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Textile éco-responsable : le pari audacieux d’étudiants lyonnais

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En 2018, 3 476 jeunes bénéficient du statut d’étudiant-entrepreneurs. Parmi eux, Loïc van Cauwelaert, Nathan Vitu, Maugan Péniguel et Chloé Sobrado. Ils ont fondé NOSC – Natural Outdoor Sport Clothing – avec l’ambition de se fournir en matière première dans l’Ain et de confectionner à Marseille.

Le textile sportif version éco-responsable : effet de mode ou engagement de long terme ?

Loïc van Cauwelaert : L’enjeu environnemental est planétaire, nous n’avons plus le choix ! Ce qui aujourd’hui est un marché de niche deviendra un jour la norme. Nike, Adidas, The North Face… ont quelques initiatives mais n’en font pas leur cœur de métier. Ceux qui se rapprochent le plus de notre démarche sont Natural Peak, Ice Breaker, Picture Organic, entre autres. Ce sont des marques qui, dans leur communication, mettent l’accent sur l’éco responsabilité et la fibre naturelle. C’est notre expertise dans l’outdoor – le triathlon, la randonnée et le trail – et notre engagement qui nous démarquent ; quand d’autres font des produits à 75% naturels, nous tendons au maximum vers les 100%, grâce à notre sourcing de matières premières recyclées ou d’origine naturelle, certifiées par des labels, dans l’Ain notamment. Et toute la confection se fait dans un atelier à Marseille.

 

Un t-shirt NOSC est-il tout aussi performant qu’un t-shirt synthétique ?

L.v.C : C’est en tout cas la promesse que NOSC fait aux sportifs urbains : offrir la technicité sans impact environnemental. Nos t-shirts sont anti transpirants, anti UV, anti odeurs. Ils sont faits soit de matière 100% recyclées, soit de cellulose de bois d’eucalyptus (TENCEL), issus de forêts gérées durablement. Les copeaux de bois sont dissous dans des solvants naturels, avant extraction du fil. Cette matière première offre un toucher agréable, une meilleure résistance au mouvement et une capacité d’absorption supérieure.
Nous avons un contrat d’exclusivité avec un partenaire pour développer un t-shirt en fibre de graine de ricin. Il sera bactériostatique et anallergique.

 

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unnamed_2.jpg, par LetsgoFrance

 

 

Il y a des lancements d’entreprise qui coûtent plus chers que d’autres. Etant dans le textile, votre investissement pour créer NOSC a dû être important. Comment avez-vous fait ?


L.v.C : Nous avons bénéficié de love money de la part de nos proches et de clients intéressés par la démarche. Nous nous sommes aussi appuyés sur une campagne de crowdfunding. Double intérêt pour nous, parce que les plateformes de crowdfunding servent non seulement à lever des fonds, mais aussi à attester de l’intérêt du public pour notre produit. Il faut vraiment le souligner : le crowdfunding, on n’y va pas par défaut. Il délivre une information utile que l’étude de marché ne montre pas. Les 12 000 euros que nous avons récoltés ont confirmé que notre produit est demandé. Par ailleurs, NOSC est une structure légère ; nous avons fait le choix de travailler sur la marque et la communauté, et de laisser la R&D à nos partenaires avec qui nous signons des contrats d’exclusivité. Ils ont la technologie, nous avons la visibilité sur le marché et la base clients. Nous nous donnons cinq ans pour intégrer toute la chaîne de valeur.

 

Quel lien entre votre parcours d’étudiant et l’entreprise que vous lancez aujourd’hui ?

Maugan et Nathan ont eu pour volonté d’accorder l’entrepreneuriat avec leurs études. En ayant choisi d’intégrer le parcours EDEN de l’IAE de Lyon, ils bénéficient à la fois d’un aspect théorique au travers leurs cours et d’un aspect pratique avec NOSC. Dans le cas de Loïc, l’intérêt était avant tout porté sur la spécialisation dans son secteur de prédilection, la finance. Grâce à ses connaissances acquises dans ce domaine, Loïc se concentre sur l’élaboration des prévisions financières et la recherche de financement auprès de partenaires financiers. Malgré ces divergences, les 3 co-fondateurs sont animés par des convictions personnelles similaires, la volonté d’agir pour le bien de la planète et de l’Homme.

 

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unnamed_1.jpg, par LetsgoFrance

 

Est-il nécessaire d’avoir une première expérience en entreprise pour monter la sienne ?

L.v.C : Comme je suis toujours étudiant, je fais actuellement un stage en dehors de NOSC, dans une banque justement ! J’ai choisi de faire ainsi d’une part parce que je ne veux pas me restreindre à l’entrepreneuriat et d’autre part parce que je veux développer mes compétences professionnelles dans un certain cadre, qui apporte d’autant plus à NOSC. Ce stage me confère une vision d’analyste financier sur ma propre structure et la façon dont nous devons procéder pour nos demandes de financement.
 

Comme dans la publicité de la banque CIC, vous avez choisi d’être étudiant-entrepreneur. Est-ce une double casquette difficile à porter ?

L.v.C : Il faut savoir que ce statut est de plus en plus répandu. Cela dit, les débuts sont toujours compliqués ! Il y a cette étiquette qu’on nous colle : étudiant = manque d’expérience = pas fait pour gérer une entreprise.
Mais cela s’est démenti au fil de temps : nous avons bien réussi à lever des fonds et à réunir, chaque jour, toujours plus de personnes autour du projet. De plus, nous sommes suivis et encouragés par de plus en plus de partenaires, ce qui est un gage de confiance pour nous. Au final, il n’y a rien de mieux pour apprendre à se débrouiller que de créer sa propre entreprise. Les jeunes ne devraient plus en avoir peur ! 

Bien s’entourer, c’est crucial pour tous les entrepreneurs qui veulent aller vite ! NOSC s’est créé à Lyon, au cœur de la région Rhône Alpes Auvergne, 1er bassin textile de France. Y’a-t-il des synergies ?

L.v.C : Historiquement, Lyon a été la capitale mondiale de la soie. Et en périphérie de Lyon, des entreprises textiles sont encore bien présentes. Mais l’héritage s’est un peu dilué. Les risques de perdre ce savoir-faire et de succomber à la délocalisation sont bien réels. Néanmoins, ces dernières années, on peut dire qu’on assiste à une renaissance, grâce à la mobilisation des établissements de formation. Esmod a lancé un cursus sur le webographisme textile. On peut également compter sur l’ITEC, l’institut textile et chimique de Lyon. Au-delà du textile, il y a des synergies citoyennes. Je pense au collectif The Greener Good installé à Villeurbanne et l’association Anciela. Et il y a les boutiques engagées, comme Les Curieux dans le 2e arrondissement de Lyon. Un écosystème diversifié qui, aspire à changer profondément, les pratiques des consommateurs en matière de consommation durable et responsable. NOSC s’inscrit justement dans cette démarche.

 

Pour en savoir plus 

Site internet : www.nosc-sport.fr

Instagram : @nosc__

Facebook : NOSCproject

Twitter : NOSCProject

Ulule : NOSC sport
 

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