Cédric Villani
Mathématiques

Cédric Villani : « Paris, capitale mondiale des mathématiques »

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MathématiquesCédric Villani : « Paris, capitale mondiale des mathématiques »

Génie des mathématiques et titulaire de la Médaille Fields, la plus haute distinction dans sa discipline – l’équivalent du Nobel -, Cédric Villani n’est pas exactement un adepte du French bashing. Tout au contraire, Paris et la France demeurent à ses yeux la première référence mondiale en la matière.

Eloge des maths

Avec un art sans égal de la vulgarisation, ce savant facétieux aux allures de poète arachnophile nous apprend sinon à aimer les maths, du moins à comprendre leur importance dans notre vie de tous les jours, sans même que nous y prêtions garde. Sans les maths ? Pas de GPS, de téléphones mobiles, d’intégration d’énergies renouvelables dans le mix, de logiciels de visualisation 3D etc. Selon lui, « l’industrie n’a jamais été aussi forte consommatrice des mathématiques qu’aujourd’hui ».

Il sait comme personne initier à quelques-unes des plus fascinantes vérités des mathématiques, qui seraient totalement inaccessibles au commun des mortels, sans le secours d’un éclaireur de sa trempe.

 

La France,  équation gagnante

Mais Cédric Villani met aussi beaucoup de passion à défendre son pays et son extraordinaire patrimoine scientifique, tonnant contre les pouvoirs publics quand les crédits de recherche sont menacés, mais célébrant sans relâche les formidables atouts français, dans le domaine de la recherche scientifique, et tout particulièrement en mathématique.

« La première ville mathématique au monde, c’est Paris », s’exclame-t-il, lui qui a travaillé ou est intervenu lors de conférences internationales dans les plus grands centres de recherche de la planète. Quelques grandes écoles mathématiques se détachent de longue date, par exemple l’allemande, la russe, l’américaine, l’italienne, etc. Mais la française est sans doute la plus prestigieuse et continue d’attirer les meilleurs spécialistes mondiaux.

« L’Institut Henri Poincaré (IHP) a été fondé en 1928 pour délivrer les mathématiques françaises de leur isolement de l’époque », explique-t-il. « Il devint rapidement un haut lieu de la formation scientifique et de la culture françaises. Einstein y a enseigné la relativité générale. » Et de souligner : « La richesse de la vie scientifique parisienne entretient dans ses locaux un foisonnement mathématique sans pareil sur la scène internationale. »

 

"La France est un bon investissement d’avenir, et pour longtemps encore ! " Cédric Villani

 

« L’esprit français »

Les ingénieurs français sont recherchés dans le monde entier pour leur faculté d’abstraction et « leur capacité à se battre avec les algorithmes et les recettes complexes qui feront tourner la machine », relève-t-il avec enthousiasme.

L’esprit français ? Il a pour caractéristiques, à ses yeux, de « ne jamais se satisfaire de l’existant » ; de « toujours chercher à se dépasser » ; de « rechercher les raisons profondes. » Et d’être habité par une mission, celle « d’enrichir le monde ». Bref, conclut-il, « La France est un bon investissement d’avenir, et pour longtemps encore ! »

 

Dans le peloton de tête

Notons que la France est, avec les Etats-Unis, le pays qui le plus souvent récompensé par la Médaille Fields. Depuis sa création à la veille de la Seconde Guerre mondiale, seulement 55 mathématiciens l’ont reçue. 12 d’entre eux sont Français, 13 Américains. Dernier tricolore lauréat en date ? Artur Avila, franco-brésilien, et pur produit de ce qui fait la force de l'école française des maths : savoir déceler les talents d'où qu'ils viennent et leur donner les moyens de s'épanouir. CQFD.

 

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