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« Construire le récit économique du French Savoir-Faire »

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Savoir-faire « Construire le récit économique du French Savoir-Faire »

Comme toute réussite nationale, le French Savoir-Faire doit raconter une histoire. C’est l’objet de la Chaire lancée par l’IPAG Business School. Explications avec son Directeur scientifique, Franck Dedieu, professeur d’économie et de culture générale.

 

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fdd_photo_4.jpg, par AdminLetsGo

Pourquoi avez-vous créé la chaire French Savoir-Faire?

Franck Dedieu : Pour combler un manque patent. Les Allemands déploient leur « deutsche qualität » avec succès et fierté, « l’American Dream » d’outre-Atlantique enflamme encore les esprits, la « dolce vita » fait la réussite du « Made in Italy ». Mais la « French Economy », elle, ne projette pas toujours une représentation très claire, une formule marquante, pour le dire sans ambages une image facilement « vendable » détachée de l’incontournable triptyque « tourisme-luxe-terroir ». Bien sûr elle charrie de l’intelligence (ingénierie, tech), de l’indépendance (exception française, protection sociale), des idéaux (Révolution française, Droits de l’homme), du rêve (luxe, cinéma…)  mais tout cela apparaît comme un assemblage composite et non comme un bloc. Il faut faire le récit économique du « French Savoir-Faire », en faire une construction suffisamment monolithe pour raconter une histoire cohérente. 

Voilà la mission de cette chaire de recherche. 

 

Quelles sont à vos yeux les caractéristiques de la French Touch ?

F.D : Les entreprises et l’économie française portent en leur sein une grande histoire, des capitaines d’industrie comme des créateurs de start-up inventifs, des réalisations présentes aux quatre coins du monde, des savoir-faire référencés par tous les grands décideurs. Leurs entourages font le plus souvent l’éloge de cette French Touch déclinée en ingéniosité stratégique, en excellence mathématique, visible par ce sens de la « belle ouvrage » et du travail bien fait. Sans compter la longue liste des leaders mondiaux tricolores où figurent L’Oréal, LVMH mais aussi Nexans, Ubisoft ou encore Sequana (papiers techniques). Dans les années 1990, l’autodénigrement voire un masochisme national pouvait confiner à un certain snobisme. Cette posture a fait beaucoup de dégâts économiques (sous-investissement, pertes d’emplois …) Aujourd’hui, chefs d’entreprise, élus, chercheurs, décideurs veulent à nouveau y croire sans esprit cocardier mais avec une double envie. Celle de « territorialiser » leur approche et leur business au bénéfice de l’environnement (circuits plus courts), du social (relation de proximité avec leur fournisseurs, création d’emplois).  Celle aussi de « partir » à la conquête de marchés lointains avec l’image de la France, de son savoir-faire clairement revendiqué. 

 

Les étudiants de l'IPAG sont-ils sensibles à la cause que promeut la chaire, et envisagez-vous de les mettre à contribution ?

F.D : Les premiers travaux de la chaire se feront avec leur contribution. Dès septembre 2018, 500 étudiants de 3ème année vont, dans le cadre de leur expatriation, soumettre des questionnaires à des chefs d’entreprise et des cadres dirigeants dans 35 pays sur l’image de ce French Savoir-Faire (valeurs, caractéristiques, atouts, limites ...).  A charge ensuite pour l’équipe de la chaire de les interpréter avec le concours des chercheurs de l’IPAG Lab pour publier un baromètre au premier trimestre 2019.  

 

Si vous deviez désigner une personnalité - chef d'entreprise, scientifique, innovateur ...- incarnant particulièrement les valeurs du génie français, qui choisiriez-vous ?

F.D : Le scientifique Louis Pasteur, pour qui « la chance n’appartient qu’aux esprits bien préparés ».

 

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