Bertrand Villegas : « Pour la fiction audiovisuelle française, c’est le moment de conquérir le monde ! »
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Bertrand Villegas : « Pour la fiction audiovisuelle française, c’est le moment de conquérir le monde ! »

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AudiovisuelBertrand Villegas : « Pour la fiction audiovisuelle française, c’est le moment de conquérir le monde ! »

Bertrand Villegas, co-fondateur de The Wit, société spécialisée dans le décryptage des tendances du secteur audiovisuel, analyse le boom des séries et le succès des Français qui y participent.

Les séries françaises sont-elles tendance ?

 

Bertrand Villegas : Il y a une vague mondiale très claire autour de séries dites « nordiques » et que tout le monde s’arrache. Elles ne sont en rien le produit des pays scandinaves mais développent un genre de thriller sombre et inquiétant, influencé par le polar, avec de gros moyens. Les producteurs de tous pays s’engouffrent dans cette tendance pour tenter de concurrencer les super productions américaines ou de Netflix. En France, on réussit à le faire ! Une série comme Les Témoins,  produite par France Télévisions et distribuée par Newen, s’est par exemple très bien vendue, comme Les Revenants de Canal+, ou comme ce sera sans doute le cas pour Glacé avec Charles Berling, produite par Gaumont Télévision. Un autre genre est aussi très en vogue, celui des fresques historiques, comme la série Versailles, coproduction franco-canadienne de Capa Drama, Zodiak Fiction et Incendo, qui a eu son succès sur le marché, ou Le Jeune Pape, une coproduction Canal+, Sky et HBO, bientôt en diffusion.

 

Existe-t-il une « marque France » sur le marché de la fiction ?

 

B.V : La fiction française n’a plus de frontière. Nous sommes, depuis quelques années, passés au « cross », des productions de multiples nationalités. Aujourd’hui pour être compétitif sur le marché actuel, avec d’immenses perspectives de distribution, notamment sur les plateformes numériques, il faut y mettre les moyens et faire appel aux savoir-faire et financements de plusieurs pays. Studiocanal est par exemple l’un des acteurs clés du marché, car c’est non seulement un pool de talents français, mais aussi des financements basés à… Los Angeles. C’est aussi le cas de Gaumont International Télévision ou de Federation Entertainment, coproducteur du Bureau des Légendes, fondé par le français Pascal Breton. C’est la France à l’heure du marché globalisé.

 

Peut-on rendre les productions ou coproductions françaises encore plus performantes à l’étranger ?

 

B. V : Il faudrait développer la formation à la vente et aux perspectives de distribution à l’échelle de la planète. La vente à l’international des produits culturels français devrait être considérée comme un « soft power » à part entière et soutenue en conséquence. Des acteurs très dynamiques d’origine française sont lancés, et pourraient être plus nombreux, demain, à conquérir le monde. C’est le moment !

 

 

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