faits qu’à la main. » Ou en déployant des merveilles d’habileté alliant les gestes traditionnels aux plus belles avancées technologiques…

 

Un nouvel écrin pour la Reine à Versailles

C’est un chantier emblématique que vient de mener à bien Tassinari & Chatel dans les appartements de Marie-Antoinette à Versailles, rouverts au public mi-avril après trois ans de travaux.

Outre la restauration de tentures dans la Chambre de la Reine, de nouvelles étoffes ont été posées dans son salon d’audience, l’antichambre des Nobles. « La prouesse a été de retisser sur métier mécanique la bordure de fil d’or d’une tenture faite à la main dans les années 1950. Le fil d’or est un fil très complexe, et il a fallu ralentir les métiers mécaniques au minimum pour que les fils de chaîne et de trame ne cassent pas et pour avoir un rendu identique à un tissage à main ».

Un tour de force, un bel exemple d’interaction hommes-machines, et un vrai saut technique pour les tissages de demain ... Au total, ce décor de soierie murale a nécessité 150 mètres linéaires de damas, 90 mètres de bordure à baguettes et 85 mètres de bordure à entrelacs.

Ce projet hors du commun, vitrine des savoir-faire de Tassinari & Chatel et de sa capacité à se réinventer dans le respect de ses gestes séculaires et de son si riche patrimoine artistique, a bénéficié du fonds d’archives de la maison. Ce dernier se compose de plus de 100 000 documents textiles et a permis de proposer différents dessins de damas à feuille d'acanthe des tentures.

Après la reine « glamour » et femme de Louis XVI, l’épouse secrète de Louis XIV : Tassinari & Chatel a réalisé à partir de la description figurant dans l’inventaire de 1708 du Garde-Meuble de la Couronne le tissage des tentures murales de l’exposition consacrée à Madame de Maintenon, qui se tient à Versailles jusqu’au 21 juillet.

Un destin décidément royal pour sa Majesté la Soie !


Pour recevoir toutes nos publications, abonnez-vous à notre newsletter.

Intéressé ? Laissez-nous votre email.Nous vous préviendrons dès l’ouverture des candidatures.

Chargement …

Le respect de votre vie privée est notre priorité.

Nos partenaires et nous-mêmes utilisons différentes technologies, telles que les cookies, pour personnaliser les contenus et les publicités, proposer des fonctionnalités sur les réseaux sociaux et analyser le trafic.
Merci de cliquer sur le bouton ci-dessous pour donner votre accord.